Notes de Prod. : Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde

    en DVD le 23 Novembre 2007

Notes de production 4/4

Johnny Depp raconte : « En y réfléchissant bien, c’était assez étrange. Nous avons échappé aux ouragans des Bahamas et tourné dans la forêt équatoriale de la Dominique en pleine saison des pluies pour finalement subir à Palmdale, en plein désert, des pluies torrentielles et des vents de 120 km/h à l’intérieur même d’une énorme structure ! Et tout cela juchés sur un bateau incliné à 15 % ! »

Le tournage de la séquence du maelström a duré près de quatre mois. Un des aspects délicats a été les changements de température à l’extérieur du hangar. Le climat étant celui du désert de Palmdale, les écarts se sont étalés de 45°C à la mi-septembre jusqu’à -10°C durant les nuits glaciales de décembre. Cela n’aurait pas été un problème si tout le monde avait pu rester à l’intérieur. Mais le camp de base se trouvait à l’extérieur et il fallait le traverser pour rejoindre un second hangar dans lequel se trouvaient une cinquantaine de maquilleuses pour les figurants, ainsi que les cantines. A un moment ou à un autre, les acteurs et comédiens devaient s’exposer aux chaudes températures ou au froid mordant, voire même aux vents violents qui balayaient le désert.

Le coordinateur des cascades George Marshall Ruge raconte : « La scène du maelström était le point culminant de Jusqu’au Bout Du Monde et elle a été pour nous tous un énorme et spectaculaire défi. Tous les acteurs principaux participent, et de nombreux éléments de l’histoire s’y déroulent dans une ambiance complètement épique. Pour cet énorme final naval entre les pirates et la Compagnie anglaise des Indes orientales, il a fallu organiser les cascades à la fois aux Bahamas et dans l’énorme hangar du « Site 9 ». Les décors de bateaux sur Grande Bahama n’étaient pas vraiment conçus pour supporter des cascades, il fallait donc être très ingénieux pour que les scènes d’action restent originales. Au cours de la bataille, les bateaux et les marins essuient de violentes bordées de canons. Pour donner l’impression que nos cascadeurs étaient balayés par ces coups, nous avons utilisé plusieurs canons à air et des harnais. Dans le hangar de Palmdale, nous n’avions pas à nous soucier des éléments extérieurs, mais le travail n’en a pas été facilité pour autant en raison du nombre important de trucages qu’exige la scène. »

La chute du Hai Peng au bord du monde a demandé elle aussi des mois d’efforts et de mise au point. Le producteur exécutif Eric Mcleod explique : « Nous avions filmé nos premiers plans presque deux ans auparavant sur un remorqueur qui traversait les étendues gelées du Groenland. Nous avons aussi filmé les chutes du Niagara. Ensuite, nous avons utilisé un support mobile pour le Hai Peng capable de l’élever à 30 mètres au-dessus du plateau et de l’incliner à 90 degrés.

Nous avons filmé les dialogues à un mètre du sol sur le bateau à l’échelle réelle, ensuite une énorme grue est venue et a monté le Hai Peng sur le support mobile. Après avoir assuré tous les acteurs et membres de l’équipe avec des filins de sécurité, nous avons incliné le navire. C’était très éprouvant pour les nerfs de voir toute son équipe suspendue dans les airs. La première fois, tout le monde était un peu timide et réservé, mais après nous aurions pu leur faire faire n’importe quoi !»

Le directeur de la photographie Dariusz Wolski commente : « Nous avons tourné dans tous les types d’environnement possibles : dans la jungle, sur l’eau, sous l’eau, dans des endroits sombres, en studios, dans un désert de sel extrêmement clair… Je crois que je ne ferai jamais mieux que Jusqu’au Bout Du Monde ! »

Au cours de la phase de postproduction, c’est à John Knoll et son équipe d’ILM qu’est revenue la tâche d’intégrer plusieurs décors comme la mer bouillonnante et le gigantesque tourbillon qui menace d’engloutir tous les bateaux qui s’en approchent. John Knoll raconte : « Visuellement, c’était une idée très audacieuse. Mais pour ce genre de chose, il n’existe rien qui puisse être filmé et utilisé. Nous avons dû générer toute l’eau par ordinateur, ce qui est une tâche très difficile si vous voulez un résultat réaliste.

Nous avons créé en tout 400 plans à effets visuels pour cette séquence, comprenant la pluie, les vagues géantes, l’écume et les embruns. Ce fut un vrai défi de rendre ces éléments de la manière la plus réaliste possible. Ce qui se passait au premier plan était tout aussi compliqué. Pour la bataille entre le Black Pearl et le Hollandais Volant, nous avons créé des personnages en images de synthèse sous la pluie, le vent et les éclats de bois. Sans parler des centaines de pirates et bateaux virtuels que l’on peut voir dans la séquence. »

Vetus pour la gloire

Ayant déjà fait la preuve de son talent sur les deux premiers volets de Pirates Des Caraibes, la chef costumière Penny Rose a eu l’occasion avec Jusqu’au Bout Du Monde de pousser encore plus loin son exploration du monde des pirates. Elle raconte : « Avec ce film, nous avons introduit plein de nouveaux éléments de l’univers de la piraterie. Nous nous sommes procuré une grande quantité de textes et d’images sur les pirates dans le monde entier, mais j’ai préparé les films à Londres car c’est un très bon endroit pour mener ce genre de recherches. »

Penny Rose et son équipe ont littéralement sillonné la planète à la recherche d’objets et de matériaux pour créer les centaines de costumes de Jusqu’au Bout Du Monde. La chef costumière raconte : « J’ai acheté beaucoup de choses à Rome, Madrid, Paris et New York. Sur chaque lieu de tournage, tout notre matériel nous suivait et était entreposé dans nos ateliers.

