Qu’est-ce qui vous a attiré dans le projet Nous Trois ?
J’ai trouvé le scénario très étonnant. C’est rare aujourd’hui de lire des histoires vraiment personnelles. Cela m’arrive très souvent de lire un scénario où tout semble être cousu de fil blanc, ce qui n’a pas été le cas avec
Nous Trois. Les personnages restent très humains, même s’ils se trompent ou que leurs actes sont incorrects. Rien n’est jamais prévisible. Et puis l’histoire est forte, belle, sincère. Une petite histoire, racontée avec de grands sentiments.
Comment décririez-vous le personnage de Philippe ?
Philippe, est un homme qui a trouvé une femme avec laquelle il est heureux, Michèle. Elle lui rend la vie belle. Ils sont bien ensemble, ils s’entendent bien. Michèle est très active, elle est le moteur du couple. Mais un jour, il croise le regard d’une autre femme, Marie, le personnage d’
Emmanuelle Béart. Il se passe en lui quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti auparavant et qui le trouble : la passion. Comme beaucoup d’homme, il a suivi une femme qui lui convient parfaitement, qu’il aime, avec qui il veut construire, mais pour qui il ne ressent plus de passion. L’autre femme le déstabilise mais il reste conscient qu’il n’est pas prêt à renoncer à sa famille.
Comment avez-vous abordé ce rôle ?
Pour moi, la rencontre avec un réalisateur est toujours très importante. Au début du tournage, Renaud m’a beaucoup guidé pour cerner mon personnage. Philippe commet l’adultère mais n’est en aucun cas torturé par cette trahison. Il agit sans culpabilité. Il vit pleinement son histoire d’amour passionnelle mais ne souhaite en aucun cas renoncer à sa vie avec Michèle. Je me suis véritablement basé sur ce postulat pour créer mon personnage.
Que pouvez-vous nous dire sur la façon dont Renaud Bertrand dirige ses comédiens ?
C’est un metteur en scène qui dirige peu mais bien. Il arrive toujours à dire le bon mot au bon moment, pour nous faire comprendre ce qu’il souhaite. C’est très facile de travailler avec lui.
Et par rapport aux autres acteurs, comment ça s’est passé ?
Ce sont tous de très bons comédiens, et c’est facile de jouer avec de bons comédiens ! Les cinq personnages (avec l’enfant) sont très différents les uns des autres. Chacun développe une énergie particulière et les rapports sont clairement racontés. Les silences de ces personnages sont très bien écrits. Quand quelqu’un ne parle pas, on comprend ce qu’il fait et pourquoi. C’est rare de trouver des dialogues si bien écrits.
Y avait-il des scènes à la lecture que vous redoutiez de tourner ?
Il y avait des scènes d’amour que je trouvais assez dures et finalement le regard de Renaud est très pudique. Tout ce qui se passe dans ce film est vu ou imaginé par l’enfant, ce qui atténue la crudité des situations. Finalement il n’y a vraiment qu’une seule scène d’amour et les autres racontent plus des sentiments, des situations, de la joie.
Que représente ce film pour vous ?
Je trouve très intéressant de découvrir une histoire racontée par les yeux d’un enfant. C’est une histoire d’amour, une vraie passion. Quand il y a trahison dans un couple, on pense qu’un enfant doit forcément être malheureux, mais ce n’est pas le cas ici. Cette situation a même été voulue par Sébastien et le rendait heureux.