Interview d’Amos Gitaï
Avec Plus Tard, vous apportez une nouvelle touche à une œuvre traversée par la question de la mémoire, de l’identité, du territoire...
À 17 ans, je suis venu passer quelque temps à Paris. Je me souviens d’un dîner avec un historien français qui s’était lancé dans la défense du Maréchal Pétain, expliquant qu’il avait agi en vrai patriote car il était absolument impossible de s’opposer directement aux Allemands sans risquer la destruction du pays entier. Selon lui, la décision de collaborer de Pétain avait été un choix intelligent et efficace. J’ai été évidemment choqué, mais son point de vue m’a ouvert les yeux. Le destin des juifs n’avait aucune place dans son raisonnement. Il considérait la situation du point de vue de la France et des Français, faisant complètement abstraction des juifs français. Au cours des années, le gouvernement français et les Français ont changé d’attitude concernant le passé et les crimes du régime de Vichy. Ces questions restent problématiques et le pays est toujours hanté par ses fantômes.