Notes de Prod. : Ordo

    en DVD le 28 Avril 2005

Notes de Laurence Ferreira Barbosa

Pourquoi le roman de Donald Westlake ?
ORDO c'est l'histoire d'un homme qui retrouve seize ans plus tard une femme qu'il a aimée et qu'il ne reconnaît pas. Celle-ci est devenue une star de cinéma. Je trouvais cette histoire très étrange, belle et émouvante. Ordo est plongé dans une stupeur, un trouble, une incompréhension face à cette personne qui est à la fois la même et pas la même. C'est l'inquiétante étrangeté de l'autre, du familier. Quelque chose est sorti de l'ombre devant lui et provoque son désir de retrouver Louise. Je lis pas mal de romans anglo-saxons et très souvent, je trouve que ce n'est absolument pas transposable. Mais là, il me semblait qu'il n'y avait pas d'impossibilité liée au pays, à la culture.

Le travail d'adaptation
Je suis resté très fidèle au livre, dont je voulais restituer toute la richesse et aussi la drôlerie. Ordo décrit ce qu'il voit de manière assez neutre, à froid. C'est un observateur plutôt candide. Mais il est aussi ironique et s'amuse de ce qu'il voit. J'étais très séduite par ce point de vue et j'ai essayé d'en garder le ton. Je n'ai inventé qu'une scène : l'altercation entre Ordo et la mère de Louise dans la piscine.

Louise, une femme fatale ?
Je dirais plutôt que Louise est une femme qui s'est inventée et qui ne s'appartient plus,exilée d'elle-même d'une certaine manière. C'est une coquille qui paraît vide… Un simulacre ? Pourtant elle renferme la vie et les souvenirs d'Estelle et cette vie palpite quelque part.

Le choix de Roschdy Zem
Comme Ordo subit plus qu'il n'agit, il fdallait un acteur qui ait du charisme, une présence, de la sensibilité et de la force. Il me semble que Roschdy Zem est l'un des rares à pouvoir donner ça. Et puis c'était très important pour l'histoire qu'Ordo ait connu Estelle seize ans auparavant. D'où la nécessité d'un acteur qui ait vraiment trente-sept ans et porte physiquement les traces de son vécu. Quelqu'un de jeune n'aurait pas pu exprimer le poids du passé.

Le choix de Marie-josée Croze
Pour ce personnage, la question se posait de prendre ou non une vraie star, de jouer ou pas sur un effet de miroir. Moi j'aimais bien cette idée que ce soit moi qui fabrique la star, qui crée le mythe ! Marie-Josée avait le physique et elle a amené beaucoup d'émotion, une fêlure. Une comédienne plus star aurait sans doute été plus verrouillée par rapport au personnage. Elle aurait joué quelque chose de très crédible mais cela aurait peut-être brouillé le sens du film. J'aime bien le fait que Louise ne soit pas conforme à l'image qu'on se fait d'une star. De toutes façons, qu'est ce qu'une star ? C'est un mystère.