« Chaque monstre depuis le Alien de H.R Giger est jaugé et imaginé, même inconsciemment, à l’aune de cet illustre design. Ce sont tous de phalliques machines à tuer et l’emphase est toujours mise sur la morphologie : la biologie, ce qu’elle provoque et comment l’animal a évolué. Ce sont tous de strictes machines à tuer, rien de plus. Le Moorwen va au-delà d’un simple design de créature : la "personnalité" qui s’en dégage fait qu’on a presque de l’empathie pour lui, à l’instar de King Kong ou du monstre de Frankenstein » explique
Howard Mccain. « Par ailleurs, le Moorwen devait pouvoir s’intégrer logiquement dans l’environnement et le monde des Vikings, de la même manière que l’Alien bio-mécanique de Giger s’intègre parfaitement dans le monde de conduits et de gaines électriques d’un vaisseau spatial. Il devait donc être animal, d’une autre planète, mais pourtant ressembler malgré tout à quelque chose qui aurait pu inspirer la sculpture de la figure de proue d’un drakkar. »
Patrick Tatopoulos explique : « Utiliser la réalité de l’âge des Vikings comme point de départ pour imaginer la créature était la bonne option : nous nous sommes d’abord inspirés des légendes de dragons des Vikings pour rompre avec l’habitude des créatures du cinéma tendant à toutes être anthropomorphiques – deux bras, deux jambes ou pattes et se tenant debout. (…) Le Moorwen (dont le nom est dérivé de celui des Morlocks, les créatures photosensibles de La Machine à explorer le temps de H.G. Wells) est un animal qui peut courir, nager et grimper aux arbres, mais tout ça beaucoup plus rapidement qu’un humain, car il se déplace sur quatre pattes, sauf quand il frappe, cette fois sur deux pattes. »
Et la signature du Moorwen, achevant de le rendre unique, est sa bioluminescence, saluée comme un composant essentiel à un passage obligé du film avec monstre : la révélation de la menace. « La bioluminescence est la marque de fabrique du Moorwen : vous la remarquez fugitivement, vous la voyez mieux, et là… il est trop tard. »