Notes de Prod. : Plan B

Plan B : Note d'intention du réalisateur

Spectateur, j’ai souvent remarqué le manque d’originalité des comédies romantiques qui ont comme « ingrédient » principal l’humour des situations vécues par les personnages. Réalisateur, j’ai cherché à innover tout en gardant l’ironie du genre. En effet, Plan B, est l’histoire d’un homme, Bruno, qui décide d’en séduire un autre pour récupérer son ex-copine. Rions donc maintenant de cet improbable plan.
Au-delà de cette première nouveauté, j’ai également cherché à dérouter le spectateur. En effet, alors qu’il regarde une comédie, confortablement installé, le pop-corn à portée de main, il plonge progressivement dans une histoire dramatique s’éloignant de la comédie pour raconter ce qu’il en coûte de jouer avec les sentiments.

Aujourd'hui, personne ne sait ce qu’est l’amour. Et avec la pression sociale que nous connaissons, c’est encore plus dur d’aimer quand l’objet de son affection se trouve être une personne du même sexe.
Finalement, Bruno tombe dans son propre piège. Son plan, qui n’était au départ qu’une blague, déraille, l’emmenant à découvrir la partie la plus sombre et la plus inexplorée de son cœur.

Je voulais filmer une histoire d’amour à laquelle je puisse m’identifier. Montrer un amour qui se moque du sexe, de l’âge ou du physique. C’est pourquoi le film raconte l’histoire de deux personnes qui, confrontées à un monde masculin, dur et brut, ne baissent pas les bras et s’ouvrent à la possibilité d’un amour transgenres.

Avec ce film, je voulais me concentrer sur l’intimité des personnages, faire que le spectateur remarque des détails, presque imperceptibles, mais qui finissent par donner l’impression d’une histoire d’amour naissante. Un échange de regard, un geste bien placé créent un langage que seules deux personnes peuvent comprendre, un monde à eux.

En parallèle, les personnages vivent aussi « une seconde enfance », le début d’une amitié comme celle que l’on vit uniquement à 12 ans. Une amitié perdue dans la dure réalité qui nous fait grandir. Les regards innocents, les moments d’intimité dans lesquels nous les découvrons à moitié nus, ne sont pas là par voyeurisme. Au contraire cela rappelle la sieste d’un enfant un après midi d’été. Cette relation pseudo-enfantine ne présente pas une vision naïve du monde mais plutôt une tentative de revenir aux sources, d’amorcer un nouveau départ.

Au premier regard, Plan B est une comédie un peu dingue, avec des mensonges et différents points de vues sur l’amour. Mais en y prêtant plus attention, le film tente de refléter nos règles sociales et la façon dont on les considère comme des vérités universelles.

Au travers de Pablo et Bruno nous pouvons réfléchir sur notre propre idée de la liberté et du désir, alors que les contraintes sociales nous éloignent continuellement de ce que voudrions vraiment. Le film présente un Plan B, une « seconde chance » pour développer ses propres désirs plutôt que de les refouler.