C’était un peu comme un grand magasin de jouets. Quand les acteurs venaient nous voir, nous pouvions leur proposer tout un tas de choses et les laisser choisir librement, car tout ce que nous avions était vraiment exceptionnel. C’est très important d’impliquer les acteurs dans le choix de leurs costumes. Pour moi, il est bien plus important d’aider les acteurs à être en adéquation avec l’idée qu’ils ont de leur personnage que de se préoccuper de savoir quelle sera la recette du film. C’est pour cela que je fais ce métier. »

Dans Jusqu’au Bout Du Monde, les costumes évoluent en même temps que l’histoire et les personnages. Sauf bien sûr pour le capitaine Jack Sparrow ! Penny Rose explique : « Jack Sparrow ne changera jamais. Ce n’est pas le genre de personne à posséder un placard plein de vêtements. Il est le capitaine Sparrow, ses vêtements font complètement partie de ce qu’il est. C’est la même chose avec Barbossa.

Pour ces deux-là, le travail consistait surtout à refaire les pièces de costume usées encore et toujours, ce qui était assez difficile car cela devenait de plus en plus dur de trouver les mêmes tissus qu’au début. Pour vous donner une idée, la ceinture en tissu de Jack a été faite par une tribu en Turquie. J’ai été obligée d’envoyer quelqu’un là-bas pour convaincre cette tribu d’en retisser quelques morceaux pour moi. Nous avions essayé d’en faire avec du chanvre et des draps de lin, mais cela n’avait pas vraiment la même apparence. Une chance pour nous, les gens de la tribu turque ont accepté de nous en refaire une centaine de mètres. »

Penny Rose continue : « Dans Jusqu’au Bout Du Monde, Will Turner devient plus fort, plus sûr de lui, et le personnage d’Elizabeth évolue d’une façon complètement nouvelle. Will porte maintenant un gilet en daim noir à motifs en relief et une chemise sombre couleur lie-de-vin. Il porte aussi parfois un magnifique manteau sombre bleu nuit qui lui donne un air très romantique et mystérieux. Ce sont des changements importants car dans ce troisième volet, on ne sait pas très bien pour quel camp Will va opter, le côté sombre de son costume est donc une métaphore et renforce cette incertitude pour le spectateur.

« Elizabeth porte un costume de courtisane chinoise avec une coiffe ornée de bijoux et un col assorti, une veste à pompons et une robe brodée que nous avons transformée pour des raisons pratiques en culotte. Ainsi elle peut rapidement abandonner sa veste et ses accessoires pour se lancer dans l’action et les combats. »

Penny Rose s’est aussi occupée de la création du costume du capitaine Sao Feng, qui pesait 17 kilos. Elle raconte : « Chow Yun-fat est le Laurence Olivier de l’Orient. Il suffit de passer 10 minutes aux essayages avec lui pour comprendre qu’il connaît parfaitement son métier. Il sait à la perfection comment se fondre dans son personnage. Il savait que notre rôle était de rendre son personnage le plus visuel possible et il nous a beaucoup aidés à le faire. Tout le travail qui a été fait avec lui pour choisir les pièces de son costume a été un grand moment de collaboration. C’est un acteur qui a une présence très forte, et avec son costume de pirate chinois il devient vraiment terrifiant. »

Penny Rose a eu aussi l’occasion de créer un costume pour Bill Nighy pour une scène de flash-back où le public pourra voir à quoi ressemblait Davy Jones quand il était encore humain. La chef costumière raconte : « On le voit avant qu’il ne passe de nombreuses années sous l’eau. Son apparence est très différente du second film. Il en était très heureux d’ailleurs car depuis Le Secret Du Coffre Maudit, il devait porter continuellement un pyjama gris qui servait de base pour les techniciens des effets visuels. Il était si soulagé de ne plus être habillé ainsi que nous nous sommes vraiment appliqués pour lui faire un fabuleux costume. Nous avons acheté du lin damassé à une filature en Ombrie, une province d’Italie, puis nous l’avons teint avec de superbes couleurs. Comme Bill Nighy est un homme très élégant, nous avons pensé que Davy Jones avait aussi pu l’être. Nous avons donc utilisé le lin pour lui tailler un beau manteau et le rendre aussi chic que possible. »

Pour Jusqu’au Bout Du Monde, Penny Rose a dû concevoir des costumes de pirates venant de tous les horizons : d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie, d’Europe et des Amériques. Parmi eux, il fallut d’abord s’occuper des capitaines pirates qui se réunissent à la Baie des naufragés et du plus important d’entre eux : le capitaine Teague, interprété par Keith Richards.

Penny Rose se souvient : « J’ai eu la chance de pouvoir faire une séance d’essayage avec Keith Richards quand il était à Los Angeles en juillet 2005, juste avant que les Rolling Stones ne commencent leurs répétitions. Comme Johnny Depp ne travaillait pas cette semaine-là, je lui ai demandé s’il pouvait venir avec moi, ce qu’il a très gentiment accepté. C’était vraiment très amusant de les voir tous les deux car lorsque Keith Richards portait son costume, ils se ressemblaient tellement qu’on aurait pu croire qu’ils faisaient partie de la même famille. C’était un moment très bizarre, ce n’est pas tous les jours que j’ai l’occasion d’habiller une superstar du rock. Keith Richards mourrait d’envie de faire un pirate, il voulait même garder son costume pour sortir avec le soir ! Il s’est vraiment beaucoup amusé au cours de cette séance. »

Penny Rose précise : « Tous les capitaines pirates ont un style différent inspiré des endroits dont ils sont originaires comme la Chine, l’Inde, la France, l’Espagne et l’Afrique. Pour chacun d’entre eux, j’ai utilisé des tissus bien spécifiques en fonction de leur provenance. »

La Tête de l’emploi
La créatrice des maquillages Ve Neill et le superviseur des maquillages spéciaux Joel Harlow ont eu fort à faire pour transformer de simples humains en une armée déchaînée et stupéfiante de pirates, soldats et créatures diverses, ainsi qu’en habitants des Caraïbes, d’Asie, d’Angleterre et du monde entier. Ve Neill raconte : « Sans compter ceux qui travaillaient dans les remorques de maquillage, il nous est arrivé d’avoir jusqu’à 45 maquilleurs pour s’occuper de tous les figurants. »

C’est sur le backlot des studios Universal, pour la séquence de Singapour, que Ve Neill et Joel Harlow ont eu le plus de défis à relever. Ve Neill raconte : « Nous avons créé beaucoup de prothèses pour les scènes à Singapour. Lorsque les pirates de Sao Feng sont dans les bains, on peut voir que des champignons leur poussent dessus.

