Notes de Prod. : Pas si simple

    en DVD le 20 Mai 2010

A propos de Pas si simple

Les prémices de Pas si simple
En l’espace de trente ans, Nancy Meyers a écrit et réalisé plusieurs comédies romantiques à succès, où des hommes et des femmes sont confrontés à des vérités inconfortables et trop longtemps refoulées. Tous ses films contiennent une part d’autobiographie et s’inspirent de personnages et situations familiers à la réalisatrice. Pas si simple est l’histoire d’un couple de divorcés qui renoue après une dizaine d’années et découvre les pièges et périls comiques d’une liaison clandestine. Le film parle de l’amour, du divorce... et de toutes les complications qui peuvent surgir entre les deux – et bien après...
Nancy Meyers : « Certaines personnes ne tirent aucun enseignement de leurs erreurs. Elles restent aveugles aux évidences les plus élémentaires. Ce sont les privilégiés qui apprennent, qui évoluent. Je me considère comme un être en devenir, comme un chantier éternellement inachevé, et je tends à explorer au cinéma des choses qui ont un rapport avec moi-même. Ma démarche a un caractère quasi thérapeutique, mais je tiens à dire que je n’ai jamais été bidasse et que je n’ai pas entretenu de liaison avec mon ex-mari ! Les intrigues de mes films relèvent de la fiction, les sentiments qui les sous-tendent me concernent en revanche de près. »
Nancy Meyers découvrit rapidement le potentiel comique de cette liaison secrète entre deux « ex » qui n’arrivent pas à rompre après dix ans de séparation.
Nancy Meyers : « Beaucoup de couples, mariés ou non, connaissent ce genre de problème. Même après un divorce, vous restez lié d’une certaine façon avec votre ex, surtout lorsque vous avez eu des enfants ensemble. »
« L’idée de ces retrouvailles clandestines m’enchantait. Elle amenait dans son sillage quantité de situations comiques, de répercussions à la fois dangereuses et libératrices pour mes deux personnages principaux. Cela fonctionnait à plusieurs niveaux, et l’introduction d’un rival me permettait de compliquer encore un peu plus l’intrigue. »
Le scénario en place, Nancy Meyers se tourna vers le producteur Scott Rudin pour mettre le projet à exécution : « Je connais Scott depuis vingt-cinq ans, je l’ai vu s’imposer comme un acteur de premier plan au sein de l’industrie cinématographique. Il a un goût impeccable, il a fait des films formidables avec de grands réalisateurs. Je lui ai donc présenté ce projet en lui demandant de m’aider à le monter. Scott a été un atout majeur pour ce film. »
Scott Rudin : « Nancy est une merveilleuse réalisatrice. J’ai toujours été son fan inconditionnel, et j’ai été totalement ravi qu’elle m’invite à produire ce film avec elle. Je lui avais déjà fait de nombreuses propositions, mais elle me répétait qu’elle ne se sentait pas prête. Elle l’était, bien sûr, et Pas si simple est, à mon avis, le meilleur de ses films. Nancy a su y concilier brillamment humour et émotion sans jamais sacrifier l’un à l’autre. La représentation détaillée du mariage, l’intimité des protagonistes... tout cela est profondément authentique et émouvant. »
« Nancy révèle ici beau- coup d’elle-même, moins à travers le personnage de Jane que par le biais des sentiments évoqués tout au long du film. L’amour de la famille et des enfants, la foi en l’amour et en la sincérité sont des choses qui comptent pour elle. »

Amis et amants : le casting de Pas si simple
Jeune quinqua dynamique, mère et femme d’affaires accomplie, Jane a très vite prit les traits de Meryl Streep : « Je m’imaginais Meryl dans ce rôle et la voyais faire certaines choses que je n’aurais jamais eu le culot de faire », confie la réalisatrice. « Le fait de penser à elle m’a boostée durant l’écriture. Meryl est la première personne que j’ai contactée sur le film, et j’ai été ravie qu’elle me donne son accord. Travailler avec elle a été une expérience hors du commun. Je ne connais aucun acteur qui se prépare aussi minutieusement qu’elle. Elle ne se borne pas à travailler son rôle, elle a une vision du film aussi ample et précise que celle d’un réalisateur. » Rudin ne pu qu’approuver, lui qui collabore régulièrement avec Meryl Streep depuis 1996. Scott Rudin : « C’est tout simplement la meilleure actrice du monde !
Elle investit quotidiennement chaque once de son immense talent dans le film. Un de mes grands bonheur est de m’asseoir à la table de montage et d’étudier son travail, prise après prise. L’intelligence et la diversité de son jeu, sa minutie, son authenticité sont sans équivalents. Meryl dégage ici tant de charme et d’humour, elle fait de Jane une créature si courageuse et si attachante, que je craque à chaque nouvelle vision du film. Je ne pensais pas qu’elle puisse encore me surprendre, mais elle a accompli de nouveaux prodiges en s’emparant de ce rôle et en le vivant pleinement. »

