ENTRETIEN AVEC SANDRO PETAGLIA ET STEFANO RULLI, SCéNARISTESNous avons choisis de faire démarrer notre histoire en 1966 parce que cette année préfigure 68 dans sa phase la plus vitale, généreuse, innocente. Avant la politique. En 1966, Sandro et moi, on était à Florence en train de sauver des livres de la terrible innondation qui avait déferlé sur la ville et on s'en rappelle comme d'un moment de grand bonheur. La sensation qu'on peut "changer les choses" est venue de là. Sont ensuite survenus des évènements complexes, dont la tragédie du terrorisme qui a interrompu un processus de manière violente.
Il y a dans ce film un héros "collectif" : la famille. Matteo est le personnage le plus complexe et on y a beaucoup travaillé. Matteo représente l'élément dramaturgique fort de l'ensemble de cette histoire. Nous l'avons imaginé tel le maillon faible de la famille.
Que cela soit pour Matteo ou pour les personnages secondaires, nous avons fait un travail d'épure. Quand on a su que Marco Tullio Giordana allait mettre en scène cette histoire, on a pensé que nous pouvions faire des coupes franches.
Il y a bien longtemps, notre premier travail fut un documentaire sur la folie, FOUS À DELIER. Le film avait été tourné à l'hôpital de Parme après le départ du grand intellectuel Franco Basaglia, l'un des "pères" de l'antipsychiatrie. Basaglia est venu nous voir un jour de tournage et il s'est baladé dans cet asile où il n'était pas revenu depuis deux ou trois ans. Sa relation avec les patients était extraordinaire. Il avait un fort sens de la vie, comme Nicola justement. Tandis que Matteo est son "négatif", au sens photographique du terme. Peut-être est-ce la raison de l'immense amour qui unit les deux frères." ENTRETIEN AVEC MARCO TULLIO GIORDANA" Angelo Barbagallo m'a proposé de diriger La Meglio GioventÙ il y a environ deux ans. J'avais déjà travaillé avec Sandro Petraglia et Stefano Rulli pour le snénario de Pasolini, Mort D'Un Poete et je savais qu'il s'agissait d'un projet intéressant.
Dès les premières pages, je fus conquis. J'ai toujours considéré ce travail comme un seul corpus, un seul film; la division en épisodes pour la télévision, je la considère comme purement accidentelle. Nous travaillions pour le compte de la RAI, la télévision publique italienne, qui voulait raconter une période importante de notre histoire et de notre pays, un effort qu'on ne pouvait pas ne pas encourager. On nous demandait de ne pas travailler sur des stéréotypes, mais au contraire de développer un point de vue original, aux antipodes des conventions des séries; c'était l'un des rares cas où l'on pouvait vraiment faire du "service public". Les conditions étaient particulièrement favorables : une production importante et une liberté totale dans le choix du casting et des collaborateurs.
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