«Les arts martiaux sont le meilleur moyen pour des peuples d’origines et de langues différentes d’échanger des réflexions et des idées sans considération de frontières.»
Tony Jaa le sait mieux que personne : les succès d’
Ong-bak et
L'Honneur Du Dragon l’ont propulsé au rang de star mondiale et ont imposé le cinéma thaïlandais comme un nouveau challenger de l’action et la boxe thaï traditionnelle et le Muay Kaodchasarn comme des arts martiaux spectaculaires.
Alors pour
Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon, troisième film aux enjeux très importants, il fallait se lancer un défi de plus. «Quand on a envisagé de faire
Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon, on a beaucoup réfléchi pour trouver une approche inédite», explique Jaa. «On s'est alors souvenu d'un court-métrage que maître Panna et moi avions proposé à Boss Jiang et qui s'appelait
Venomous Man. Il s'agissait d'exécuter des figures d'arts martiaux du monde entier dans un seul et même film, qu'il s'agisse de disciplines d'origine thaïe, chinoise, japonaise, coréenne ou d'ailleurs. Plusieurs maîtres m'ont donné des conseils et m'ont inculqué la philosophie et l'esprit des différentes disciplines. Ce sont les valeurs que j'ai cherché à transmettre dans
Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon.» Après avoir déjà agité le cinéma d’action en 2003,
Tony Jaa veut donc à nouveau révolutionner le film de baston. Mais c’est en bossant sur son jeu d’acteur auprès d’un des meilleurs profs d’art dramatique thaï, Aew Orchuma Yuthawong, en «apprenant à utiliser sa force intérieure» et en rencontrant le maître Chet, que Tony a eu le déclic : le Khon, cette danse traditionnelle qui se pratique masqué. «Et si on mélangeait le Khon aux arts martiaux...
En essayant, on a vu qu’il y avait une formidable énergie dans ces deux disciplines, ce qui offrait un spectacle étrange et fascinant. C’est devenu un nouveau style de combat.» Le Natayuth, littéralement Nata qui signifie danse et Yuth qui signifie combat. «Avec tous ces éléments, j'ai pu mettre au point une toute nouvelle technique qui n'a rien à voir avec le premier volet d'
Ong-bak» explique l’acteur/réalisateur. C’était à la fois plus joli, plus cinématographique, plus poétique ! Tirant parti des capacités athlétiques sans équivalent de Jaa, le Natayuth surgit de l'écran pour clouer le spectateur à son siège. Un mélange subtil de brutalité et de grâce, totalement inédit, dans lequel les amateurs retrouveront néanmoins des mouvements qu'ils connaissent bien, comme ceux de l'homme ivre, pérennisés par Jackie Chan dans
Drunken Master. Le tout pour une succession de scènes d'action toutes plus impressionnantes les unes que les autres, pour la plupart filmées en plan large et peu découpées. Pas de tromperie sur la marchandise : si c'est sur l'écran, Jaa l'a réellement accompli ! Et Jaa, rien ne l'arrête : courir sur des éléphants lancés à pleine vitesse, se servir de leurs trompes ou de leurs défenses dans un combat épique, affronter des dizaines d'adversaires avec ses poings, ses pieds, ou diverses armes... Jusqu'à ce moment de bravoure qu'est le combat final, véritable épopée de vingt minutes qui en laissera plus d'un le souffle coupé.
Lorsque les premières images d’
Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon ont été révélées, la surprise était de taille : comment le film pouvait-il se dérouler plusieurs siècles avant le premier opus ? Une réponse que les
spectateurs ne découvriront qu'à la toute fin du film, et qui a dirigé toutes les réflexions de Jaa et de son équipe sur le scénario. "On souhaitait qu'
Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon soit un film d'action philosophique qui offre au spectateur autant de scènes de combat que d'enseignements sur le bouddhisme" raconte
Tony Jaa. Pour satisfaire ce nécessaire équilibre entre action et récit, l'équipe du film a travaillé d'arrache-pied sur le scénario et a fait appel au célèbre production designer et directeur artistique
Ek Iemchuen (
Tears Of The Black Tiger) pour développer le script. Le but était que chaque élément, qu'il s'agisse de l'histoire, du Natayuth ou du bouddhisme, s'intègre parfaitement dans le film."Les scènes de combat doivent être matière à réflexion pour le public" estime
Tony Jaa, pour qui le scénario d'
Ong Bak 2, La Naissance Du Dragon est "une quête spirituelle" convergeant vers la révélation des origines du bouddha au visage barré d'une cicatrice, qui était au centre du premier film. Une quête spirituelle qui «parle d'amour, d'avidité, de colère, de désir, des vices et des vertus» clame
Tony Jaa.
«Tous ces éléments font partie de l'âme de mon personnage, Tien. Avant d'atteindre la lumière, il doit traverser l'ombre. Avant le bonheur, la douleur» continue-t-il. Une philosophie qui met au centre du récit l'impossibilité pour Tien de choisir entre Bien et Mal, trop animé qu'il est par ses désirs de vengeance. «Le message essentiel du film est que le plus grand combat n'est pas celui que l'on mène contre autrui, mais contre soi-même» explique-t-il. Un principe bouddhiste qui résonne dans tout ce que représente le personnage de Tien, que Jaa a voulu plus dense que la plupart des héros de films d'action. «Il va apprendre que la finalité d'une vie est d'atteindre le vide, le détachement vis-à-vis de ses désirs. La philosophie ultime des arts martiaux ne consiste pas à se battre, mais à ne plus avoir à se battre.»