C’était intéressant à faire car ils devaient donner l’impression que les pirates étaient assis là depuis très longtemps. Nous voulions que les pirates chinois aient l’air d’être aussi usés et mal dégrossis que tous les autres. Nous avons donc foncé et sali leur peau pour leur donner une apparence plus rugueuse et crasseuse. Nous n’avons pas non plus oublié de leur mettre des dents pourries ! Sur La Malediction Du Black Pearl, les dents étaient peintes, mais cela posait des problèmes car il suffisait de manger quelque chose pour que le noir disparaisse. Pour les deux films suivants, nous avons donc transporté avec nous un petit laboratoire dentaire portatif pour faire des prothèses dentaires. »

Ve Neill poursuit : « Bill le Bottier subit de grosses évolutions dans le film. Sa dégradation et sa fusion avec le bateau vont vraiment très loin. Comme pour Davy Jones et les autres membres de l’équipage, nous n’avons utilisé aucun trucage numérique, tout a été réalisé par nos maquilleurs. Les transformations de Bill le Bottier ont été faites avec du silicone jusqu'à ce qu’il soit complètement recouvert à ce que nous appelions le « stade 6 » et qu’il ne reste plus qu’une toute petite partie de son visage. L’acteur Stellan Skarsgård, qui interprète Bill le Bottier, a été d’une grande patience car son maquillage demandait plusieurs heures de travail. Il disait que rester immobile pendant tout ce temps lui permettait de mieux entrer dans son personnage. Quoiqu’il en dise, cela a été très éprouvant pour lui de subir toutes ces étapes. »

Chow Yun-fat a lui aussi subi les soins de Ve Neill afin de transformer complètement son visage en celui d’un effrayant brigand des mers marqué de cicatrices et au crâne rasé. Ve Neill raconte : « Nous lui avons rasé les cheveux puis il a laissé pousser sa moustache et sa barbe, sur lesquels nous avons fixé des extensions. Il porte aussi un magnifique tatouage qui a été dessiné par Ken Diaz, un véritable maître dans cet art, qui s’occupe également du maquillage des figurants. »

Parmi les stars de Jusqu’au Bout Du Monde, le capitaine Jack Sparrow est le seul à ne pas subir de changements. Ve Neill raconte : « Gore Verbinski et Johnny Depp étaient d’accord sur le fait qu’aucun changement ne devait être apporté à Jack Sparrow. Le personnage devait rester tel qu’il était. Quant à Geoffrey Rush, c’était très sympa de le voir de retour parmi nous. Son personnage demandait beaucoup de travail aux maquilleurs car tout est faux chez lui : barbe, moustache, pattes, perruques, cicatrices, etc. Comme Geoffrey Rush n’est pas très vieux, il a aussi fallu vieillir sa peau pour la rendre sèche et ridée.

« Quant à Keira Knightley, son personnage a vécu de nombreuses aventures et ce n’est plus la petite princesse à la peau pâle que l’on peut voir au début du Secret Du Coffre Maudit. Sa peau est maintenant plus bronzée et sale comme les garçons. Même chose pour Orlando Bloom, dont le personnage acquiert dans ce troisième volet un style plus sombre. »

Une fois de plus, Ve Neill a étroitement travaillé avec le créateur des coiffures Martin Samuel. En plus d’avoir coiffé tous les acteurs du film, Martin Samuel et son équipe ont fourni des centaines, si ce n’est des milliers, de perruques et extensions capillaires pour une énorme diversité de personnages allant de la petite tresse que portent les pirates chinois jusqu’à la somptueuse perruque poudrée de l’amiral James Norrington.

Effets visuels et effets speciaux

Maelström, capitaine au visage tentaculaire, pluie de crabes et autres effets divers ont été réalisés par les superviseurs des effets visuels John Knoll d’Industrial Light + Magic et Charles Gibson, tous deux récompensés d’un Oscar pour leur travail sur Le Secret Du Coffre Maudit avec le responsable de l’animation Hal Hickel. Avec Jusqu’au Bout Du Monde, les trois hommes n’ont pas eu le temps de se reposer sur leurs lauriers en raison des 2000 plans à effets visuels qu’il fallait encore réaliser pour le troisième volet.

Même si les effets visuels deviennent de nos jours de plus en plus complexes et réalistes, le public et les critiques attendent toujours d’un nouveau film qu’il repousse encore plus loin les limites de l’imagerie virtuelle. Gore Verbinski et Jerry Bruckheimer attendaient donc de John Knoll et Charles Gibson qu’ils aillent encore au-delà de ce qu’ils avaient fait dans le précédent film.

John Knoll explique : « Ce fut un travail énorme pour nous. Il y avait beaucoup plus de plans comportant des effets visuels que dans Le Secret Du Coffre Maudit. Comme la phase de postproduction a été très courte, Charlie Gibson et moi nous sommes chacun occupés de certains effets, et le reste a été confié à plusieurs sociétés d’effets visuels. Quand un projet tel que celui-lui se monte, on se demande toujours comment on va pouvoir le réaliser et si nous aurons les moyens matériels de faire tout ce qui est demandé. Quand quelque chose est impossible à faire, les techniciens doivent alors trouver des solutions et modifier notre matériel pour que nous puissions y arriver. C’est une situation qui arrive en fait très souvent. Sur presque tous les films, nous faisons évoluer nos outils afin de réaliser de nouveaux effets. »

L’Antre de Davy Jones, Singapour, l’« Eclair Vert » et le gigantesque maelström font appel à la fois à des effets visuels et à des effets spéciaux. John Knoll explique : « Gore Verbinski pense qu’il est très important de garder des éléments réels à l’image, et je partage cette idée. Plus les choses paraissent réelles, plus le résultat final sera plausible et semblera naturel. Gore n’utilise les effets visuels qu’en dernier recours, lorsqu’il est vraiment impossible de réaliser physiquement quelque chose.

