Notes de Prod. : Ong-bak 2, La Naissance du dragon

    en DVD le 02 Décembre 2009

La naissance du dragon. Et d’un art fatal.

«Les arts martiaux sont le meilleur moyen pour des peuples d’origines et de langues différentes d’échanger des réflexions et des idées sans considération de frontières.» Tony Jaa le sait mieux que personne : les succès d’Ong-bak et L'Honneur Du Dragon l’ont propulsé au rang de star mondiale et ont imposé le cinéma thaïlandais comme un nouveau challenger de l’action et la boxe thaï traditionnelle et le Muay Kaodchasarn comme des arts martiaux spectaculaires.
Alors pour Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon, troisième film aux enjeux très importants, il fallait se lancer un défi de plus. «Quand on a envisagé de faire Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon, on a beaucoup réfléchi pour trouver une approche inédite», explique Jaa. «On s'est alors souvenu d'un court-métrage que maître Panna et moi avions proposé à Boss Jiang et qui s'appelait Venomous Man. Il s'agissait d'exécuter des figures d'arts martiaux du monde entier dans un seul et même film, qu'il s'agisse de disciplines d'origine thaïe, chinoise, japonaise, coréenne ou d'ailleurs. Plusieurs maîtres m'ont donné des conseils et m'ont inculqué la philosophie et l'esprit des différentes disciplines. Ce sont les valeurs que j'ai cherché à transmettre dans Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon.» Après avoir déjà agité le cinéma d’action en 2003, Tony Jaa veut donc à nouveau révolutionner le film de baston. Mais c’est en bossant sur son jeu d’acteur auprès d’un des meilleurs profs d’art dramatique thaï, Aew Orchuma Yuthawong, en «apprenant à utiliser sa force intérieure» et en rencontrant le maître Chet, que Tony a eu le déclic : le Khon, cette danse traditionnelle qui se pratique masqué. «Et si on mélangeait le Khon aux arts martiaux...
En essayant, on a vu qu’il y avait une formidable énergie dans ces deux disciplines, ce qui offrait un spectacle étrange et fascinant. C’est devenu un nouveau style de combat.» Le Natayuth, littéralement Nata qui signifie danse et Yuth qui signifie combat. «Avec tous ces éléments, j'ai pu mettre au point une toute nouvelle technique qui n'a rien à voir avec le premier volet d'Ong-bak» explique l’acteur/réalisateur. C’était à la fois plus joli, plus cinématographique, plus poétique ! Tirant parti des capacités athlétiques sans équivalent de Jaa, le Natayuth surgit de l'écran pour clouer le spectateur à son siège. Un mélange subtil de brutalité et de grâce, totalement inédit, dans lequel les amateurs retrouveront néanmoins des mouvements qu'ils connaissent bien, comme ceux de l'homme ivre, pérennisés par Jackie Chan dans Drunken Master. Le tout pour une succession de scènes d'action toutes plus impressionnantes les unes que les autres, pour la plupart filmées en plan large et peu découpées. Pas de tromperie sur la marchandise : si c'est sur l'écran, Jaa l'a réellement accompli ! Et Jaa, rien ne l'arrête : courir sur des éléphants lancés à pleine vitesse, se servir de leurs trompes ou de leurs défenses dans un combat épique, affronter des dizaines d'adversaires avec ses poings, ses pieds, ou diverses armes... Jusqu'à ce moment de bravoure qu'est le combat final, véritable épopée de vingt minutes qui en laissera plus d'un le souffle coupé.

Lorsque les premières images d’Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon ont été révélées, la surprise était de taille : comment le film pouvait-il se dérouler plusieurs siècles avant le premier opus ? Une réponse que les
spectateurs ne découvriront qu'à la toute fin du film, et qui a dirigé toutes les réflexions de Jaa et de son équipe sur le scénario. "On souhaitait qu'Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon soit un film d'action philosophique qui offre au spectateur autant de scènes de combat que d'enseignements sur le bouddhisme" raconte Tony Jaa. Pour satisfaire ce nécessaire équilibre entre action et récit, l'équipe du film a travaillé d'arrache-pied sur le scénario et a fait appel au célèbre production designer et directeur artistique Ek Iemchuen (Tears Of The Black Tiger) pour développer le script. Le but était que chaque élément, qu'il s'agisse de l'histoire, du Natayuth ou du bouddhisme, s'intègre parfaitement dans le film."Les scènes de combat doivent être matière à réflexion pour le public" estime Tony Jaa, pour qui le scénario d'Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon est "une quête spirituelle" convergeant vers la révélation des origines du bouddha au visage barré d'une cicatrice, qui était au centre du premier film. Une quête spirituelle qui «parle d'amour, d'avidité, de colère, de désir, des vices et des vertus» clame Tony Jaa.
«Tous ces éléments font partie de l'âme de mon personnage, Tien. Avant d'atteindre la lumière, il doit traverser l'ombre. Avant le bonheur, la douleur» continue-t-il. Une philosophie qui met au centre du récit l'impossibilité pour Tien de choisir entre Bien et Mal, trop animé qu'il est par ses désirs de vengeance. «Le message essentiel du film est que le plus grand combat n'est pas celui que l'on mène contre autrui, mais contre soi-même» explique-t-il. Un principe bouddhiste qui résonne dans tout ce que représente le personnage de Tien, que Jaa a voulu plus dense que la plupart des héros de films d'action. «Il va apprendre que la finalité d'une vie est d'atteindre le vide, le détachement vis-à-vis de ses désirs. La philosophie ultime des arts martiaux ne consiste pas à se battre, mais à ne plus avoir à se battre.»

