Dès les premiers moments de
Night and Day, un flot continuel de scènes d’action imaginatives fait monter le suspense et dévoile progressivement la personnalité de Roy et June. Depuis une moto qui fait des roues arrière au beau milieu d’un troupeau de taureaux, à une course-poursuite mouvementée et amusante en Smart dans le centre-ville de Séville, presque toutes les scènes du film ont nécessité des cascades et des effets spéciaux complexes.
Les scènes les plus spectaculaires du film ont été créées grâce à la contribution du coordinateur des cascades
Gregg Smrz et du réalisateur de la deuxième équipe
Brian Smrz.
James Mangold commente : « Ils sont brillants pour tout ce qui touche à l’action et ils ont été d’une aide précieuse dans la préparation, le découpage et la mise en place. Il n’y avait pas d’autre moyen de créer ces séquences que de passer par une conception méticuleuse à tous les niveaux. »
C’est à Salzbourg, en Autriche, que commence une des poursuites les plus intenses du film. Pris au piège, Roy n’a d’autre choix pour s’échapper que de sauter en pleine nuit par-dessus le vide béant qui sépare les toits de deux immeubles. Le coordinateur des cascades
Gregg Smrz raconte : « Nous n’avions que 36 heures pour installer les systèmes et les câbles, préparer et tourner cette scène en pleine nuit, et sous la pluie, mais tout s’est parfaitement déroulé. »
Cette séquence a été conçue non seulement pour provoquer un suspense intense mais aussi comme un moyen de révéler plus en profondeur le personnage de Roy. Le réalisateur explique : « On ressent vraiment à cet instant la solitude de Roy, perché sur son toit avec cette armée de représentants de la loi et d’agents des services d’espionnage qui grouillent à ses pieds. On sent qu’il n’a plus d’endroit où se cacher, plus nulle part où aller. C’est là qu’il fait le grand saut… »
Tom Cruise a exécuté sans harnais cette cascade qui se termine par une chute spectaculaire et contrôlée de plus de 30 mètres. Il se souvient : « J’ai regardé l’endroit depuis lequel je devais sauter du toit, puis la grosse poutre métallique sur laquelle je devais atterrir – elle était recouverte d’un tout petit tapis de protection... J’ai regardé ce malheureux petit tapis, et ce cascadeur, Casey O’Neil, a dit : « Même avec le tapis, ça va faire drôlement mal ! »
Malgré cela,
Tom Cruise a sauté dans le vide, et a été parfait.
Gregg Smrz note : « C’était typique de Tom de faire cela : il se donne à fond dans toutes ses cascades. Il les fait toutes lui-même, il n’utilise jamais de doublure. Il est très doué, mais le voir faire toutes ces cascades sur ce film m’a donné des cheveux blancs ! »
James Mangold confie que la bravoure de ses deux acteurs principaux était absolument vitale pour ce tournage – même si elle était parfois un peu effrayante. Il raconte en riant : « En tant que réalisateur, il faut vous habituer à voir vos stars bondir d’une hauteur de sept étages dans le vide ! Cela demande une certaine adaptation… Le plus triste, c’est qu’à notre époque d’images de synthèse, beaucoup de gens ne voudront pas croire que Tom et Cameron aient réellement accompli ces exploits ! »
A Boston,
Cameron Diaz a montré son courage en prenant le volant d’une GTO 1966 dans une des courses-poursuites les plus folles du film.
Gregg Smrz raconte, impressionné : « Cameron est une conductrice d’exception. Nous lui avons fait passer des tests, comme rouler pied au plancher et faire des dérapages à 180 degrés, et elle a été tellement impressionnante que nous avons décidé de la laisser conduire dans la scène. Elle pourrait très bien faire son propre film de poursuites en voiture. »
Cette première poursuite en voiture à Boston a donné le ton par sa complexité cinématographique et ses dialogues qui fusent.
James Mangold commente : « Il y a des voitures dans des tunnels, des gens qui tombent hors des véhicules, des gens qui grimpent dessus, des tonneaux, des tête-à-queue, des voitures qui roulent sur d’autres voitures, des collisions avec des semi-remorques, des sauts d’une voiture à l’autre… C’était de la pure folie ! Et le plus fun, c’est qu’au milieu de tout ça, il y a ces reparties, ces vannes et ces piques entre Roy et June, comme un couple marié qui se chamaille pour savoir s’il faut tourner à gauche ou à droite. »
En Espagne, les cinéastes ont filmé un des plus célèbres événements de la culture espagnole : le encierro, ou lâcher de taureaux. Tradition née au XIVe siècle, les lâchers de taureaux sont encore organisés de nos jours dans de nombreuses villes espagnoles. La scène durant laquelle la foule court devant un troupeau de taureaux qui déboule en essayant d’éviter de se faire piétiner ou encorner, a été filmée dans les rues de Cadix. Comme si elle n’était pas encore assez dangereuse, les cinéastes ont ajouté à cette course plusieurs nouveaux éléments :
Tom Cruise et
Cameron Diaz chevauchent une magnifique moto Ducati Hypermotard S rouge extrêmement maniable au beau milieu des taureaux pour échapper à tout un groupe de voitures Smart qui les poursuit.