Meryl Streep :
« Nancy touche ici à quelque chose de très profond, qui ne concerne pas seulement les divorcés et leurs familles, mais tous ceux qui ont été abandonnés par un être aimé. Jane, après avoir connu toutes sortes de vicissitudes, peut enfin savourer sa vie. Sa petite entreprise rencontre un franc succès, son divorce a cessé d’être une source de tourments, elle s’est lancée dans un ambitieux projet immobilier dont l’architecte ne la laisse pas indifférente... Tout baigne pour elle, jusqu’au jour où Jake fait un retour dans sa vie. Renouer avec son « ex » après dix ans d’un « divorce heureux » n’est pas si fréquent, au cinéma comme dans la vie. » Nancy Meyers avait déjà travaillé avec Steve Martin sur le diptyque du Le Père De La Mariée, et c’est à lui qu’elle destina le personnage d’Adam, l’architecte ami de Jane, qui s’efforce de prendre un nouveau départ après un divorce tumultueux.

Nancy Meyers : « Steve est merveilleux dans la comédie légère et romantique. Il apporte à un film son incroyable chaleur et une grande aisance naturelle. C’était fantastique de voir le légendaire Steve Martin extraire autant d’humour de certains passages, forts brefs et a priori plus sérieux que le reste du film.
« Son Adam est un homme légèrement blessé, dont il expose la vulnérabilité avec autant de charme que de franchise, le rendant par là même profondément attachant et très différent de Jake dans sa relation avec Jane. Chaque apparition de Steve rend ce film plus intéressant. Je pense qu’il livre ici quelque chose d’inédit... sans oublier les scènes où il se laisse complètement aller à son délire et nous fait hurler de rire. » Martin fut enchanté de retrouver sa « vieille copine » Nancy.
Steve Martin : « Lorsqu’elle m’a appelé pour me proposer ce rôle, j’ai poussé un triomphal « youpi ! » J’ai retrouvé dans ce scénario la griffe de Nancy, sa sophistication, sa perception si lucide des comportements humains. Elle n’a pas besoin de forcer le trait pour dévoiler nos petites bizarreries, mais son humour ne s’exerce jamais aux dépens de la vérité des êtres. Elle crée des personnages authentiques, et j’ai été flatté qu’elle me demande de jouer dans son film. »

Martin poursuit à propos de la relation Adam/Jane : « Adam voit en Jane une habile femme d’affaires qui sait ce qu’elle veut et se débrouille fort bien par elle-même. Il a de l’amitié pour elle, il admire sa stabilité, mais il perçoit aussi ses failles, sa nervosité et son impulsivité occasionnelles. »
Les cinéphiles qui connaissent surtout le côté « hyper » de Martin lui découvriront ici un autre visage, dans le rôle de cet architecte timide et réservé échaudé par un pénible divorce.
Scott Rudin : « J’ai toujours pensé que Steve était un tendre, un homme de cœur d’une grande subtilité. Quantité de grands acteurs étiquetés « comiques » nous ont surpris dans des rôles très émouvants où ils se montraient bouleversants sans oublier de nous faire rire. C’est ce que réussit ici Steve Martin. » Le rôle de Jake Adler, l’ex-mari toujours amoureux de Jane, est interprété par Alec Baldwin. Fan de Meyers depuis l’époque où celle-ci faisait ses armes comme scénariste, Baldwin a gardé d’excellents souvenirs de films comme La Bidasse et de réalisations plus récentes comme Ce Que Veulent Les Femmes, A Nous Quatre et Tout Peut Arriver.