Il aime aussi mélanger les techniques : un décor pourra selon les plans être soit une maquette, soit une image réalisée par ordinateur. Comme les techniques utilisées sont très nombreuses, le public ne peut se focaliser sur l’une d’elles et détecter tous les artifices mis en place à l’image. Cela améliore beaucoup la qualité générale de tout ce qui est montré à l’écran. »

Dans Le Secret Du Coffre Maudit, John Knoll et son équipe d’artistes de ILM ont émerveillé la terre entière grâce aux effets visuels relatifs à Davy Jones. Pour Jusqu’au Bout Du Monde, ils ont créé un nouveau système de capture de mouvements qu’ils ont appelé Imocap. Alors qu’ils avaient autrefois besoin de 16 caméras, Imocap est un système mobile qui n’utilise que trois caméras et un costume muni de capteurs pour le comédien. Très pratique, ce système ne nécessite plus de studio et de fond bleu pour être mis en œuvre.

John Knoll explique : « Sur le second film, nous avons énormément travaillé sur Davy Jones. Hal Hickel, notre responsable de l’animation, et son équipe connaissent parfaitement le personnage et nous disposons maintenant d’un vaste répertoire de mouvements pour travailler avec Davy Jones et l’équipage du Hollandais Volant. Dans le Secret Du Coffre Maudit, il y avait 16 marins sur le navire. Nous avons augmenté ce chiffre, en particulier pendant la séquence du maelström. Ils auront aussi bien plus d’effet sur le spectateur car certains d’entre eux qui étaient à l’arrière-plan pourront cette fois-ci être clairement identifiés. »

Knoll ajoute : « Je crois que sur les trois films, le plus amusant aura été tout le travail réalisé sur Davy Jones. C’était une grande expérience de travailler avec Bill Nighy. Pour Le Secret Du Coffre Maudit, nous lui avions demandé de porter ce pyjama gris qui nous servait de support. Mais à l’époque, nous ne pouvions pas encore lui montrer à quoi Davy Jones allait ressembler. Sans savoir quelle allait être son apparence, il s’est jeté dans son rôle et a offert une performance d’acteur exceptionnelle. Les artistes d’ILM ont aussi fait un superbe travail de modélisation, de texturage, d’éclairage, de rendu et d’animation. Pour moi, Davy Jones est un personnage exceptionnel à tous les niveaux. »

John Knoll enchaîne : « En raison de l’ampleur du film et du nombre de plans que nous devions terminer chaque semaine, nous avions très souvent besoin de l’avis de Gore Verbinski. Comme il était aussi occupé que nous à travailler sur le montage, le son, les dialogues et sur tous les derniers détails du film, ce n’était pas très pratique pour lui de se déplacer de Los Angeles jusqu’aux studios d’ILM à San Francisco. De mon côté, cela m’aurait aussi pris beaucoup trop de temps. Nous échangions donc nos avis deux fois par semaine par vidéo conférence, du moins jusqu’à la dernière semaine où nous avons eu des entretiens tous les jours. »

Parmi toutes les choses bizarres que l’équipe de Pirates Des Caraibes a pu voir - et il y en a eu beaucoup, la plus étrange a peut-être été le lâcher depuis le plafond du hangar de Palmdale de 175 000 balles de plastique bleu sur le pont du Black Pearl, sur le « Site 9 ». Ces balles ont fini à l’image par être des milliers de petits crabes qui ont été ajoutés en images de synthèse par John Knoll et ILM durant la phase de postproduction.

John Knoll explique : « Pendant le maelström, une pluie de petits crabes s’abat sur le pont du Black Pearl et balaye tous ceux qui croisent leur chemin. Un peu comme pourrait le faire une avalanche de crustacés. C’est Gore Verbinski qui a eu l’idée d’utiliser ces balles, les mêmes que celles qui se trouvent dans les piscines à boules pour enfants. C’était très bien pensé car en raison de leur légèreté, elles emportaient tout et tout le monde sur leur passage sans causer le moindre dégât. J’aurais été tenté de faire cette scène avec des doublures numériques ou avec un système de filins sur les acteurs pour simuler l’impact. Mais comme à son habitude, Gore Verbinski a préféré tourner cette scène avec un maximum d’éléments réels pour donner à l’image le plus de force possible, et n’utiliser les effets visuels qu’en dernier recours. Tous les crabes sont en fait des variations d’un modèle unique que nous avons créé par ordinateur. »

Lorsque les balles ont été libérées de leurs filets sur le plateau, le niveau de maturité de toute l’équipe a chuté soudainement, régressant à l’âge de cinq ou six ans. Gore Verbinski en tête, une énorme bataille éclata joyeusement et les balles se retrouvèrent projetées dans tous les sens.

Le responsable des cascades George Marshall Ruge se souvient : « C’était incroyable de voir tous ces adultes retomber d’un seul coup en enfance. Voir Orlando Bloom jeter une balle sur Geoffrey Rush, c’était un vrai moment d’anthologie ! Pour un peu, on serait cru dans une crèche. »
Etant donné que le tournage en était à son 252e jour, cette joyeuse parenthèse fut une agréable récréation.

