Depuis des siècles, les humains contemplent Mars en rêvant d’explorer cette planète voisine de la Terre tout en rêvant d’en percer ses mystères. Désormais, l’impossible est devenu possible. Avec
Objectif Mars, le réalisateur
George Butler et le producteur
Frank Marshall retracent l’histoire de la remarquable mission spatiale qui a envoyé les deux robots explorateurs « Spirit » et « Opportunity » sur la Planète Rouge. A travers les yeux de ces robots sophistiqués, il est désormais possible de découvrir la planète Mars comme on ne l’avait encore jamais vue, avec ses paysages jamais foulés par l’homme. Cette importante expédition a permis bien plus que la transmission de milliers d’images de Mars. Les robots ont en effet trouvé des traces de glace à l’intérieur des roches.
A la découverte de la planète rouge
Cette mission d’exploration sur Mars a été lancée en 2003 (" Spirit" le 10 juin et " Opportunity " le 7 juillet), mais le processus aboutissant à ces lancements a débuté il y a plus de quarante ans. L’Union Soviétique avait envoyé Mars 1 pour survoler la Planète Rouge en 1962, et Mariner 9, la sonde américaine, avait été mise en orbite avec succès autour de Mars en 1971. La Nasa et JPL (Jet Propulsion Laboratory) y avaient posé Sojourner lors de la mission Pathfinder en 1997. " Spirit " et " Opportuny " l’ont suivi pour récolter d’autres précieuses données géologiques. Ces vaisseaux jumeaux mesuraient trois fois la taille de Sojourner, et la puissance de leurs ordinateurs était 1 000 fois supérieure.
Pendant qu’il travaillait sur le film
Ernest Shackleton,
Naufragé De L’antarctique, destiné aux salles Imax, le réalisateur de documentaires
George Butler a entendu parler de la mission sur Mars par Tim Squyres - frère du scientifique
Steve Squyres de l’Université de Cornell, un des éléments moteurs de cette expédition. Quand Butler apprit que les robots allaient renvoyer sur Terre des images en qualité Imax, il pensa que l’on pouvait en tirer un grand film.
Frank Marshall partageait son enthousiasme car, en plus de l’impressionnante liste de films qu’il a produits, on lui doit plusieurs films pour les salles Imax dont
La Legende De L’etalon Noir de Simon Wincer et
Olympic Glory.
Frank Marshall explique : « Ce qui rendait ce projet irrésistible était d’avoir accès à des images numériques de qualité Imax en provenance directe de la surface de Mars.
Cela permettait de proposer bien plus qu’un traditionnel documentaire spatial. Cette technique était impossible jusqu’à présent. » Disney accepta le projet avec enthousiasme. Dick Cook, Président de Walt Disney Pictures, est lui-même un grand fan du programme spatial... La production démarra en 2003 pendant les mois de tension précédant le compte à rebours. Butler, Marshall et leur équipe se tenaient prêts à enregistrer les tests des robots, le lancement des deux fusées ainsi que les heures cruciales pendant lesquelles la Nasa retenait son souffle, en attendant de connaître deux choses vitales : si les robots avaient atteint leur cible et s’ils étaient, tous deux, opérationnels. Pendant ce processus, deux décisions furent prises. Le compositeur
Philip Glass se chargerait de créer la bande originale.Et
Steve Squyres, en tant que personnage central, serait le narrateur de l’histoire, apportant ainsi à
Objectif Mars une caution scientifique et une crédibilité supplémentaires.
Une mission placée sous une bonne étoile
La mission vers Mars a nécessité les efforts combinés de quelque 400 scientifiques, techniciens et ouvriers pendant plusieurs années et a coûté des centaines de millions de dollars. « Spirit » et « Opportunity » devaient pouvoir résister aux conditions sur Mars, mais toute personne ayant étroitement collaboré à la mission a eu un aperçu de ce à quoi la vie sur la Planète Rouge peut ressembler... Il a fallu par exemple adapter la mesure du temps.
Steve Squyres explique : « La notion de temps sur Mars est dif?cile car le jour martien n’a pas une durée de 24 heures, mais de 24 heures et 39 minutes. " Spirit " et " Opportunity " fonctionnent à l’énergie solaire. Ils sont réveillés pendant la journée et assoupis pendant la nuit et ne s’inquiètent pas de savoir s’il fait jour ou nuit à Pasadena en Californie ou à New York, ou n’importe où ailleurs. Ils savent uniquement si c’est le jour ou la nuit à l’endroit où ils se trouvent sur Mars. »
Pour être en adéquation avec les moniteurs des robots, il était nécessaire que Squyres et ses collègues vivent dans une zone de temps parallèle. Ils ont donc modifié leurs montres pour faire en sorte qu’un jour dure 24 heures et 39 minutes.
Steve Squyres se souvient : « Ça n’a pas été évident du tout. Par exemple, si on a une réunion quotidienne à 12 h, cela signifie que le lendemain il sera 12 h 39 et le surlendemain 13 h 18. C’était brutal, mais j’ai toujours ma montre à l’heure de Mars. » (…)
Un caractère de robot
Dans d’innombrables films et romans, toutes sortes de Martiens tour à tour terrifiants et amusants ont envahi la Terre, mais dans la vie, c’est la Terre qui a vaincu Mars. Aujourd’hui, ce sont des créatures provenant de la Terre qui foulent le sol de Mars, et chaque jour depuis deux ans, les robots sont restés en constante communication avec la Nasa, envoyant de fascinantes images de ce qu’ils ont vu et des incroyables découvertes qu’ils ont faites.
" Spirit " et " Opportunity " sont deux robots incroyablement polyvalents et étonnamment résistants. Après leur lancement, ils ont traversé l’espace pendant sept mois avant de saisir des images parfaites de leur atterrissage sur la surface de la Planète Rouge. Comme Squyres le dit dans
Objectif Mars, « c’était un peu comme de tirer un ballon de basket de Los Angeles à New York et de marquer un panier parfait... « Spirit » et « Opportunity » ont été conçus pour explorer la surface de Mars et renvoyer des images numériques de très haute définition, jusqu’à pouvoir être projetées à la taille d’un écran Imax. (…)
Une histoire sans fin
(…)Pour
Steve Squyres,
Objectif Mars ne représente pas seulement une percée scientifique et une mission magnifiquement réussie, mais aussi un regard personnel sur un endroit qu’il connaît très bien. Il déclare : « Nous avons vraiment l’impression de connaître la planète... Nous avons vu Mars en toutes saisons. Je sais à quoi ressemble le lever et le coucher du soleil. Je sais ce qui se passe au milieu de la journée et tard dans l’après-midi. Je sais quelle allure a la nuit. Nous nous sommes rendus dans de nombreux endroits sur Mars, d’une manière indirecte certes, mais qui semble tellement réelle au travers des yeux de ces robots, que nous avons vraiment eu le sentiment d’être sur place. »
A présent, grâce à ces images d’
Objectif Mars, nous pouvons tous avoir l’impression de visiter Mars...
Frank Marshall déclare : « L’aventure, l’exploration, voici les raisons pour lesquelles j’ai voulu me lancer dans ce projet. Nous avons été nous aussi des explorateurs depuis que tout a commencé. C’est la nouvelle frontière, et c’est la première fois que l’on va sur une autre planète - on ne la filme pas depuis son orbite, on atterrit sur sa surface ! C’est vraiment extraordinaire. »