INTERVIEW DE GERARD DEPARDIEUVous dites avoir immédiatement adhéré à cette histoire.
A la lecture du scénario, j’ai été touché par ce couple. Catherine et Bernard vivent malheureusement ce que vivent les couples en général, une vie en commun pendant 25 ans, et puis, voilà… Avec les enfants, le mariage, il y a des remises en question. Pour la femme surtout, et ce questionnement est très beau, plus courageux aussi. La sexualité change chez une femme qui a eu des enfants, pour le couple aussi. J’ai toujours trouvé les femmes plus intéressantes que les hommes, dans tous les domaines. Déjà par les valeurs qu’elles mettent dans leur existence. Le comportement de l’homme, à ce moment de sa vie, est ma foi, un petit peu plus "bêta".
Bernard, votre personnage, a des relations extraconjugales, des petites aventures anodines, à ses yeux…" C’est banal, ça ne compte pas", dit-il. C’est un peu ce que disent les hommes…
Oui, mais c’est vrai, on va voir une pute, on va rechercher une espèce de désir, ce n’est pas tellement pour faire l’amour… Bernard fait l’amour à sa femme, et il baise avec d’autres. Avec des filles dont c’est le métier.
Que recherche-t-il dans ces relations ? Il dit à sa femme, "si tu savais comment je le vis …".
S’il y trouvait son bonheur, il partirait. Ce n’est pas parce qu’il n’ose pas. Il aime sa femme.
Oui, on sent qu’il y a l’amour entre eux. Le couple est solide. Un de leurs problèmes est peut-être de ne pas oser tout se dire.
C’est le problème des couples en général. On en arrive à partager des moments de silence qui, peu à peu, deviennent un silence absolu. Après, vient un mystère. Comment essayer de se séduire à nouveau dans tout ce silence ? C’est difficile … Balzac a écrit des pages magnifiques sur tout cela. Mais Balzac vivait seul dans une chambre avec sa tasse de café et sa table. C’est tellement plus intéressant d’imaginer que de vivre. INTERVIEW D’ANNE FONTAINEVos films se distinguent par l’originalité de leurs sujets. Quels étaient vos points d’intérêts pour "NATHALIE…"?
Au départ, j’avais lu un scénario de Philippe Blasband qui traitait de la relation entre une femme et une prostituée. Il s’agissait d’une histoire de vengeance, de piéger un mari qui n’apparaissait qu’à la fin. Ce qui m’a intéressé, c’était de partir d’une femme mariée qui engageait les services d’une professionnelle, et qui vivait, sans l’avoir décidé vraiment, un rapport au sexe par procuration. Avec Jacques Fieschi, nous sommes partis d’une femme, Catherine, installée dans une vie établie qui, après une trahison affective, va être amenée à louer le corps d’une autre femme pour contrôler la sexualité de son mari. Et comme souvent, les motivations qui vous poussent au départ vous entraînent vers d’autres aventures plus oscures …Il y avait là une matière pour développer un sujet autour du trouble, du désir, et installer un "suspense érotique". INTERVIEW DE FANNY ARDANTQuelles ont été vos premières réactions à la lecture du scénario ?
Ce scénario m’a séduit pour de nombreuses raisons. Il raconte une vraie histoire. Elle nous happe, on est pris, on se demande en permanence quelle en sera la fin. Tout part d’une tromperie. Une situation dans laquelle tout le monde peut s’identifier, moi la première. C’est très français la gaudriole, une petite incartade… Là, une femme ressent cette trahison comme un coup d’épée dans le cœur. J’aimais aussi le fait qu’il y a toujours de l’électricité dans ce couple. Le personnage de Catherine m’a plu pour sa résistance. Les grandes histoires d’amours ont leur lot d’érosion, de coups de butoir, on a souvent tendance à trouver des arrangements… Mais ces compromis sont la mort du couple. Quand Catherine découvre que son mari la trompe, elle pourrait se dire, "Allez, je ne suis pas la première, et pas la dernière. Je vais m’arranger, tourner la page…" Non, elle refuse de s’enfermer dans l’antichambre de la mort. Ne jamais se résigner est une des qualités essentielles de l’être humain. INTERVIEW D’EMMANUELLE BEARTQu ’avez-vous éprouvé à la lecture du scénario ?
J ’ai été attirée par la façon dont une femme, Catherine ( Fanny Ardant) réagit alors que son mari a l ’air d ’accepter cet état de somnolence dans lequel son couple s’est installé. Cette femme se révolte par une sorte de coup folie, elle rentre un soir par hasard - mais il n ’y a pas de hasard - dans un bar, et finalement, elle sait assez vite ce qu’elle attend de cette fille, elle l’engage. Un instinct de survie se met en marche chez cette femme. |
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