Le producteur exécutif Mike Stenson raconte : « Pirates Des Caraibes est un mélange unique de haute technologie et de scènes tournées en extérieurs comme à l’époque des grands films comme Lawrence D’arabie. Malheureusement, je crois que l’industrie du cinéma ne pourra bientôt plus se permettre ce genre de film. A mon sens, il aurait été triste de ne tourner qu’en studios sur fond vert avec des effets visuels, et de ne pas avoir filmé tous ces extérieurs magnifiques. Mais il est évident que certaines scènes comme le maelström sont si difficiles à mettre en place qu’aucun lieu au monde ne peut vous fournir un décor satisfaisant. Cela ne peut être réalisé qu’en studio. »

En plus de la conception et de la réalisation des supports mobiles pivotants du hangar de Palmdale, John Frazier et son équipe se sont occupés de très nombreux effets spéciaux. John Frazier précise : « En tant que techniciens effets spéciaux, notre travail concerne tout ce qui bouge ou se trouve dans l’atmosphère. Il peut s’agir de fumée, de la pluie dont Gore Verbinski avait besoin, de vent ou même de coups de canon. »
En ce qui concerne les canons, l’équipe pyrotechnique de John Frazier a utilisé 500 kilos de poudre noire pour la bataille se déroulant dans le maelström et a tiré plus de 1200 coups de canon.

Armes, cartes, bijoux et autres tresors…

Que ce soit pour l’armement de toutes les factions présentes, les longues-vues, les bagues de Jack Sparrow, les boulets de canon, un livre ou quoique ce soit d’autre qui fasse partie du monde des flibustiers, l’accessoiriste Kris Peck et son équipe ont fourni à Gore Verbinski tous les accessoires dont le film avait besoin. Avec l’aide de l’armurier Harry Lu et du conseiller historique Peter Twist, Kris Peck a pu trouver ou fabriquer tout un arsenal pour les pirates et les troupes de la Compagnie anglais des Indes orientales.

Gore Verbinski aime souligner que la réalisation d’un film est un art qui réclame beaucoup de collaboration. Depuis une douzaine d’années, James Ward Byrkit est un des collaborateurs les plus proches du réalisateur. Véritable touche-à-tout, ses contributions ont été absolument cruciales tout au long de la trilogie des Pirates. En plus des quelque 3000 dessins des storyboards réalisés pour le second et le troisième volet - sans compter trois semaines de travail sur le premier film pour lequel il a créé les premiers dessins du Black Pearl et d’autres navires -, le travail de James Ward Byrkit a touché de très nombreux départements dont celui des décors, des accessoires et de la prévisualisation. Véritables références pour Gore Verbinski et les techniciens d’ILM, ses dessins ont beaucoup contribué à appréhender les scènes d’actions les plus complexes du film.

Acquise des mains mêmes du pirate chinois Sao Feng par les héros du film, la carte magique des royaumes inconnus qui permet d’accéder au bout du monde et même au-delà est un bon exemple de la collaboration entre tous les artistes du film.

James Ward Byrkit explique : « En juillet 2005, Gore Verbinski a convié tout le monde à une grande réunion. Il savait qu’il avait besoin de cette carte, mais ignorait encore quelle forme lui donner. Il savait juste qu’elle devait être très spéciale et qu’elle ne devait ressembler à rien qui ait déjà été fait. Il voulait aussi qu’elle dissimule des secrets qu’elle puisse révéler, éventuellement en changeant de forme. Nous avons imaginé plusieurs objets, comme un livre dont on puisse faire coulisser la carte à l’extérieur comme avec une lanterne chinoise, ou encore une carte qui projette un plan du monde comme dans un planétarium lorsqu’elle est éclairée par en dessous. J’ai acheté quelques lanternes chinoises et j’ai essayé de peindre une carte dessus pour voir si cela pouvait fonctionner. Après une semaine d’essais infructueux, j’ai fini par abandonner ce projet. J’ai alors exploré une autre de mes idées : une carte circulaire avec des anneaux qui représentent des lieux vers lesquels on peut voyager et qui sont tous liés au thème des pirates.

Avec Gore Verbinski, nous avions parlé du fait que Pirates Des Caraibes se déroulait à une époque où il restait énormément de zones vides sur les cartes, ce qui ouvrait d’immenses possibilités. Nous pouvions très bien placer sur ces Terra Incognita des pays inconnus, des monstres, de la magie ou de nouvelles civilisations. J’ai adoré l’idée d’en faire une carte très ancienne fabriquée avant même la Renaissance, avant que la cartographie ne devienne une science et où le tracé des cartes reflétait plus une conception métaphorique du voyage que la réalité géographique.

Quand j’ai montré une maquette de cette carte à Gore Verbinski, il a tout de suite été séduit et m’a demandé si en plus du mouvement des anneaux, il était possible de faire apparaître la forme des terres en relief. Après plusieurs conversations avec lui, j’ai peint une version finale de la carte. Comme elle était en constante évolution, ce travail m’a pris quelques mois. Les anneaux peuvent s’aligner pour former un nombre de routes quasi infini qui révèlent toutes un secret : des territoires inconnus, des lieux inexplorés ou métaphysiques, des univers parallèles, etc. »

James Ward Byrkit ajoute : « Il nous a fallu huit mois pour rassembler tous les éléments, les tester et s’assurer que tout fonctionnait. Comme j’avais besoin de traduire en chinois des centaines de phrases et de noms de lieux, Kris Peck a demandé à J.c. Brown, un expert qui a travaillé sur Le Dernier Samouraï et Memoires D’une Geisha, de s’assurer que les calligraphies était correctes. Les peintures ont été faites sur du washi, un papier de riz japonais fait à la main, que j’ai traité couche après couche avec de l’aquarelle, de la peinture acrylique et des encres d’art. Ce papier est si fin qu’il est presque translucide et son apparence lui donne l’air de provenir d’une époque vraiment très ancienne. Au cours des siècles, les pirates y ont ajouté leurs propres secrets et gribouillé des notes à l’intention de leurs confrères. C’est un document qui contient énormément de mystères. »

