Heinrich par Alex Lutz En découvrant le premier film, j’avais été frappé par le mélange de réalisme et de décalage. Tous les codes de l’époque y étaient, mais avec une lecture d’aujourd’hui. J’avais aussi été impressionné par le travail de Jean sur la voix de son personnage. En lisant le scénario, j’ai énormément ri. C’est déjà rare pour une pièce comique, mais encore plus pour un script. Il est très vivant, super visuel et il m’a semblé encore plus riche en trouvailles que le premier. Il va plus loin dans les décors, l’action, les situations, et surtout dans le personnage de Jean. Pourtant, je crois qu’il reflète parfaitement l’esprit de l’époque. Il est politiquement incorrect. Ce n’est pas évident aujourd’hui, alors même que les humoristes ont tous peur d’avoir à faire face à une association quelconque !Mon personnage, Heinrich, est le fils de Von Zimmel, le nazi recherché par OSS 117 et Dolores.
Il est hippie et donc a priori en rupture, et décide de les aider à le retrouver. Au début, il existe un tel fossé entre OSS et ce jeune homme qu’ils ne se comprennent pas, mais le film est construit pour qu’ils accomplissent un chemin ensemble. Pour OSS 117, Heinrich est un homme déguisé en femme, un hippie qui ne peut rien avoir de séduisant, l’antithèse de ce qu’un homme doit être. Il est en plus d’une génération qu’il ne peut absolument pas comprendre. OSS 117 et Heinrich, opposés, symbolisent chacun une génération. Avec la finesse qui le caractérise, Michel m’a conseillé de ne pas jouer sur l’énergie de Jean pour ce personnage nonchalant, toujours dans son monde à lui. Heinrich ne pense qu’à sa cigarette quand il la roule, qu’à sa guitare quand il en joue, qu’au paysage quand il le trouve joli. Le personnage ne se résume pourtant pas uniquement à cela... Le costume joue un rôle très important. J’en ai essayé un grand nombre. Michel m’avait parlé de David Bowie, c’est d’ailleurs pour cela que j’ai des yeux vairons. Les essais lumière ont été particuliers parce que nous n’avions pas encore trouvé les cheveux. Tout est devenu plus évident avec la perruque. Au final, j’ai une silhouette étonnante !
J’étais impatient de toutes les scènes mais je suis traqueur et je les redoutais aussi. Une fois devant la caméra, il y avait une telle force dans le décor, dans la situation et la présence de Jean que toutes les appréhensions disparaissaient. Le premier jour du tournage, je devais prendre un ascenseur jusqu’à une plate-forme où un escalier descendait vers le hall d’un hôtel, très haut de plafond. D’un seul coup, j’ai fait un vrai saut dans le temps et je me suis retrouvé en 1967. C’est une impression que je n’oublierai jamais.Sur le tournage, tout s’est très bien passé. Jean est inventif, généreux, extrêmement à l’écoute. Ce film est mon premier long métrage et il m’a conseillé, rassuré. Bien qu’il ait le rôle-titre, il vous place d’égal à égal. C’est un excellent camarade. C’est dans cette énergie que le film se fait. De par mon expérience sur scène, j’ai plus l’habitude du direct. Jouer face au public et devant une caméra ne se compare pas. Sortant d’un an de one-man-show, il m’a fallu freiner, oublier le cadre, et ne penser qu’à la situation.
Il existe une grammaire de l’image et du plan qui peut paraître anodine au débutant que je suis mais qui a en fait une importance énorme. Michel avait une idée très précise de ce qu’il voulait obtenir. Il avait aussi précisé les choses à travers un story-board qu’il a lui-même superbement dessiné. Ses demandes étaient donc très claires, mais il nous laissait la possibilité de nuancer.Je suis heureux d’avoir fait ce film. Toute la partie qui se déroule au Brésil, la plus importante, est une mine de souvenirs. Tout y était réuni pour que l’on puisse se dire « On est au cinéma ! ». Quand je suis arrivé sur le plateau, au sein de cette équipe hyper liée, j’ai vraiment eu l’impression d’arriver dans une famille. Acteurs et équipe technique se mélangeaient, se retrouvaient avec un plaisir énorme. C’était vraiment très agréable. Notes de tournage...Le 21 Août 2008 - Pierre Bellemare vs. OSS 117
Le journaliste français Pierre Bellemare fera une apparition dans la comédie d'espionnage OSS 117 : Rio ne répond plus, révèle le quotidien Le Parisien dans son édition du jeudi 21 août. Son rôle n'a pas encore été dévoilé. OSS 117 : Rio ne répond plus suivra une nouvelle fois Jean Dujardin dans le rôle de l'espion Hubert Bonisseur de la Bath. Le film, réalisé par Michel Hazanavicius, doit sortir sur les écrans le 15 avril 2009. Brésil, 1967 En 1967, les magnifiques images des plages de Rio, la gigantesque statue du Christ rédempteur ou les impressionnantes chutes d’Iguaçu ornent déjà les murs des plus grandes agences de voyage du monde. Le Brésil est un paradis d’exotisme, les Brésiliennes ont conquis leur réputation de femmes sublimes, la samba et le carnaval fascinent et pourtant, derrière ce charme se cache une réalité plus complexe.Plus grand pays d’Amérique Latine, ancienne colonie portugaise dont il a gardé la langue, le Brésil, grand comme presque 16 fois la France, ne compte encore que 90 millions d’habitants (près de 200 millions aujourd’hui) majoritairement rassemblés sur la côte atlantique, loin de la forêt amazonienne qui occupe alors plus de 60 % (31 % aujourd’hui) de son territoire. Indépendant depuis 1825, le Brésil a toujours constitué un enjeu majeur aussi bien géographique qu’économique. 1967, Année électrique Le monde se remet de la Seconde Guerre mondiale, la guerre froide perd de sa virulence, les politiques laissent peu à peu la place aux économistes et le monde s’apprête à vivre quelques bouleversements majeurs sous la pression de ceux à qui on n’avait pas donné la parole jusque-là…En février, les défoliants pleuvent sur le Vietnam, où les troupes américaines s’embourbent chaque jour un peu plus. OSS 117 par Michel Hazanavicius Comment est né le projet de faire un OSS numéro 2 ?
