Notes de Prod. : Poids léger

    en DVD le 28 Avril 2005

Entretien avec Nicolas Duvauchelle

SON SENTIMENT SUR L’HISTOIRE

J’ai d’abord lu le scénario de Jean-pierre Améris, qui m’a tout de suite plu. J’aimais surtout l’intensité physique du personnage, que l’on sentait bien dès l’écriture. Le thème du corps était très présent, rendait l’histoire forte et originale. Le personnage d’Antoine est sans cesse dans le combat, dans la lutte, parce qu’il cherche à se défaire de ce qu’il a vécu. J’ai beaucoup aimé ensuite le roman d’Olivier Adam, avec son style dur et sombre, même s’il y avait moins d’espoir que dans le film…

SA PREPARATION

Je n’ai pas eu trop de mal à rentrer dans la peau d’Antoine car je me sentais assez proche de lui, j’arrivais assez bien à imaginer ce qu’il ressentait. Et puis, concrètement, j’ai travaillé le rôle en me mettant dans les mêmes situations que lui. J’ai suivi un mois d’entraînement en cours particulier avec Saïd, notre coach qui a été vice champion d’Europe. Au départ, je redoutais un peu d’aller m’entraîner avec les autres membres du club, des fanas de boxe qui auraient pu voir d’un mauvais œil un comédien qui débarque, et s’entraîne le temps d’un film. En fait, ils m’ont très bien accepté et ça m’a vraiment aidé. Je suis plutôt timide et si je n’avais pas été à l’aise, je n’aurais pas pu me préparer autant. Heureusement, j’avais pas mal pratiqué les sports de combats. Je savais que la boxe n’est pas quelque chose qu’on fait pour le regard des autres, mais au contraire, c’est un combat contre soi, un besoin de se dépasser. Par la suite, j’ai eu un aperçu du métier d’Antoine en passant quelques jours avec une équipe de pompes funèbres. Nous sommes tombés vraiment à la bonne adresse, avec des gens très coopératifs. J’avais un peu d’appréhension, peur d’être au contact de la mort toute la journée. C’était moins morbide que je l’imaginais, ils travaillent avec une sorte de détachement, même si ça demande beaucoup de délicatesse et d’attention. Ils m’ont montré les gestes, comment capitonner un cercueil, etc. Jean-Pierre aime faire travailler ses comédiens comme cela, et moi j’aime me mettre en situation réelle, le premier devoir d’un acteur, c’est quand même d’être crédible…


SON INTERPRETATION

De manière générale, je n’aie pas beaucoup répéter. J’aime me lancer dans la prise, sans trop préméditer ce que je vais faire. Après Jean-Pierre rectifie, me fait part de ses remarques. C’est un metteur en scène précis, il sait très bien ce qu’il veut mais il laisse aussi le comédien s’exprimer. J’aime que les choses soient spontanées. Quand la caméra tourne, il y a une tension particulière, qu’on ne peut pas obtenir en répétant. C’est aussi pour cela que j’aime bien tourner en vidéo, on peut faire beaucoup de prises, laisser tourner, ce qui offre beaucoup de possibilités pour un comédien. C’était un tournage très intense, on a beaucoup filmé, et la première semaine, nous avons fait toutes les séquences de combats, ça représentait jusqu’à huit heures par jour d’entraînement ! J’avais souvent le souffle court… Mais je crois que Jean-Pierre cherchait à me mettre dans cet état, parfois proche de l’épuisement, et que cela finalement servait bien le personnage.

Entretien avec Jean-Pierre Améris

SES IMPRESSIONS SUR LE ROMAN D’OLIVIER ADAM

J'ai eu un véritable coup de foudre pour ce livre. Il exprimait tout ce que je ressentais confusément : le désir d'échapper à la nostalgie sans y parvenir, une envie de violence et un besoin de tendresse mêlés, le sentiment d'être bousculé dans la vie comme dans les montagnes russes, la recherche d'une famille, la volonté de se lier aux autres tout en faisant tout pour ne pas y arriver.