Pendant la grève des scénaristes, un de mes projets hollywoodiens n’a pas abouti - Heart Shaped Box. Je suis donc rentré en Irlande dans ma maison à l’ouest de Cork et j’y ai écrit ce conte de fées qui pouvait être tourné dans son intégralité à quelques kilomètres de chez moi.
L’histoire d’un pêcheur qui pêche une jeune femme en vie dans ses filets et de sa fille Annie handicapée qui croit aux légendes locales et la prend pour une Ondine. Les créatures de la mer, monstres marins, selkies pensent que leur temps sur terre est compté et tombent amoureuses de leur sauveur. Elles transforment leurs rêves en réalité mais la mer les rappelle toujours à elle. L’intrigue se développe en une histoire d’amour impossible entre le pêcheur et la jeune femme, dans laquelle les êtres humains souhaitent sincèrement transformer leurs vies en conte de fées. Simplement parce que la réalité est trop dure.
L’une des premières personnes à laquelle
Neil Jordan ait montré son script était
Colin Farrell, qu’il connait depuis longtemps. «J’ai lu Ondine et j’ai adoré», déclare
Colin Farrell. «C’est vraiment une très belle histoire, empreinte de magie». Il a donc immédiatement accepté le rôle principal (celui du pêcheur Syracuse), ce qui s’est avéré crucial pour que le film puisse trouver un financement. Début janvier 2008, le scénariste/ metteur en scène a pris contact avec
James Flynn chez Octagon Films pour l’aider à produire Ondine. «Le lendemain de ma rencontre avec Neil, j’ai lu le scénario», explique Flynn. «J’ai tout de suite pensé : c’est du pur
Neil Jordan. Il y avait une parfaite cohérence à tous les niveaux». Flynn s’est ensuite tourné vers
Ben Browning de Wayfare Entertainement pour financer le film.
Browning, fan de
Neil Jordan, a accepté immédiatement. Ils ont également bénéficié du soutien de l’Irish Film Board. Au mois de mars, Flynn et Browning se sont rendus dans la maison de Jordan à Castletownbere afin de parler du film. «J’avais l’impression que nous nous déplacions dans le script : du McCarthy’s Bar à la rue dans Castletownbere en passant par Poulin Harbour – tout ce que nous voyions semblait prendre vie dans l’optique du scénario». Il y avait plusieurs raisons pour lesquelles
Neil Jordan tenait absolument à tourner le film à Castletownbere. Tout d’abord, il connaissait parfaitement les lieux qui étaient décrits dans le scénario. L’autre élément essentiel était l’aspect accidenté de la péninsule de Beara. «Je voulais que le film ait un lien étroit avec le paysage», indique
Neil Jordan. «J’aurais bien sûr pu le tourner dans l’endroit dont je suis originaire, au Connemara ou à Sligo, mais Castletownbere est une vraie ville de pêcheurs, assez en retrait des sentiers touristiques. Elle a sa propre identité, sa propre industrie et sa propre vie».
Une fois le financement bouclé, la distribution a pu être finalisée.
Neil Jordan est parvenu à convaincre son vieil ami
Stephen Rea de jouer le prêtre, un second rôle mais un rôle essentiel. «Neil voulait pour le rôle d’Ondine une actrice peu connue», signale Browning. «Nous soutenions Neil dans ses intentions car nous avions le sentiment qu’au moment où la jeune fille sort de l’eau, il était très important que l’on découvre un nouveau visage». Après de longues recherches, c’est finalement l’actrice polonaise Alicja Bachleda qui a été choisie pour interpréter Ondine.
Alison Barry, une écolière de dix ans du Comté de Cork joue le rôle d’Annie. Le tournage d’Ondine a pu commencer en juillet 2008 avec
Chris Doyle comme chef-opérateur et a duré huit semaines pendant l’un des étés les plus humides et les plus froids que l’Irlande ait jamais connu. «Dans certains films de
Neil Jordan, il y a une histoire d’amour entre deux personnages principaux dont le passé a été douloureux», explique Flynn. «Derrière leur relation, il y a généralement une menace qui se tapit ou quelque chose susceptible de les mettre en danger». Pour
Neil Jordan, Ondine est un projet personnel qui marque une rupture avec les productions à gros budget des studios. Le metteur en scène s’éloigne de la superstructure de l’industrie du cinéma pour se tourner vers quelque chose de plus simple et original. «Parfois les circonstances vous forcent à épurer votre esthétique et à réinventer votre art, il est parfois préférable de tourner à une échelle plus confidentielle. Il n’y a rien de pire que de se répéter».