Tout d'abord ce n'est pas un numéro 2, il y en a déjà eu 8 dans les années 60, et une bonne centaine de livres. Je veux dire par là qu’ OSS 117 est évidemment un personnage qui se prête à la série. C'est un espion, et par conséquent chaque mission représente une nouvelle aventure. C'est pourquoi on ne peut pas vraiment parler de suite, mais plutôt de nouvelle aventure. Ceci étant dit, il y a eu très vite une envie commune de continuer à creuser ce personnage, que ce soit de la part des producteurs Gaumont et Mandarin Cinéma, du scénariste Jean François Halin, de Jean Dujardin, et de moi-même. Une envie, et le sentiment très fort qu'on avait mis en place quelque chose, mais que le sujet était assez riche pour continuer et qu'il y avait la place pour au moins un autre film. Après, évidemment, c'est l'accueil qui a été fait au premier film qui nous a permis de continuer. En plus de ça, les "suites" étant souvent moins bien que les premiers, c'était d'autant plus stimulant de se dire qu'on y allait pour de bonnes raisons, que le sujet le permettait, et qu'on avait une chance de faire une "suite" réussie. OSS 117 par Jean François Halin En écrivant le premier OSS, je m’étais vite rendu compte qu’il y avait matière à une saga. A travers le détournement, on pouvait aussi réussir à traiter de problèmes géopolitiques et culturels très actuels. Ce personnage, emblématique d’une certaine France, permettait cela. Michel Hazanavicius est un très bon réalisateur, doté d’un sens artistique poussé et d’un talent rare pour la comédie. J’avais suggéré qu’il réalise le premier OSS, avec lequel je le pensais en adéquation. Il était donc arrivé sur le premier film après moi. Pour le deuxième OSS, nous avons convenu de travailler ensemble dès le début afin de gagner du temps. J’ai d’abord écrit un traitement, une vingtaine de pages avec une histoire, mais cette base m’a semblée trop proche du premier, même si c’était une étape nécessaire pour s’en détacher et aller vers celui-ci. Nous avons ensuite fait évoluer notre personnage. La Direction de la Photographie selon Guillaume Schiffman Nous savions dès le départ qu’étant multi-référentiel, Rio ne répond plus serait plus difficile que le premier. Déjà pendant l’écriture, Michel me montrait des références picturales. J’ai rarement connu des metteurs en scène aussi précis que lui en matière de direction artistique. Il sait nourrir les gens, les guider et prendre ce dont il a besoin pour que son film soit un tout cohérent. C’était une nouvelle aventure d’ OSS 117 et il fallait tout reprendre à zéro. Nous avons commencé par regarder des films pour cerner le style visuel. Progressivement, Michel affinait son désir de lumière. Sa direction artistique avait pour but de plonger les spectateurs dans les années soixante-dix. Mais les références d’images sont plus larges, situées à la fois dans les films noirs de la fin des années soixante avec des rôles de privés tenus par Steve McQueen ou Paul Newman. Il y a déjà plus de modernisme dans les images. On est dehors, on fait des zooms, on embarque et on pose les caméras n’importe où. OSS 117 par Jean Dujardin Aussi bien sur le fond que sur la forme, le premier opus a marqué pour moi une rencontre avec un personnage. Aucun personnage ne m’a jamais fait l’effet d’ OSS 117 ; il est présent, il imprègne mes mots, mes gestes. Entre les deux films, il a continué à vivre en moi et il ressurgissait régulièrement. Même des personnages comme Brice ne m’ont pas fait cela. Brice existe dans l’action, dans le mouvement, alors qu’ OSS 117 existe même dans les silences, même lorsqu’il est immobile. Le premier film était atypique et nous ne savions pas toujours où nous allions, mais nous nous y sentions bien et cela nous a conduits jusqu’au public. Dolores par Louise Monot J’avais adoré l’humour et le décalage du premier OSS 117. Ce genre d’esprit me fait rire. Avoir ainsi l’occasion d’entrer dans une réalité, mais avec un second degré aussi riche, est rare dans le cinéma français. J’aimais aussi que l’on ne soit pas obligé d’avoir une immense culture historique et politique pour comprendre et en rire.Lorsque j’ai découvert le scénario de ce nouveau chapitre, j’ai retrouvé ce qui faisait la force du premier, mais un cran plus haut. J’avais très envie de jouer Dolores. Le film était la promesse d’une aventure et l’occasion pour moi de passer à la comédie. Beaucoup de choses diffèrent entre ce film et le précédent.Le personnage d’Hubert est un peu resté figé sur lui-même alors que l’époque avance. Il va se trouver confronté à cette jeune femme, lieutenant-colonel des services secrets israéliens. Il la prend d’abord pour une secrétaire. |
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