Alec Baldwin : « J’ai toujours aimé ses films qui sont des œuvres adultes sur des personnages adultes entretenant des relations adultes complexes et problématiques. Mais j’avais une autre bonne raison de vouloir faire Pas si simple : Meryl. Comme la plupart des comédiens actuels, j’adore Meryl depuis longtemps, et je suis ravi qu’on m’ait donné la chance de travailler avec elle. Et puis, il y a, bien sûr, Steve Martin, qui fait déjà partie de l’univers cinématographique de Nancy, et dont j’ai toujours aimé les films. Je pense que nos scènes fonctionnent d’autant mieux qu’on pourrait difficilement imaginer deux personnages plus différents que ceux que Steve et moi jouons ici. »
Nancy Meyers : « Alec est un as de la comédie. Vous ne le verrez jamais galérer sur un dialogue. Il arrive toujours à donner à ses répliques la forme exacte qu’elles sont censées avoir, et il est aussi inventif et brillant dans les mimiques et réactions comiques qu’un Jackie Gleason ou un Jack Benny. Il rend Jake proprement irrésistible. »

Scott Rudin : « Alec est le nouveau Spencer Tracy. Il est incroyablement doué, mais ses « ficelles » de comédien sont invisibles. Vous n’arriverez jamais à déconstruire son jeu tant il est original. » « Vous ne verrez pas souvent un duo aussi accompli, aussi drôle que celui qu’Alec et Meryl forment ici. Leurs échanges sont exquis. J’aime surtout leur complicité et le fait qu’ils réussissent à faire avancer l’histoire de Jane et Jake au présent tout en nous éclairant sur leur mariage passé. Ce sont ainsi deux trames qui se déploient simultanément, l’une pleine d’espoir, l’autre teintée de nostalgie. Un bel exploit, qui doit aussi beaucoup au talent de Nancy. »
Meryl Streep : « Steve et Alec sont aussi follement inventifs l’un que l’autre. Je les adore. Ces hommes n’ont pas peur d’exprimer des sentiments, ils ne sont pas simplement là pour vous faire rire. Ils ont accepté de se dévoiler, ce qui n’est pas toujours facile. Steve a une présence extrêmement gracieuse. Il se montre à nu, tel qu’il est, et constitue pour mon « ex » un redoutable rival. Jake, lui, est décidé à plier la réalité à ses désirs. Ce fonceur a un côté « éléphant dans un magasin de porcelaine ». Il est le moteur du film. Alec est irrésistible dans ce rôle. » Harley, le fiancé de la fille aînée des Adler, est interprété par John Krasinski. Celui-ci découvrira fortuitement la liaison de Jane et Jake, et ne cessera de buter sur eux tout au long du film.

« John tenait un petit rôle dans The Holiday », explique la réalisatrice, « et m’avait complètement bluffée. J’avais tellement aimé travailler avec lui que j’ai décidé de lui écrire ce rôle. Harley n’appartient pas à la fa- mille Adler, mais il sait ce qui s’y passe. Il est pris en sandwich entre Jake et Jane, et contraint de garder le secret. Ce genre de situation demande un réel talent comique. John en a à revendre, et il joue cela brillamment. »

John Krasinski : « Nancy sait rendre drôles et touchantes quantité de situations de la vie courante. Entretenir une liaison avec un ex-mari a quelque chose d’attendrissant et de légèrement troublant. On doit se demander si l’amour s’en est allé pour de bon ou s’il en reste un soupçon. » Nancy Meyers choisit Lake Bell pour jouer Agness, l’épouse « trophée » de Jake, qui a entrepris de booster sa fertilité pour avoir un enfant de lui.
Nancy Meyers : « Elle est vraiment bonne ! J’ai auditionné de nombreuses jeunes actrices pour ce rôle, mais j’ai cessé mes recherches sitôt après l’avoir rencontrée. Lake est intelligente et sophistiquée, elle possède des dons comiques très affûtés qui vous prennent totalement au dépourvu. J’aime beaucoup ses scènes avec Alec. » Alec Baldwin « Lake est exotique à souhait, et ce rôle met remarquablement en évidence ses qualités naturelles. Agness porte des vêtements très révélateurs et arbore un immense tatouage.
C’est exactement le genre de fille qu’un homme comme Jake épouserait après être rentré dans le circuit. Lake a tous les attributs physiques du personnage, mais ce n’est pas seulement une femme incroyablement belle, c’est aussi quelqu’un avec qui l’on a plaisir à jouer. »

