Notes de Prod. : Outlander, le dernier viking

    en DVD le 02 Avril 2009

Paleocontact : l’histoire

Le réalisateur Howard Mccain, après avoir découvert le poème épique anglais Beowulf à l’université, cherchait vainement à adapter la saga au cinéma : sa conception de l’histoire, qui devait être historiquement crédible, ne cadrait pas avec le personnage de Grendel, troll gigantesque. C’est au cours de sa formation à la NYU Film School que McCain imagine enfin comment intégrer la science-fiction à son approche historique : en ajoutant une présence extra-terrestre, tout devenait alors plus vraisemblable.
La rencontre avec le scénariste Dirk Blackman achève de résoudre le problème et pris rapidement la forme d’un premier jet du script : « Peut-être qu’une créature extraterrestre a pu atterrir sur Terre au temps des Vikings ? Notre sentiment était que si jamais la légende de Beowulf était fondée sur la moindre parcelle de vérité, c’était réellement l’explication la plus plausible, la source du mythe. » explique Howard Mccain. « Tout le monde sait qu’il n’y avait pas de monstres durant l’ère des Vikings » ajoute Blackman, « mais si un extraterrestre humanoïde venu d’ailleurs amène une féroce créature alien sur Terre et doit unir ses forces avec les Vikings pour combattre ce monstre, vous avez les origines de Beowulf. En d’autres termes, nous avons tout simplement décidé d’écrire La véritable histoire de Beowulf. »
Les deux hommes, fans absolus de cinéma et de comics et geeks assumés, citent ainsi plusieurs sources d’inspiration : évidemment Alien, Predator, le classique The Thing (celui de 1951), mais aussi la théorie des Anciens Astronautes d’Erich von Däniken et l’épisode “L’Arène” de la 1ère saison de la série Star Trek, où le Capitaine Kirk est forcé de se battre en duel avec Gorn, un humanoïde-reptile intelligent, sans pouvoir se servir de son phazer, ce qui l’oblige alors à fabriquer lui-même des armes primitives pour triompher.

Le casting

A propos du choix de Jim Caviezel : « Il était impératif que l’interprète de Kainan rassemble les qualités du héros classique des films d’action et d’aventures des années 50 : un guerrier solitaire et dur en proie à des tourments moraux intérieurs » dit McCain. « Au lieu de nous tourner vers les candidats évidents pour un film d’action/science-fiction, il était essentiel au contraire de trouver quelqu’un capable d’induire cette mélancolie silencieuse, issue des évènements qui ont eu lieu avant le début de l’histoire du film. »

Le monstre : créer le Moorwen

« Chaque monstre depuis le Alien de H.R Giger est jaugé et imaginé, même inconsciemment, à l’aune de cet illustre design. Ce sont tous de phalliques machines à tuer et l’emphase est toujours mise sur la morphologie : la biologie, ce qu’elle provoque et comment l’animal a évolué. Ce sont tous de strictes machines à tuer, rien de plus. Le Moorwen va au-delà d’un simple design de créature : la "personnalité" qui s’en dégage fait qu’on a presque de l’empathie pour lui, à l’instar de King Kong ou du monstre de Frankenstein » explique Howard Mccain. « Par ailleurs, le Moorwen devait pouvoir s’intégrer logiquement dans l’environnement et le monde des Vikings, de la même manière que l’Alien bio-mécanique de Giger s’intègre parfaitement dans le monde de conduits et de gaines électriques d’un vaisseau spatial. Il devait donc être animal, d’une autre planète, mais pourtant ressembler malgré tout à quelque chose qui aurait pu inspirer la sculpture de la figure de proue d’un drakkar. »