Notes de tournage...24 février 2005 - Jude Law retrouve une nouvelle fois Anthony Minghella
Jude Law sera à l'affiche du prochain film d' Anthony Minghella, Breaking and Entering, d'après le magazine américain Variety. Produit par les studios Miramax, ce projet marque la troisième collaboration de Jude Law avec le réalisateur australien. Ils avaient déjà tourné ensemble Le Talentueux Mr Ripley avec Gwyneth Paltrow et Matt Damon, mais aussi Retour à Cold Mountain avec Nicole Kidman et Renee Zellweger qui avait d'ailleurs raflé pour ce long-métrage l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Jude Law interprétera dans Breaking and Entering Will, un architecte londonien. En pleine crise professionnelle et privée, la vie de Will se heurte à celle d'un jeune immigré. Ce film dont le tournage commence en avril sera la première œuvre écrite et réalisée de Minghella. En effet, depuis ses débuts derrière la caméra en 1991 avec Truly Madly Deeply, Anthony Minghella ne s'était jamais lancé dans d'écriture d'un scénario, préférant faire des adaptations de romans à succès tel que Le Patient Anglais de Michael Ondaatje.
Quant à Jude Law, il retrouvera sa partenaire dans Le Talentueux Mr Ripley, Gwyneth Paltrow dès le 16 mars dans Capitaine Sky Et Le Monde De Demain, un film fantastique signé Kerry Conran. Notes de productionFilmé à Londres et aux studios d’Elstree durant l’été 2005, Par Effraction est le premier scénario original d’ Anthony Minghella à être produit depuis son premier film, Truly, Madly, Deeply, en 1991. Le réalisateur oscarisé signe ici un drame à la fois intimiste et universel, qui s’attache à la vie de personnages très différents. Jeunes professionnels d’excellente réputation, immigrés portant le fardeau de la guerre et des rigueurs économiques… Dans un quartier de Londres en pleine rénovation, les classes aisées empiètent sur les lieux où vivent les plus démunis, et les frontières de classe et de culture sont brouillées. Suite à une série de vols, réels ou métaphoriques, les protagonistes sont amenés à se rencontrer, à se lier, à se séparer et à se rapprocher à nouveau… Bienvenue à King's Cross L’évolution de la démographie londonienne affecte directement sa géographie. De façon concrète, le personnage central de Par Effraction est un architecte paysagiste qui possède une habitation très confortable dans un quartier verdoyant du nord de la ville et un cabinet d’architecture de paysage dernier cri à King’s Cross. On a déjà vu ce quartier dans Ladykillers, et c’est aussi la gare d’où part le train des Harry Potter. La British Library et ses trésors de connaissance et de culture est située un peu plus haut. Mais comme beaucoup de quartiers environnant les grandes gares dans le monde, King’s Cross a aussi un côté plus sombre. Green effectAlex Mcdowell, le chef décorateur, explique : « Nous avons eu du mal à trouver l’emplacement pour les bureaux de Green Effect. Au plan narratif, il fallait qu’ils soient situés à King’s Cross, mais dans un quartier délabré, miteux, qui n’existe plus aujourd’hui. La difficulté a consisté à trouver un lieu que l’on identifie géographiquement à King’s Cross mais qui en soit suffisamment éloigné pour être encore délabré. » Le manifeste Green effect Les architectes dessinent les bâtiments, leurs formes dynamiques, leurs silhouettes audacieuses, leurs intérieurs faits à l’échelle humaine - des portes avec des poignées que nous pouvons ouvrir, des fenêtres à travers lesquelles nous pouvons voir, des escaliers que nous pouvons gravir… Vol avec effractionJude Law demande : « La question est : est-il pire de voler l’ordinateur de quelqu’un ou de voler son cœur ? »
Lorsque les auteurs du vol des locaux de la société d’ Anthony Minghella à North London ont été arrêtés, celui-ci n’a pas été surpris d’apprendre que les criminels étaient jeunes et défavorisés et que leur vie était beaucoup plus compliquée que la sienne. Il a intégré ces éléments à son histoire et confie : « J’ai aimé l’idée d’un crime dans lequel d’une certaine manière, celui qui a commis l’acte est moins coupable que la victime. Le côté équivoque du crime m’intéresse : pourquoi les gens ont besoin de voler, qu’est-ce qu’ils volent. Quand nous étions jeunes, une maxime marxiste était très en vogue : je me souviens des affiches à l’université proclamant que « La propriété, c’est du vol ». Il y avait cette notion que posséder quelque chose était mal en soi. Je m’en suis écarté mais je peux comprendre la complexité des choses – le fait de posséder, le vol, la propriété, réclamer des choses, réclamer le monde, réclamer l’air et l’espace… » Les mèresAnthony Minghella raconte : « J’ai commencé à explorer l’idée de deux mères qui ont des enfants difficiles, merveilleux mais qui les mettent au défi à leur manière, et d’un système qui s’occupe d’un des enfants et d’un autre système qui néglige l’autre. J’ai donc créé ces deux familles, qui sont toutes deux de nationalité étrangère. Dans l’une, la mère est suédoise, son enfant a un problème d’autisme et souffre de fortes difficultés comportementales. La jeune fille est obsédée par la gymnastique, ne mange que des aliments d’une certaine couleur, ne dort pas et, étant en pleine puberté, ses difficultés sont exacerbées. Dans l’autre famille, il y a un garçon à peine plus âgé, qui est lui aussi gymnaste mais utilise son talent pour s’introduire dans des bâtiments. Sa mère est une réfugiée bosniaque d’à peu près le même âge que la mère de la fille, et c’est une femme tout aussi exceptionnelle. » Les autres personnagesWill
Anthony Minghella et Jude Law sont amis depuis longtemps, et les prestations de l’acteur dans Le Talentueux Mr Ripley et Retour à Cold Mountain lui ont valu plusieurs prix, dont deux nominations aux Oscars. Jude Law raconte : « Il ne s’agissait pas simplement d’un réalisateur qui appelle un acteur pour lui offrir un rôle. Anthony a une manière de procéder bien plus complexe. Il venait de finir le premier jet de son scénario quand il m’a appelé et m’a demandé de le lire. Nous en avons longuement parlé. Je lui ai dit que je l’aimais, il m’a répondu qu’il en était content et qu’il me rappellerait. Puis il s’est mis à retravailler le scénario, à y réfléchir pendant des mois. Je crois qu’il a pensé à moi à cause de notre relation passée et d’un respect mutuel, mais Anthony approche chaque projet en privilégiant ce qui est le meilleur pour le film. Il avait besoin de prendre du recul pour être certain que je serais bien pour ce film-là. » Notes sur la musique originale de J’ai toujours trouvé difficile d’écrire le scénario d’un film avant d’en avoir trouvé le « son ». Bien que profondément visuel, le cinéma est un média qui repose essentiellement sur l’oreille. Il faut que j’écoute énormément de musique avant de savoir par où commencer. Pour Le Patient Anglais, j’ai écouté des chansons arabes et hongroises, jusqu’à ce qu’un jour, sans savoir précisément ce que j’écoutais, je me retrouve piégé dans le chant mélancolique d’une femme. Pour mon oreille profane, cela sonnait comme une chanson arabe. Je suis allé voir mon lecteur de CD : c’était une chanteuse hongroise, Marta Sebestyen, et la chanson venait en fait de Transylvanie. La voix envoûtante de Marta, embrassant la musique de la frontière entre le Moyen-Orient et les Balkans, a joué un rôle significatif dans la création de la somptueuse musique de Gabriel Yared pour ce film. |
|
|