NOTORIOUS B.I.G. a été tourné en 38 jours, exclusivement en décors naturels entre Brooklyn et Los Angeles, ce qui est moins que le temps nécessaire à enregistrer la plupart des disques de rap classiques.
Pour l’équipe du film, il n’y avait pas d’autre option que de tourner dans les rues où la légende de Christopher Wallace a commencé, comme
George Tillman, Jr. le fait remarquer :
« Pour nous, il était essentiel de tourner le film à Brooklyn, dans son quartier, dans les rues où il vendait de la drogue, dans les mêmes HLM où il a vécu avec sa mère. C’était la meilleure façon de s’approprier un monde si reconnaissable, jusqu’aux vêtements, aux styles, et aux façons dont Biggie improvise ses chansons. ».
Tout au long de la genèse du film, la musique était au cœur du récit – de petites improvisations intimistes aux coins des rues à une
« rap battle », jusqu’aux immenses scènes de concert. Pour filmer ces dernières avec réalisme, Tillman les tourna comme si elles se déroulaient vraiment, mettant en scène des concerts entiers avec des centaines de figurants :
« Je trouvais important que les acteurs chantent vraiment, et ne fassent pas seulement du play-back. Il fallait qu’on ait l’impression de voir Notorious B.I.G. et Lil’Kim en live. »
Capturer le charisme de Biggie sur scène – se déplacer, bouger la tête comme lui, et avoir cette arrogance, cette présence et cette voix n’était pas chose simple pour Woolard. Mais il a relevé le défi, comme s’en souvient Tillman : « La façon dont Biggie tenait le micro, dont ses bras tombaient, la main gauche derrière son dos, la manière dont il marchait le long de la scène, il a capté tout ça.
Ce n’était pas facile. On a enregistré 5 heures de chaque concert, mais le plus important, c’était de saisir l’énergie et l’esprit de ces performances ». C’est un désir de redéfinir le film hip-hop et de ce qu’un public peut en attendre qui motivait Tillman dans la genèse de son film. Il le résume d’ailleurs ainsi : « Pour moi, il était primordial de faire de
NOTORIOUS B.I.G. une œuvre qui dépasse l’univers du hip-hop, et qui puisse se généraliser au reste du monde, en s’intéressant à des personnages Afro-Américains dramatiques et sérieux ». La musique de
Notorious B.I.G. continue d’avoir un impact sur le monde, bien au-delà des limites du hip-hop.
Tillman recruta une équipe technique émérite pour l’aider à plaquer ce monde sur pellicule, avec le directeur de la photographie
Michael Grady (WONDERLAND) ainsi que la décoratrice
Jane Musky (BLOOD SIMPLE, QUAND HARRY RENCONTRE SALLY, GHOST...).
Tillman raconte :
« Michael, Jane et moi avons travaillé dans le but de créer différents thèmes chromatiques pour les différentes étapes de l’évolution de Christopher. Le monde du jeune Christopher est très coloré, donnant une impression d’amour et de famille. Ensuite il y a Fulton Street, lorsqu’il est Big Chris à son coin de rue, qui est crasseuse et monochromatique, comme son environnement et son état d’esprit. Enfin, l’étape Notorious B.I.G. est très colorée. Le rouge est la couleur que j’ai utilisée tout au long du film pour signifier le danger. »
Pour garder un sentiment d’instantané, Grady a tourné la plupart du film en caméra à l’épaule. En parallèle, Tillman comptait sur Musky pour capturer le look de Brooklyn dans les années 80 et 90, se concentrant sur des nuances et des détails de d’époque. Elle-même a travaillé de près avec le concepteur des costumes
Paul Simmons (AMERICAN GANGSTER) qui apporte la même authenticité aux fameux styles des stars du hip-hop représentées dans le film.
Tanisha Scott, la chorégraphe du film qui a travaillé avec des stars comme
Alicia Keys, Eve, Ludacris et Beyoncé, faisait aussi partie de l’équipe. Le travail de Scott a dépassé la simple création de chorégraphies puisqu’elle a travaillé des mois durant avec
Jamal Woolard pour perfectionner sa façon de marcher et son port de tête. Elle a aussi travaillé de près avec
Derek Luke et
Naturi Naughton en leur apprenant à danser comme « Puffy » et Lil’Kim, comme elle l’explique elle-même :
« Une partie de mon travail a été de capter les aspects comportementaux de chacun des personnages et de les mettre en mouvement. Avec Jamal, c’était pour l’aider à avoir ce balancé très cool dans ses déplacements lorsqu’il est plus jeune, ou lors de la Primo Battle, pour qu’il soit énergétique et léger sur ses jambes. « Puffy » utilise beaucoup ses bras lorsqu’il parle. Naturi, en Lil’Kim, doit être très insolente ».
L’équipe trouva une aide précieuse dans l’entourage de Christopher Wallace, comme le note Tillman :
« C’était génial d’être entouré de gens qui connaissaient Biggie dans sa jeunesse. Des mecs de la Junior M.A.F.I.A. qui vivaient avec lui dans le quartier à Voletta Wallace, Faith Evans, Dj Enuff et Money Lqui étaient avec lui sur scène, on a eu beaucoup de retours qui nous ont aidés à rendre l’histoire beaucoup plus authentique. On arrivait sur le plateau et ils nous disaient, ‘C’est là que Biggie traînait à 14 ans. A 17, il était plutôt par là...’ Avoir ces gens autour a permis de rendre le tout beaucoup plus réaliste».