Avec OPEN RANGE,
Kevin Costner signe un western épique, qui est aussi un hommage à un mode de vie aujourd’hui disparu. Fasciné par l’Ouest et ses valeurs, Costner nous offre une aventure humaine dont la dimension dépasse de loin le simple film de genre.
Il explique : “Nous avons tous dans le cœur ces images et ces sentiments venus de grands westerns. OPEN RANGE nous entraîne vers cela et nous y plonge. C’est pour moi un privilège d’avoir pu faire un tel film, et une magnifique aventure.”
OPEN RANGE est sa troisième réalisation, après DANSE AVEC LES LOUPS, qui lui a valu l’Oscar du meilleur réalisateur, et POSTMAN. Il précise : “Que ce soit pour mes deux premiers films ou pour celui-ci, je n’ai pas décidé d’emblée d’en devenir le réalisateur. Cela s’est imposé naturellement, parce que j’ai trouvé les scénarios, les ai développés, et que ces histoires trouvaient un véritable écho en moi au point de m’habiter.”
EPIQUE, SAUVAGE ET HUMAIN
Dans ce film,
Kevin Costner va bien au-delà de l’image romantique du cow-boy.
Il observe : “Dans tous les westerns, on trouve ces personnages énigmatiques dont on ne sait ni d’où ils viennent, ni où ils vont, et dont les seules possessions se résument à ce qu’ils ont sur le dos et sur la selle de leur cheval. C’est une image très romantique, mais quand on y réfléchit un peu, on se demande ce qu’ils faisaient quand il pleuvait, quand ils n’avaient plus rien à manger...
En fait, c’était une vie très dure.”
Craig Storper, scénariste et producteur exécutif du film, considère le western comme l’une des seules formes d’art spécifiques de l’Amérique. Pour lui, OPEN RANGE adhère aux thèmes classiques du genre : liberté, justice, honneur, amour et amitié.
Mais comme
Kevin Costner, il souhaitait créer une vision authentique du passé, dépassant les clichés. La première condition pour y parvenir était d’aborder les personnages avec une profondeur émotionnelle nouvelle.
Il observe : “Au-delà des apparences qu’ils se donnent, les personnages ont une véritable complexité intérieure. Les circonstances tragiques, la situation dans laquelle ils vont se retrouver vont les pousser à se révéler autrement, à sortir ce qui est enfoui en eux. En fin de compte, ils vont s’ouvrir et se transformer.”
LE CODE DES HOMMES DE L’OUEST
Robert Duvall incarne Boss Spearman, le vétéran.
Craig Storper souligne : “Avoir
Robert Duvall était essentiel pour le film. En adaptant le livre, j’ai cons-tamment pensé à lui. Quand j’ai rencontré Kevin, l’une des premières choses qu’il m’a dites, c’est qu’il voyait bien Robert dans le rôle...” Costner ajoute : “Le rôle était taillé pour Bob. Craig l’a écrit ainsi, et nous avons commencé à avancer sans même savoir s’il serait d’accord. Mais quand j’ai commencé à lui en parler, il n’a pas hésité.”
La relation entre le vieux Boss et Charley est une des clés du film.
Craig Storper explique : “Boss a un passé douloureux, mais c’est un homme honnête et droit, qui dit ce qu’il pense et défend les siens. Il est l’ami, le mentor, la figure paternelle et l’employeur de Charley. Les multiples dimensions de leur relation la rendent à la fois plus forte et plus complexe.
L’intrigue fournit les paysages, l’histoire, et l’action que l’on attend d’un western, mais ces deux personnages et leur relation sont ce qui lui donnent son sens et son coeur.”
Les années passées à lutter contre les éléments et à subir la menace constante d’une attaque ont profondément marqué les deux hommes, mais Charley et Boss ont fini par trouver un équilibre, une manière confortable de fonctionner ensemble, et ils sont soudés envers et contre tout. Boss plaisante même avec Sue en disant que Charley n’a pas besoin de femme ou de maison parce qu’ils sont “comme un vieux couple marié”.
Mais toute plaisanterie mise à part, la façon dont chacun conteste les actes et les opinions de l’autre, toujours avec respect, illustre bien leurs relations.
“J’avais très envie de faire partie de ce film”, déclare
Robert Duvall. C’est un western dans la grande tradition du genre, et le rôle est fantastique.
C’est Sir
Michael Gambon, acteur britannique connu pour ses rôles dans REVELATIONS et GOSFORD PARK, qui a été choisi pour incarner Denton Baxter.
Craig Storper explique : “Avec un acteur de la trempe de
Robert Duvall dans le rôle de Boss, il fallait trouver un comédien d’envergure pour incarner un ennemi crédible. Robert est une véritable légende ; avec
Michael Gambon, nous pouvions lui offrir un antagoniste fort, qui s’impose et représente une menace.”
Pour donner du poids à son personnage, Gambon lui a imaginé un passé qui ne figurait pas dans le scénario. Il a fait de lui “un Irlandais venu en
Amérique pour faire fortune. Il a acheté un lopin de terre, il possède du bétail, il a construit des villes, et même s’il est payé pour ces constructions, il considère que tout lui appartient…”
FAIRE RESSURGIR UN MONDE : LES DÉCORS
Au départ, les cinéastes désiraient tourner aux Etats-Unis – les images du Montana et de ses montagnes majestueuses étaient venues spontanément à l’esprit du réalisateur – mais cela n’a pas été possible, notamment parce que sur ce qui était autrefois les grands décors des westerns hollywoodiens comme le Paramount Ranch ou le Bell
Canyon Ranch, se sont développés des programmes immobiliers… La décision a alors été prise de tourner au Canada.
Les repérages ont commencé le 15 mars 2002, en voiture et par hélicoptère, dans la région de l’Alberta. Après plusieurs mois de recherches, ce sont finalement le Nicoll Ranch de Jumping Pound Creek, le Turner Ranch et le Hughes Ranch, tous deux situés au sud-ouest du village de Longview, et une partie du Kinnear Ranch nommée Fireguard Coulee, qui ont été choisis pour les scènes de troupeau et de campement en pleine nature.
La ville fictive d’Harmonville a été construite dans la Stoney Nakoda First Nations Reserve, à l’ouest de Calgary. Même avec 40 cm de neige,
Kevin Costner a été séduit par l’endroit : d’immenses prairies sur fond de Montagnes Rocheuses. Malheureusement, la neige dissimulait un inconvénient de taille : l’absence de route d’accès… Il a fallu d’abord construire une route de terre battue sur deux kilomètres à travers la réserve. Avec l’arrivée du printemps, la neige, en fondant, a laissé une couche de boue sur la route de plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur. Puis un barrage de castors a inondé la route, la noyant sous une nappe d’eau d’un mètre…