Le Khon

Le Khon est considéré comme la forme la plus évoluée de la danse dramatique thaïe et s'intéresse à la lutte éternelle entre Bien et Mal. Mettant en scène quatre types de personnages masqués (Homme, Femme, Singe, Démon), il trouve ses origines dans le "Ramakien", art dramatique thaï inspiré du "Ramayana", conte hindou écrit par le poète Valmiki. Ce dernier y décrit les aventures du Prince Rama, dont l'épouse Sita a été enlevée par les démons Ravana et Langka, et qui tente de la retrouver avec l'aide du Dieu Singe Hanuman. Au départ, le Khon n'était pratiqué que devant la Cour du Roi.

La tête et les bras

Ong bak 2, La Naissance du dragon, c’est deux ans de tournage et plus de 100 scènes à filmer. Ça n’arrête pas Tony Jaa, scrupuleux metteur en scène, qui voulait être de toutes les décisions cruciales pour son film : «Lorsque j’étais simplement acteur, je me concentrais uniquement sur mon personnage. Aujourd’hui, je suis réalisateur et je dois m'intéresser au film dans son ensemble : des différentes disciplines des arts martiaux aux principes bouddhistes sur la foi et le karma, en passant par les conséquences du bonheur et de la tristesse sur les personnages.

Epaulé et entouré

Panna Rittikrai a lui-même fait ses débuts de metteur en scène à seulement 24 ans et balaie les doutes : «Certains pourraient croire qu'il était un peu prématuré pour Tony Jaa de devenir réalisateur alors qu'il n'avait tourné que dans deux films» signale-t-il. «Mais je pense que les meilleurs connaisseurs des arts martiaux sont ceux qui peuvent les mettre le mieux en scène au cinéma. Si on prend l'exemple de Bruce Lee, il a d'abord joué dans Big Boss et La Fureur De Vaincre avant de réaliser son troisième film, La Fureur Du Dragon à l'âge de 32 ans. Jackie Chan, lui, a coréalisé La Hyène Intrépide quand il avait 25 ans.

Les personnages

Tien (Tony Jaa)
Fils du seigneur Sihadecho, Tien désire dès son enfance apprendre les arts martiaux, quand son père préfère lui enseigner le Khon, une danse traditionnelle. Ce n'est qu'après le meurtre de ses parents par le terrible seigneur Rajasena, que Tien, sous la férule du bandit Chernang, va devenir un guerrier brutal et aguerri, prêt à se venger...

Pim (Primrata Dej-Udom)
Fille adoptive du maître Bua, à qui Tien fut confié durant son enfance pour apprendre le Khon, Pim devient rapidement l'amie du futur guerrier. Mais leurs chemins vont vite se séparer.

La règle du jeu

«Mon personnage est d'une grande complexité» assure Tony Jaa. «Il aspire à l'amour, mais cela ne l'empêche pas d'être impitoyable. Ce n'est pas simple de jouer cette gamme d'émotions» continue-t-il. Un véritable défi pour l'acteur, qui dans ses précédents films, n'avait selon ses propres confidences, que la colère à jouer. Auprès du professeur d'art dramatique Aew Ornchuma, Tony Jaa apprend à étendre sa palette d'acteur et à ne pas avoir peur de montrer des émotions plus subtiles et intérieures. «Aew me taquinait et me disait que je n'étais pas obligé de hurler à chaque fois que je jouais une scène de combat. Elle me disait ne pas comprendre cette manie des cascadeurs !»
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 675 entrées
  • 1er jour IDF : 10 736 entrées
  • 1ère semaine IDF : 52 959 entrées
  • Cumul IDF : 79 136 entrées

  • 1ère semaine France : 157 707 entrées
  • Cumul France : 255 193 entrées