Après lui avoir donné artificiellement une patine séculaire, Kris Peck a transformé cet objet en un véritable accessoire et a créé le mécanisme qui permet aux anneaux de tourner. John Ward Byrkit raconte : « Les mécanismes internes de la carte sont vraiment magnifiques, c’est un travail d’orfèvre. Et tout fonctionne sans avoir besoin d’effets visuels ! »

De poétiques noms de lieux écrits en chinois figurent sur la carte, comme « Fantômes des Ames Perdues en Mer qui doivent être conduits dans le Passage des Eaux », « Marins Oubliés Endormis les Yeux Ouverts Rêvant d’une Mort en Eau Salée » ou encore « L’Homme Riche ne Trouvant Plus d’Espoir de Vie, la Mort Sera Toujours Derrière lui ». Des peintures de créatures réelles et mythologiques ont aussi été faites sur la carte comme un dragon, un tigre ou encore une version primitive ce qui deviendra la souris la plus célèbre du monde. Interrogé à ce sujet, James Ward Byrkit répond avec humour : « Il y a des secrets sur cette carte qui dépassent largement mon entendement ! »

Bien que le look de pirate-bohémien de Jack Sparrow n’ait pas été modifié, les fans qui observeront avec attention le mouvement de ses mains lorsqu’il parle noteront peut-être un petit détail intéressant. Entre La Malediction Du Black Pearl et Jusqu’au Bout Du Monde, le nombre d’anneaux qu’il porte aux pouces passe de un à quatre. L’origine de ces anneaux est née de conversations entre Johnny Depp et la costumière Penny Rose, qui se sont mis à imaginer que Jack Sparrow avait ces derniers temps fait quelques rencontres galantes: riches dames, veuves ou même des épouses négligées par leur mari.

A chaque occasion, Jack fait une descente dans la boîte à bijoux de la belle et emporte un petit souvenir de sa romantique rencontre. Kris Peck a proposé alors tout un assortiment de « souvenirs » à Johnny Depp qui a pu choisir lui-même les bijoux que Jack aurait le plus aimé exhiber.

Johnny Depp raconte : « Le premier anneau que je portais à l’index droit dans La Malediction Du Black Pearl est un petit crâne que j’ai trouvé dans un magasin il y a 17 ans. »
Sur son annulaire gauche, le capitaine Jack Sparrow arbore un anneau noir et doré avec trois diamants et un motif floral. D’un aspect très féminin, cette pièce est sans nul doute le souvenir d’une nuit, ou de deux heures, passée avec une élégante dame de haute ou de basse extraction - selon Johnny Depp, cette dame était en fait une veuve espagnole.

Sur l’index gauche de Jack se trouve ce que Kris Peck appelle « l’anneau dragon » : une énorme bague surmontée d’un gracieux dragon en or aux ailes déployées, enchâssé dans du jade. Dans Le Secret Du Coffre Maudit, Jack traverse des marécages afin de se rendre à la hutte de Tia Dalma. Après avoir découvert chez elle une énorme pierre violette montée sur une très grosse bague en or, il lui vient à l’idée de l’échanger contre son dragon. Mais après réflexion, il se contente de la subtiliser, la glisse à son index gauche et place le dragon sur son pouce gauche. Cet anneau violet est une copie réalisée par Kris Peck d’une pièce originale vieille de 2400 ans qui appartenait à Johnny Depp en personne. Malheureusement, le bijou disparut au cours du tournage du Secret Du Coffre Maudit. Visiblement, Jack Sparrow n’était pas le seul à s’intéresser de près aux bagues…

La fin d’une grande aventure

Au cours des deux derniers jours de tournage simultané des volets deux et trois de Pirates Des Caraibes, l’ambiance bruyante et explosive du hangar de Palmdale fit place à une atmosphère calme et apaisée. Les centaines de figurants et de cascadeurs normalement présents étaient tous en repos et Johnny Depp était le seul qui devait travailler durant ces deux jours.

Pour tous les membres de l’équipe, cette baisse de régime subite et le départ prochain de Johnny Depp étaient la preuve que le tournage du film tirait à sa fin. Bien qu’il ait terminé sa dernière scène à midi, l’acteur dut attendre que Gore Verbinski ait la confirmation que des scènes tournées la veille étaient exploitables par les laboratoires. Six heures plus tard, la confirmation tombait et Johnny Depp était libre de partir.

Après quatre ans, un mois et huit jours depuis la première journée de tournage de La Malediction Du Black Pearl, Johnny Depp n’était plus très sûr de vouloir quitter le monde des pirates. Un mois plus tôt, alors qu’il tournait dans les dunes de Rancho Guadalupe près de Santa Maria, il déclarait : « Je n’envisage pas vraiment de dire adieu à Jack pour toujours. Mais si c’était le cas, cela aura été une belle aventure. Je sais qu’il sera toujours là, quelque part. Pirates Des Caraibes m’a apporté énormément de choses. Mais le plus important de tout, c’est cette joie intense que j’en ai retiré. Avoir incarné et joué ce personnage a inscrit sur mon visage un sourire qui ne s’effacera jamais. J’en serai fier et heureux pour toujours. »
Dans le hangar, près du plateau, se trouvait un énorme gâteau. Entre de petites figurines et de petits bateaux, on pouvait lire :

Cher Capitaine Jack,
Puisse ton compas
Toujours te ramener a nous.
Merci.

