Notes de Prod. : Peindre ou faire l'amour

    en DVD le 27 Avril 2006

Présentation du film à Cannes le 18 mai 2005

Alors que le couple est très présent dans cette 58ème Sélection Officielle du festival de Cannes (Lemming, Match Point, A History Of Violence, etc.), le troisième et dernier film français concourant pour la Palme d'or, Peindre Ou Faire L'Amour des frères Larrieu nous parle non pas d'un couple mais de plusieurs couples…

William et Madeleine habitent en ville au pied des montagnes. Mariés depuis longtemps, fidèles et amoureux, ils ont une vie citadine rangée. Suite à une rencontre avec Adam, un aveugle Maire d'une petite commune du Vercors, le couple achète une maison isolée, dans laquelle il va vivre une période de grand bonheur. Leur nouvelle vie s'organise dans la proximité d'Adam et de sa jeune compagne Eva qui habitent à quelques centaines de mètres. Le jour où la maison de leurs nouveaux amis brûle, William et Madeleine n'ont plus d'autre désir que de les héberger… Les deux couples se rapprochent tant qu'ils finissent par faire l'amour, faisant ainsi "accéder leurs désirs à la lumière", comme l'a expliqué Arnaud Larrieu lors de la conférence de presse cannoise. "Cette rupture avec leur vie sociale précédente leur procure une disponibilité adolescente de vivre les choses comme elles viennent" a-t-'il ajouté.
"Notre film démarre sur la douceur. Ce qui est provocant, c'est qu'on a pris la pente naturelle des choses. La question se pose alors de savoir jusqu'où peut aller une rencontre entre amis." explique Jean-marie Larrieu. "Il y a une douceur transgressive, mais ce n'est pas un film malin. Dans la réalité, il suffit juste de pousser un peu les choses pour qu'elles deviennent extraordinaires".

Abordant donc un thème plutôt délicat, ce long-métrage des réalisateurs d'Un Homme Un Vrai est loin de faire l'unanimité des festivaliers. Il s'agit pourtant d'un film poétique très fort, dirigé de manière originale et soignée par deux hommes talentueux. Pour preuve le casting : Daniel Auteuil et Sabine Azéma dans les rôles principaux, aux côtés de Sergi Lopez et Amira Casar.

Le Vercors en décor… `
Arnaud Larrieu : "Au départ, nous souhaitions tourner dans les Pyrénées, mais pour des raisons de production, nous avons du aller en Rhône-Alpes. Là, nous avons chercher des lieux, avant de trouver cette maison qui nous a beaucoup plu, notamment son séchoir à noix, particulièrement intéressant. »
Jean-marie Larrieu : « Nous avons alors pu jouer beaucoup sur les notions d'intérieur/extérieur, de dedans et de dehors, du couple qui reçoit chez soit, etc. (…) Nous voulions qu'une histoire sexuellement exceptionnelle, hors du commun, arrive à des personnages finalement ordinaires. Des bourgeois de province tout ce qu'il y a de plus classique qui deviennent des héros traversant des choses grandes et puissantes. »

Avec des musiques de Brel ou de Feret, ce film remarquable bien que déjà sujet à controverse marque une pause des plus agréables dans la folie cannoise… Une heure trente de douceur, de volupté et de calme… Que demander de plus ?

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Amélie Chauvet (Cannes, mai 2005)

Intentions cannoises...

Y-a-t-il une vie après trente ans de mariage ? Les enfants sont partis poursuivre leurs études à l'étranger, l'ombre de la retraite pointe son nez et les loisirs ne consistent plus qu'à revoir les mêmes amis à l'heure de l'apéritif pour organiser la sortie au golf du dimanche suivant… Oui, bien sûr il y a une vie et elle peut se révéler très surprenante.

Questions à Sabine Azema

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ?
J'ai réagi à la proposition des frères Larrieu avant de réagir au scénario. J'avais très envie de travailler avec eux depuis que j'avais lu un article où ils parlaient de leur univers décalé, mélangeant documentaire et fiction. J'étais sûre qu'une porte pourrait s'ouvrir sur un autre imaginaire que ceux auxquels j'étais habituée. J'ai beaucoup travaillé en studio, et la perspective de jouer dans la nature avec des metteurs en scène qui la connaissent et l'aiment, une vraie nature forte, voire violente, cela m'attirait énormément. Etre en accord avec le cinéma que j'aime et tourner dans une nature magnifique c'était parfait. J'ai aussi apprécié l'histoire de Peindre ou faire l'amour, ce portrait de gens épanouis, cet hymne à la sensualité joyeuse, une sensualité complète.

Questions à Daniel Auteuil

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ?
Je l'ai trouvé très beau, j'i aimé cet univers si particulier que les frèrs Larrieu ont imaginé. Ensuite je les ai rencontrés, j'ai vu leurs films et tout s'est éclairé. Quelque chose me parlait dans leur travail, leur point de vue, ce décalage dans leur façon de filmer par rapport au cinéma dont on a l'habitude en France.

Questions à Amira Casar

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ?
Le ton était d'une surprenante liberté : l'écriture belle. L'histoire tissait des thèmes qui me sont chers. La nature omniprésente. La montagne magique. J'ai tout de suite dit à Philippe Martin : « Je saute dans le bus ».

Questions à Sergi Lopez

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ?
Ma première réaction, c'était la joie. J'étais fasciné, parce que j'ai de plus en plus de mal à trouver des histoires vraiment originales. Celle de Peindre ou faire l'amour l'est vraiment, mais sans la volonté de l'être. On sent une vérité derrière, et il y a de l'humour. Plus ma lecture avançait, plus j'étais surpris et charmé. Jamais je ne me suis dit : « Ca fait penser à un autre scénario ». C'est ce que je recherche aujourd'hui, des films avec un auteur derrière. Et puis, même si je ne choisis jamais mes films en fonction de mon personnage, j'ai aimé la perspective d'interpréter un aveugle. L'idée de ne pas voir ramène en enfance : quand nous étions petits, nous nous sommes tous amusés à fermer les yeux et à imaginer des choses.

Entretien avec Arnaud et Jean-Marie Larrieu

Comment est né Peindre ou faire l'amour ?
JM : La source, ce sont des personnes réelles que nous avons croisées en province.
A : Elles ont acheté une maison dans les collines et sont devenues proches du maire et de sa femme, qui appartiennent pourtant à une autre génération.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 72 544 entrées
  • Cumul IDF : 1 891 885 entrées

  • 1ère semaine France : 258 190 entrées
  • Cumul France : 683 070 entrées