Notes de Prod. : Ordinary People

    en DVD le 20 Avril 2011

Intentions du réalisateur

La lecture de témoignages des soldats qui ont participé à des crimes de guerre a très vite anéanti l’idée que je m’étais construite, selon laquelle, les crimes de guerre sont commis par des « monstres ».

La figure du « monstre » me permettait de penser que les exactions sont perpétrées par « d’autres », de tenir ces événements à distance et de rejeter leur dimension politique. Dire que les crimes sont commis par des monstres revient à dire qu’il s’agit d’une sauvagerie individuelle et non d’un crime d’Etat. Alors la question est arrivée: et si moi je m’étais trouvé dans cette situation? Plus j’y pensais, plus la peur grandissait. Ce n’était pas tant l’idée de savoir ce que j’aurais fait qui m’effrayait, mais plutôt le seul fait que j’aurais pu me retrouver dans une telle situation. Pendant la guerre, j’avais l’âge, le sexe, et l’inconscience qui va avec...
Donc, si ces soldats ne sont pas des monstres, s’ils ne sont pas des anormaux, si ce ne sont pas des psychopathes, mais des hommes ordinaires qui dans certaines conditions ont commis des actes criminels, qu’est-ce que cela me dit sur moi-même ? Et sur les autres ? C’est sur cet effroi que j’ai voulu construire le film. J’ai essayé de filmer comment s’organise l’effacement de l’interdiction de tuer, comment le meurtre qui au départ apparaît comme un acte impossible finit par devenir un travail à accomplir et dont il faut s’acquitter. Le film commence en observant l’événement avant qu’il soit identifié comme un crime, et condamné comme tel. J’ai essayé d’en saisir l’évolution dans la perception et l’action d’un exécuteur. Ainsi, le spectateur découvre l’événement en train de se faire, n’en sachant ni plus ni moins que celui qui le commet.

En approchant la mécanique de la gestuelle, les regards et les sensations d’un des exécuteurs, essayant de l’observer avec distance plutôt qu’avec complicité, j’ai voulu poser la question suivante : qu’est-ce qu’on peut voir, penser, éprouver au-delà de se sentir soi-même toujours et déjà coupable d’un acte inhumain ? Il me semble que c’est seulement en comprenant et en essayant d’accepter que les exécuteurs ne sont que des êtres humains que nous pouvons peut-être avoir conscience du danger de céder à la pression ambiante et d’obéir aux ordres. En observant et en sentant la simplicité avec laquelle il peut y avoir soumission à l’autorité, on peut arriver à penser le choix comme une possibilité qui nous est donnée.

Vladimir Perisic

Présentation du réalisateur

Vladimir Perisic Né à Belgrade, Serbie, en 1976. Il fait des études de réalisation à la Faculté des Arts dramatiques de Belgrade et à la Femis, Paris. Son film de fin d’études Dremano Oko a été sélectionné à la Cinéfondation, Festival de Cannes en 2003. Le film a reçu, entre autres, le prix du meilleur film VFF Young talent film award au Munich Film School Festival, le prix de la meilleure collaboration réalisateur chef opérateur au Festival européen du court-métrage de Brest, les prix du jury et du public aux Rencontres du moyen métrage de Brive. Le projet « Ordinary people » a été développé à la Résidence du Festival de Cannes et présenté à l’Atelier du Festival en 2005.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 75 entrées
  • 1er jour IDF : 231 entrées
  • 1ère semaine IDF : 1 762 entrées
  • Cumul IDF : 2 700 entrées

  • 1ère semaine France : 2 934 entrées
  • Cumul France : 4 907 entrées