Lake Bell : « Le couple Jake/Agness est dans la tourmente depuis qu’Agness s’est mis en tête d’avoir un enfant. Son traitement hormonal l’affole et nuit à leur épanouissement sexuel, qui était la principale raison d’être de leur relation. Dès lors, Jake commence à se demander pourquoi il est avec Agness et à s’interroger sur ce qu’il a perdu en quittant Jane. »
Nancy Meyers confia à Zoe Kazan le rôle de la jeune Gabby, deuxième enfant du couple Adler, et à Hunter Parrish celui de son frère cadet, Luke.

Nancy Meyers : « Zoe faisait partie du premier contingent de jeunes acteurs que j’ai auditionné. J’ai décidé, là aussi, d’arrêter mes recherches après l’avoir vue, car elle correspondait totalement à mon idée du personnage.
« Hunter est un garçon charmant avec une approche très naturaliste de la comédie. Cela me plaît particulièrement ici car nos trois stars adultes ont de fortes personnalités. Hunter a, lui aussi, son style propre, qui rend ses gros plans fascinants. Il attire spontanément la sympathie et en use fort bien après avoir joué pendant cinq ans le fils de Mary-Louise Parker dans « Weeds ».
Caitlin Fitzgerald interprète Lauren, la fille aînée des Adler. Grande, blonde et distinguée, cette nouvelle venue pourrait parfaitement être une enfant de Meryl Streep et Alec Baldwin. « Elle a quelque chose de très pur et un côté intemporel », dit d’elle Nancy Meyers. « On l’imagine aisément dans un film tiré de Jane Austen. J’avais besoin de deux filles très différentes pour incarner les sœurs Adler. Lauren est celle des deux qui a passé le plus de temps auprès de ses parents et qui est la plus affectée par leur séparation. Elle cherche donc à protéger sa mère pour lui éviter de nouveaux drames. »

Santa Barbara à Brooklyn, Pas si simple...
Bien que la majeure partie du film se déroule à Santa Barbara, en Californie, les trois-quarts des scènes et la quasi-totalité des intérieurs furent tournés à New York. Les prises de vues débutèrent le 18 février 2009 aux Broadway Stages, avec les scènes de la maison de Jane. Le décor, vaste et opulent, reflète l’ambiance chaleureuse et conviviale de cette banlieue cossue, et inclut une luxuriante pelouse (artifi- cielle) et un parc en trompe-l’œil.
Nancy Meyers avait choisi comme directeur photo John Toll, et confié, pour la quatrième fois, la déco à Jon Hutman.

Nancy Meyers : « Un directeur photo déclara un jour : « Les visages sont pour moi autant de paysages ». Cela résume parfaitement la philosophie de John Toll. Le regard de Meryl vous livre à lui seul l’histoire de son personnage. Le spectateur s’implique aussitôt dans ce parcours, « embarqué » par la méticuleuse attention que John prête au moindre détail, par ses lumières si délicates. »
« John, qui habite Santa Barbara, est totalement imprégné de l’ambiance locale. Sa femme a un jardin d’une beauté spectaculaire et possède un sens esthétique proche de celui de Jane. C’étaient des atouts essentiels du fait que 70% du film se déroule dans ce décor. John est un artiste de la vieille école, au meilleur sens du terme. Il soigne l’image, toutes ses lumières sont belles et mettent en valeur les personnages. »
Durant la première phase du tournage, l’équipe construisit dans le Prospect Park de Brooklyn la « boulangerie de rêve » de Jane, un paradis pour gourmets regorgeant de pains dorés, fruits frais et autres délices. « Nous aurions dû laisser ce décor en place, tout Brooklyn s’y serait rué », plaisante Meyers.

Le bureau d’architecte d’Adam a été construit dans un loft commercial du quartier de Chelsea, relooké dans le style californien. « Nancy faisait alors tracer les plans de sa prochaine maison », indique Hutman. « Nous en avons profité pour calquer ce décor sur le bureau de son propre architecte en essayant de lui donner un cachet côte ouest. »
En avril, l’équipe établit ses quartiers à L. A. pour le tournage des extérieur de la maison de Jane (un ranch des années 1920 situé à Thousand Oaks, à 45 minutes de route de Los Angeles, et qui hébergea plusieurs célébrités, dont W.C. Fields).