Lorsque Johnny Depp fit son apparition dans le hangar, acclamations et applaudissements s’élevèrent. Il déclara alors : « Je vais faire vite, sinon je vais pleurer. Après la naissance de mes enfants, ces films ont été la plus grande expérience de toute ma vie, grâce à vous. Si je devais repartir avec vous, je le ferais sans une seule hésitation. Je vais me dire que ce sont des vacances ou une pause, comme cela nous est déjà arrivé. Mais je n’ai pas envie de vous dire adieu… pas à vous… et pas au capitaine Jack non plus, d’ailleurs. Merci à vous tous pour cette grande aventure. »

Adieu Hawai

Après les vacances de fin d’année, une équipe réduite accompagnée d’Orlando Bloom et Keira Knightley s’est envolée la seconde semaine de janvier 2007 pour les magnifiques îles de Maui et Molokai, situées dans l’archipel d’Hawaï. A la recherche d’un décor tropical, les 5 heures et demie de vol pour se rendre à Hawaï contre les 10 heures nécessaires pour retourner aux Caraïbes firent pencher Jerry Bruckheimer, Gore Verbinski et le chef décorateur Rick Heinrichs pour les îles du Pacifique. A Maui comme à Molokai, l’équipe put tourner, grâce aux guides locaux Laura Sode-matteson et Val Kim, dans des endroits très reculés. Comme d’habitude, l’équipe fut suivie jusqu’au bout par une météo contrariante. En plus d’être continuellement gris et sombre, le ciel de Maui arrosait parfois toute la compagnie d’une pluie abondante. Malgré cela, le contour déchiré de la côte qu’avait choisi Gore Verbinski et les lourds nuages formaient un décor parfait pour la scène.

Les membres de l’équipe assis à gauche du petit avion qui volait de Maui à Molokai furent émerveillés devant le spectacle des plus hautes falaises du monde et purent apercevoir le campement face à la mer de Kalaupapa, une ancienne léproserie. Les deux jours passés à Molokai alternèrent nuages et grand soleil. La plage de rochers noirs cernée de requins où devait avoir lieu le tournage se trouvait à plus d’un kilomètre et demi de la route praticable la plus proche. L’accès en était si difficile, qu’il fallut louer les services du pilote d’hélicoptère David Paris. Deux fois par jour, matin et soir, il faisait plusieurs allers et retours pour transporter l’équipement le plus lourd du camp de base jusqu'à la plage.

Jerry Bruckheimer raconte : « Gore Verbinski est toujours à la recherche d’environnements originaux et ne choisit jamais les solutions les plus faciles. Il cherche ce qui est le plus spectaculaire, ce que personne n’a jamais vu auparavant. En venant à Molokai, il voulait trouver un endroit où tourner serait presque impossible en raison de la difficulté à faire parvenir tout le matériel nécessaire. »

Comme toujours avec Gore Verbinski, rien ne put interrompre la 272e journée de tournage combinée du second et troisième volet qui se déroula le 10 janvier 2007. La fin du tournage fut célébrée par la population locale de Molokai au cours d’une fête traditionnelle, avec colliers de fleurs et danses. Après 300 jours de tournage acharné dans des conditions parfois difficiles, cette célébration fut accueillie comme un véritable cadeau par les membres de l’équipe.

Pour Gore Verbinski et Jerry Bruckheimer, la fin du tournage en janvier 2007 n’était que le début de quatre mois et demi de travail intensif de postproduction, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, avec les monteurs Craig Wood et Stephen Rivkin, les responsables des effets visuels John Knoll et Charlie Gibson, et l’équipe de montage son de Christopher Boyes, George Watters II et Paul Massey, et quelques autres techniciens.

La musique du film est signée Hans Zimmer. Jerry Bruckheimer commente : « Hans Zimmer est un de ces artistes qui savent toujours trouver de nouvelles voies. C’est un compositeur plein de talent, ses mélodies sont absolument merveilleuses. On peut entendre le thème de Pirates Des Caraibes partout dans le monde aujourd’hui.

Pour Jusqu’au Bout Du Monde, il y a ajouté plusieurs nouvelles mélodies, et un thème romantique complètement inédit. C’est très impressionnant de le voir en pleine session d’enregistrement, lorsqu’il dirige 80 musiciens et s’adresse a chacun d’eux pour leur expliquer quelles tonalités, quels rythmes et sentiments il recherche dans chaque note. »

Jerry Bruckheimer plaisante : « Gore Verbinski travaillait sur ces deux films depuis si longtemps sans prendre de vacances que je me demande si à la fin, il se souvenait encore du prénom de ses enfants ! C’est un perfectionniste, un passionné, il s’investit dans les moindres aspects du film. C’est le genre de réalisateur avec qui tout le monde voudrait travailler. »

Deux ans est une longue période dans une vie, et pour toute l’équipe cela a représenté 284 interminables journées de tournage sur Le Secret Du Coffre Maudit et Jusqu’au Bout Du Monde. La fin de cette grande aventure fut pour tous un moment très émouvant. Le producteur exécutif Eric Mcleod confie : « Je suis fier de cette aventure. Ce fut un moment important de nos vies et je crois qu’avec le recul, tous ceux qui ont participé comprendront que leurs sacrifices n’ont pas été vains, car faire deux films comme ceux-là dépassait largement le cadre d’un simple travail. Ce fut une grande équipe et nous aurons très longtemps tout un tas d’histoires à raconter sur ce que fut le tournage. Pour survivre à ces deux longues années, il a fallu apprendre à vivre ensemble et à s’adapter continuellement à tous les changements. 4000 personnes ont travaillé sur les deux films. »

Johnny Depp commente : « Je ne sais pas comment Gore Verbinski peut encore tenir debout après tout le travail qu’il a fourni. C’est stupéfiant de voir tout ce qui a pu sortir de son cerveau. Pour les acteurs, il était quasiment possible de ne pas lire le script et de se contenter de ses indications. Jamais je ne l’ai vu se tromper en dirigeant un acteur. Il sait exactement comment tout mettre en place. C’est un vrai magicien. C’est complètement ahurissant de voir tout ce dont il est capable. »

Bill Nighy ajoute : « De tous les réalisateurs avec qui j’ai travaillé, Gore Verbinski est sans conteste le meilleur. Tous les acteurs du film vous diront la même chose. Rien n’est impossible pour lui en terme d’authenticité et de performance. Il a aussi pleinement conscience qu’au-delà de tous les effets spéciaux, paysages et bateaux, aussi merveilleux soient-ils, le plus important reste la communication entre les gens. Non seulement il est toujours capable de remarquer ce qui ne va pas, mais en plus il est aussi capable de vous venir en aide. Tout ce que je pourrais dire sur lui ne suffirait pas à décrire toutes ses qualités. »

