Biographie de Juan Carlos Onetti
Juan Carlos Onetti est né en 1909, à Montevideo en Uruguay. Il commence à écrire dès le début des années trente des nouvelles ainsi qu'un roman Tiempodeabrazar qui ne sera publié qu'en 1974. Dans LePuits(1939), premier roman qu'il publie, se trouvent déjà tous ses thèmes favoris : la solitude, la nuit, le rêve, la ville, le temps, la confusion, le dépit, l’insatisfaction, l’indifférence, subtilement entrelacés dans un monde complexe et déchirant. Avec ce roman, Onetti renouvelle l'esthétique du roman latino-américain, ce qui lui vaudra d'être reconnu par nombre d'écrivains hispaniques, dont Julio Cortazar, comme le père de la nueva narrativa. Il collabore d'autre part à la revue littéraire hebdomadaire Marcha, voix de la jeune création uruguayenne. En1942, Onetti part pour Buenos Aires, où il devient journaliste pour l'agence américaine Reuter, mais il ne cesse pas pour autant de publier.
C'est à cette époque qu'il écrit Unenuitdechien(1943), inspiré par l’un des épisodes les plus tragiques de la guerre d'Espagne. Dans une atmosphère d’apocalypse, une ville en état de siège se retrouve déchirée en factions rivales. L'enjeu est un bateau, seul espoir d'échapper au bombardement de cette cité à feu et à sang.
De retour à Montevideo en 1954, Onetti est nommé directeur des bibliothèques municipales. Vingt ans après, il est jeté en prison par les militaires uruguayens pour avoir concouru à l'attribution du prix littéraire de Marchaà un roman évoquant la torture. Contraint à l'exil, il s'installe en 1975 à Madrid, où il meurt en juin 1994.
En 1980, Juan Carlos Onetti a reçu le prix Cervantes, la plus haute distinction littéraire d'Espagne.
Entretien avec le Réalisateur
DIE ZEIT : Dans votre nouveau film, Nuit de chien, vous montrez à plusieurs reprises le Christ crucifié. Son exemple représente-t-il une alternative au monde en déchéance que vous dépeignez ?
W. SCHROETER : Je ne fais pas partie de ces salauds qui imposeraient violemment une telle vision au public [...]. Le film ne pose que des questions et ne transmet pas des opinions. Il montre une vision du monde en plein processus d’autodestruction. Le film est une mise en garde, il vise à faire réfléchir le spectateur. Je l’ai plutôt conçu comme une peinture à l’huile et non pas comme une contribution au douillet cinéma-opinion allemand. Je dirais qu’il est délibérément français.
Notes du scénariste
On considère à juste titre Une nuit de chien comme l’un des meilleurs romans de l’écrivain uruguayen Juan Carlos Onetti. L’histoire dure une nuit. Une nuit de cauchemar qui préfigure certains des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente de l’Amérique latine. Dans une ville en état de siège, chacun cherche