Nancy Meyers : « Elle dégage cette merveilleuse atmosphère propre à la Californie des temps anciens. J’ai longtemps vécu dans une maison comme celle-là. Je n’aurais jamais pu trouver mieux, même en cherchant encore pendant des années. C’est exactement le décor que je destinais à Jane. »
À la mi-avril furent tournés divers extérieurs dans la région de Santa Barbara et Montecito, juste avant les feux de broussailles qui ravageraient cette belle région. L’équipe regagna ensuite Los Angeles pour boucler les scènes de la maison de Jane et pour l’épisode comique où Harley découvre la liaison de Jane et Jake et s’efforce désespérément de la dissimuler à Lauren.
Ayant fini la partie californienne du tournage dans les premiers jours de mai, la production revint aux Broadway Stages de Brooklyn pour la dernière portion du tournage, qui se déroula notamment à St. John’s University et dans divers hôtels, immeubles et restaurants new-yorkais de grand standing. Les derniers intérieurs (la chambre de Jake, la chambre à coucher de Jake et Agness, la clinique) furent tournés en studio à Brooklyn.

Un personnage à part entière
Le chef décorateur Jon Hutman et son équipe avaient consacré plusieurs mois à la construction de l’intérieur de la maison de Jane, bâti sur les vastes plateaux des Broadway Stages de Greenpoint (Brooklyn). Cette étape se révéla particulièrement gratifiante pour Nancy Meyers, qui s’implique de très près dans la création du look de ses films. Meyers commença par sélectionner les photos qui lui semblaient les plus représentatives afin de les communiquer à Hutman et la chef costumière Sonia Grande. Une longue et fructueuse série d’échanges s’ensuivit entre elle et le décorateur pour donner au film un look organique et cohérent.
Nancy Meyers : « L’habitat d’une personne m’a toujours paru très révélateur. Je suis donc particulièrement attentive à la déco, aux accessoires, aux livres qu’on laisse traîner sur une table... Jon est merveilleusement ouvert aux suggestions de tous ceux qui sont associés à la fabrication du film. Il est infatigable et toujours disposé à accueillir mes propositions. C’est vraiment le collaborateur idéal. »

Jon Hutman : « Nancy fait des choix très précis. Mon travail consiste à opérer un tri, à capter ce qu’elle perçoit dans les images de référence qu’elle m’adresse, puis à bâtir le film autour de sa vision, tout en restant ouvert aux découvertes que nous ferons ensemble au fil de la préparation. Nancy connaît bien le langage des formes, des couleurs et des textures. Avec elle, j’ai l’impression de parler à un collègue. » Nancy Meyers : « Il m’a paru important d’introduire dans la palette du film une dominante orange. C’est une couleur que vous trouvez en abondance à Santa Barbara, notamment sur les toitures. J’ai voulu que cette teinte se retrouve à travers la maison pour qu’on y respire l’air du dehors. »

Tout ce décor baigne en effet dans une atmosphère raffinée, qui en appelle à tous nos sens : vue, toucher, odorat, et donne au spectateur l’impression qu’il pourrait caresser les carreaux de la cuisine de Jane, humer les herbes de son jardin, mordre dans ses fabuleuses pâtisseries...
Jon Hutman : « Les films de Nancy se rattachent à la grande tradition de la comédie romantique hollywoodienne. Les films de Spencer Tracy et Katharine Hepburn se déroulaient dans un monde magnifié. Santa Barbara est un de ces lieux plus grands que nature. Nous avons tenté de capter sa spécificité et de la rendre perceptible au spectateur pour qu’il se sente encore plus près des personnages. » « Avec d’autres réalisateurs, je me serais peut-être contenté de livrer le décor tel que je le voyais. Mais, pour Nancy, cette maison était une entité vivante, un personnage à part entière. Mon boulot ne serait pas achevé avant que je ne lui aie donné tout ce qu’elle en attendait. C’est aussi comme cela qu’on aboutit à un décor intéressant que le public aura plaisir à découvrir. »