Le producteur exécutif Chad Oman raconte : « Gore Verbinski se lève tous les jours comme si c’était le premier jour de tournage. Même au bout de 100 ou 200 jours, il garde le même enthousiasme et la même énergie. Sur le plateau, il court dans tous les sens comme un enfant, encourage tout le monde et essaye de tirer le meilleur de son équipe et des acteurs. C’est peut-être la personne la plus intelligente que j’aie jamais rencontrée. Il possède aussi une grande sensibilité artistique. Ted Elliott et Terry Rossio ont posé les premières pierres de cette histoire et Gore Verbinski a utilisé toute son intelligence et son originalité pour la développer. »

Johnny Depp enchaîne : « Jerry Bruckheimer est notre Grand Protecteur. Il éloigne les mauvais esprits ! Si quelqu’un a pris de gros risques dès le départ, c’est bien lui, car produire un tel film était un pari osé. Pour un acteur c’est facile, vous venez, vous faites votre numéro, et que ça marche ou pas vous passez au film suivant. Mais pour lui, c’était une tout autre histoire. Il a misé très gros sur Pirates Des Caraibes. »

Orlando Bloom ajoute : « C’est amusant, car Jerry Bruckheimer est un géant de l’industrie du cinéma mais c’est aussi un ami, un type vraiment sympa avec une expérience d’une richesse folle, et surtout un homme qui aime plus que tout la vie et son métier. »

Lee Arenberg ajoute : « Jerry Bruckheimer est le dernier véritable producteur/narrateur d’Hollywood, dans le sens où il permet à ses réalisateurs de développer des histoires personnelles et originales. Il connaît parfaitement son métier, il a en main toutes les cartes du succès et sait exactement quand et comment les utiliser. »

Eric Mcleod raconte : « Ce qu’il y a de bien avec Jerry Bruckheimer, c’est que c’est un homme très calme. Un film comme celui-ci est une véritable tempête. Mais rien ne l’affole, au milieu de l’agitation qui régnait sur le plateau, c’était toujours lui le plus posé. Il est aussi très accessible, toujours disponible. Il fait des films de cette ampleur depuis probablement plus longtemps que n’importe qui dans toute l’histoire du cinéma et possède une expérience immense. »

Le producteur exécutif Mike Stenson ajoute : « Jerry Bruckheimer est comme un grand entraîneur. Il est capable de rassembler la meilleure équipe, d’encourager tout le monde à donner le meilleur, et de lancer la partie. Il s’implique personnellement bien plus que tous les autres producteurs. Et quand on voit son œuvre depuis 25 ans, c’est une chose à laquelle on ne peut être insensible. »

Jerry Bruckheimer conclut : « Il s’agit avant tout de revenir à ce qui a toujours donné envie aux spectateurs d’aller au cinéma. Les choses ont beaucoup évolué depuis l’époque où le public regardait les trucages des frères Méliès vers 1900 avec des yeux émerveillés, hurlait de rire devant Charlie Chaplin et Buster Keaton, ou s’extasiait devant les exploits de Douglas Fairbanks et Errol Flynn. Le plus gros défi de Jusqu’au Bout Du Monde était de réussir à divertir le public et de s’assurer qu’il passe un bon moment. Il y a beaucoup de batailles, de personnages, de romance et d’humour, autant d’éléments qui sont à l’origine de notre envie de faire des films et qui attirent le public au cinéma depuis un siècle. Nous voulons que les spectateurs partent avec les personnages qu’ils adorent vers des contrées inconnues, et qu’à la fin, ils sortent de la salle plus heureux que jamais. »

Notes de production 1/4

Après avoir propulsé Pirates Des Caraïbes, Le Secret Du Coffre Maudit en troisième place des films les plus rentables de l’histoire du cinéma avec un milliard de dollars de recette à travers le monde, Jerry Bruckheimer et Gore Verbinski étaient bien décidés à aller encore plus loin. Jerry Bruckheimer confie : « Un tel succès est finalement assez effrayant. On ne réalise jamais vraiment. Lorsque nous avions initié le projet, personne ne pouvait prévoir qu’un film de pirates inspiré par une attraction allait rencontrer un tel écho dans le public. Pour le second film, c’était tout aussi surprenant car dans le métier, tout le monde sait qu’une suite fait toujours 20 à 30% de moins que le premier film. Mais non, Pirates Des Caraïbes, Le Secret Du Coffre Maudit a fait presque le double de Pirates Des Caraïbes, La Malédiction Du Black Pearl. »

Notes de production 2/4

Poursuivre la grande aventure

Les premières scènes du film ont été tournées le 6 avril 2005 dans le décor de l’Ile de la Tortue, construit par le chef décorateur Rick Heinrichs dans la baie Wallilabou de l’île Saint Vincent, aux Antilles. Cette île a accueilli le tournage des trois films. Ironiquement, la première séquence tournée était une des scènes finales du film. Le second et le troisième volet de la trilogie Pirates Des Caraibes ayant été tournés en même temps, des scènes du Secret Du Coffre Maudit étaient au même moment encore en plein tournage. La réalisation simultanée de ces deux énormes films n’a pas intimidé outre mesure Jerry Bruckheimer, Gore Verbinski et leur équipe de production et d’acteurs.

Notes de production 3/4

Des marins dans l’Utah, et retour en Californie

L’équipe n’était pas au bout de ses voyages. Le tournage de Jusqu’au Bout Du Monde a repris le 3 août 2006 dans le désert de sel de Bonneville Salt Flats, dans l’Utah. Durant les deux journées de tournage, l’équipe a subi une température de 45°C. L’endroit était parfait pour la scène où, enfermé dans l’Antre de Davy Jones, le capitaine Jack Sparrow commence à perdre la tête.