Le plus beau, c’est que
Tom Cruise et
Cameron Diaz ont effectivement fait la plus dangereuse des scènes en personne. Une fois cette éprouvante scène en boîte,
Cameron Diaz a confié : « Je n’aurais jamais accepté de monter sur cette moto derrière une autre personne que
Tom Cruise. C’est à mon avis une des meilleures séquences de moto de l’histoire du cinéma. Elle est absolument sensationnelle, et je pense que c’est probablement la scène d’action la plus rapide jamais tournée dans les rues de cette ville ! »
Tom Cruise se souvient : « Je suis allé marcher dans les rues de Cadix avant de tourner la scène. Il y avait des milliers de personnes et l’adrénaline a commencé à monter parce que je savais que quinze minutes plus tard j’allais être sur la moto avec Cameron, sur un sol glissant… avec les taureaux derrière nous. Je savais que cela allait être dangereux, mais je me sentais capable de le faire. Quand tout le monde a été prêt, un type a crié « Olé, olé, olé ! », et la terre s’est mise à trembler. Les taureaux arrivent sur nous, je fais vrombir le moteur, les types qui courent devant les taureaux commencent à voler dans tous les sens, et Cameron me serre tellement fort que j’ai du mal à respirer. Et là, je me dis : « Avec Cameron derrière, je n’ai pas le droit à l’erreur ». Je n’arrêtais pas de me répéter intérieurement : « Cameron, tiens-toi bien. CRAMPONNE-TOI ! » Nous avons même échangé un regard qui disait : « Mais où sont les effets visuels ? »
Autre scène importante qui lance l’action du film, la séquence du Boeing 727 dans laquelle
Tom Cruise se bat à mains nues contre 12 hommes armés dans l’espace exigu de la cabine, a été soigneusement chorégraphiée.
Gregg Smrz raconte : « Nous nous sommes entraînés avec Tom pendant trente jours pour préparer cette scène. C’était un combat en 75 mouvements, et Tom les a tous faits lui-même.
« Cette séquence a poussé toute l’équipe et les acteurs à donner le meilleur d’eux-mêmes et de leur créativité. Notre but était que
Tom Cruise/Roy utilise tous les objets que l’on peut trouver dans un avion pour désarmer ses agresseurs. Nous avons dressé des listes – il y avait de tout, depuis les ceintures aux masques à oxygène en passant par les rideaux, les portes des toilettes, les compartiments au-dessus de la tête des passagers, et les coussins des sièges. Rien n’a été épargné ! »
Le crash de l’avion qui s’ensuit dans un champ de maïs de l’Indiana (tourné en fait à Bridgewater dans le Massachusetts) a été un autre gros défi pour les cinéastes.
Michael Meinardus, coordinateur des effets spéciaux, raconte : « Les effets spéciaux les plus élaborés que nous avons créés sur ce film l’ont été pour la scène du crash. Nous avons construit un plateau mobile sur cardans de 30 mètres sur lequel nous avons fixé un vrai fuselage de Boeing 727 que nous pouvions incliner à 45 degrés de chaque côté pour simuler les turbulences. »
Après cette scène, presque toutes les formes de véhicules apparaissent à un moment ou à un autre dans le film, depuis les petites voitures Smart qui apportent « un clin d’œil humoristique à une poursuite style
French Connection » en dévalant les avenues européennes, jusqu’au train de luxe Al-Andalus traversant les Alpes avec ses quinze wagons, en passant par un hélicoptère A-Star 350 Medevac et un hydravion nouvelle génération Icon A5 avec coque amphibie.
Tom Cruise raconte : « Je me suis beaucoup amusé à piloter tous ces véhicules, mais ce que j’ai préféré, c’étaient les cascades à moto. Les cascades et les poursuites à moto peuvent être très amusantes à faire au cinéma. La première fois que j’ai joué une scène en moto, c’était dans
Top Gun, ensuite il y a eu
Jours De Tonnerre et les
Mission : Impossible. J’avais plein d’idées de cascades à moto que je voulais faire dans ce film, des cascades que je n’avais pas réussi à placer dans mes autres films, comme faire passer Cameron de l’arrière à l’avant de la moto. Nous en avons beaucoup parlé avec
James Mangold, et comme Cameron était suffisamment agile et motivée pour la faire, nous l’avons tournée. »
Bien que très impressionnantes, les cascades restent pour
Tom Cruise un élément du mélange d’intrigue, de séduction entre les personnages, de rebondissements, d’humour et d’action grâce auquel va naître une formidable histoire d’amour… et une merveilleuse aventure.
Tom Cruise conclut : « C’est très excitant de pouvoir divertir les gens avec un film de cette ampleur. Je suis impatient de voir les spectateurs s’asseoir et passer un moment formidable en regardant le film. »