Stylisme culinaire à la californienne
La nourriture joue un rôle majeur dans cette comédie et figure, sous une forme ou une autre, dans la plupart des séquences clés. La conseillère culinaire Susan Spungen fut donc mise à contribution durant tout le tournage et chargée de la fabrication de nombreux plats. Elle officia dans une cuisine aménagée spécialement dans l’enceinte du studio, et fournit à la production des plats conformes à la tradition californienne : « simples, mais attractifs ». « Après l’hommage à la gastronomie française que constituait Julie & Julia, il m’était agréable de revenir à une cuisine plus contemporaine et terre à terre », confie Spungen. « J’ai présenté toutes sortes de suggestions à Nancy qui m’a accordé une grande autonomie après avoir constaté que nous étions sur la même longueur d’onde. » L’auteur (primée) d’Everyday Food, qui a passé presque toute sa vie adulte en cuisine, se plia sans broncher à toutes les demandes de la production : « Le premier jour, il fallut préparer un dîner du soir pour Meryl et ses amis. On a démarré au quart de tour, mais tout s’est bien passé, et cela m’a donné confiance pour la suite. »

Une des grandes scènes de repas, dont le tournage s’étala sur trois jours, demanda la préparation de près d’une soixantaine de poulets rôtis d’une photogénie irréprochable. « J’ai également coaché Meryl pour cet épisode où elle devait, très symboliquement, sectionner d’un coup sec une cuisse de poulet. Pour les scènes dans la boulangerie, j’ai rassemblé diverses sortes de pains, achetés chez des artisans boulangers de la ville. Mon job consista, cette fois, à... toaster des tranches de pain mie, tâche pour laquelle je suis peut-être légèrement surqualifiée ! »

Costumes : la touche espagnole
Nancy Meyers avait tellement admiré le travail de Sonia Grande sur Vicky Cristina Barcelona qu’elle la fit venir d’Espagne (avec son interprète) pour créer les costumes de Pas si simple : « Sonia est très inventive. Elle a un grand sens de la couleur. Elle donne du sex-appeal à ceux qui en manquent, elle sait ce qu’il faut cacher, ce qu’il faut montrer, et ses créations sont solidement ancrées dans la réalité. »

Sonia Grande : « Le scénario était très bien écrit, et les personnages définis avec grande précision. C’est important pour une comédie et cela m’a aidée dans mon travail. Bien qu’il s’agisse de mon premier film américain, je n’ai pas eu de mal à m’adapter à une vision américaine, tant l’Amérique et sa culture occupent une place centrale dans notre monde. Et puis, le langage du cinéma est international...

« J’ai collaboré de très près avec Nancy à la création des costumes des protagonistes. Il fallait faire de Jane une femme actuelle, dynamique, cultivée, en prise directe avec la réalité présente. Meryl nous a aidées sur ce plan. Détail intéressant, elle pensait se consacrer à la mode avant de devenir actrice. Elle comprend donc ce que vous cherchez dans telle tenue, telle couleur ou telle coupe, et a plaisir à vous aider dans cette quête. Elle a fait d’excellentes suggestions. » « Jake est un homme qui a besoin de présence féminine. Il demande à être soutenu et admiré par une femme, et restera sans doute toujours quelqu’un d’assez immature. »

« Adam a un style personnel très affirmé. C’est le cas de la plupart des architectes que je connais, qui consacrent un soin particulier à leur habillement et veillent à ce qu’il soit original. Aucun article vestimentaire n’attire spécialement le regard chez Adam, mais l’ensemble est remarquablement cohérent et d’un goût irréprochable. »

Entretien avec Nancy Meyers (Réalisatrice de Pas si simple)

Qu'est-ce qui vous séduisait dans ce sujet ?
Je pense que j'étais attirée, à mon insu, par le thème du divorce. Non par le côté amer d'une rupture, mais par les paradoxes de l'"après-divorce", ce temps où deux "ex" découvrent qu'ils sont encore liés, à certains égards, pour la vie entière. C'est seulement en fin d'écriture que j'ai compris que c'était là le vrai sujet du film.
 

Box-office au 21 Janvier 2010

  • Paris 14h : 2 698 entrées
  • 1er jour IDF : 10 412 entrées
  • 1ère semaine IDF : 93 661 entrées
  • Cumul IDF : 209 916 entrées

  • 1ère semaine France : 266 194 entrées
  • Cumul France : 583 971 entrées