A l’instar des chefs d’orchestre, le réalisateur d’un film est la personne qui coordonne l’ensemble des équipes tout en veillant à la qualité artistique de l’oeuvre. Ainsi il est l’homme multi-tâches qui décide de toutes les étapes de la production du film dès les premiers scénarios jusqu’au choix des interprètes de doublage.
« La première impression que j’ai ressentie à la lecture de l’oeuvre originale, hormis le fait que l’histoire était extrêmement touchante, était que placer la musique classique au centre du récit était une entreprise périlleuse, ou plutôt devrais-je dire, un véritable défi !
Loin d’être une composition complexe,
La forêt du piano, le morceau composé par Shinohara, est au contraire assez simple et fait figure pour moi de véritable chef-d’oeuvre qui restera gravé dans les mémoires. Estimant cette composition comme la clé de
Piano Forest, j’étais désireux de l’insérer partout dans le film, car elle illustre admirablement toutes les émotions, de la tristesse à l’allégresse.
Le film est parsemé de scènes qui provoquent tantôt de l’émotion, tantôt une très grande surprise. Les lecteurs font, à mon sens, appel à leur imagination pour créer la musique, étant donné l’absence de celle-ci dans l’œuvre originale. Étant logiquement présente dans le film, il fallait élaborer une musique suscitant émotion et surprise chez le spectateur, sous peine d’aboutir à un échec.
Je suis très heureux que le pianiste de renommée mondiale
Vladimir Ashkenazy ait interprété la musique après avoir lu et apprécié le scénario. Son interprétation est fantastique. En le regardant jouer, j’ai eu le sentiment que cet homme était d’une tout autre dimension, qu’il était un enchanteur. Toutefois, accorder la musique d’un artiste de valeur mondiale avec les images était loin d’être facile !
Le public de ce film sera à mon sens constitué autant de gens familiarisés avec le piano que de profanes. Je voulais que ce film puisse impressionner chaque personne qui le verrait. Par conséquent, j’ai fait un arrangement qui se voulait audacieux pour la scène où Kai joue la
Sonate pour Piano n°8 en La mineur K310 (300d) de Mozart, et j’ai fait en sorte de différencier la performance de Shûhei de celles des autres interprètes. L’idée majeure dans la production de ce film était le défi pour moi de combler les écarts entre musique et images en créant un tout.
La musique classique n’est pas quelque chose de complexe comme pourrait le penser un non-initié. C’est un espace de liberté dans lequel on exprime davantage sa personnalité. Ce thème étant intégré dans le film, mon implication dans ce dernier a fait évoluer l’image que je me faisais de la musique classique. Je m’estimerai ravi si les fans de musique classique et les non-initiés prennent mutuellement du plaisir à regarder et écouter
Piano Forest. »