Notes de Prod. : Portrait de groupe avec enfants et motocyclettes

Témoignages après la vue du film

« En guise dʼintroduction à ce dossier de presse et quant à ma place dans «Portrait de groupe...», jʼai demandé à quelques proches de me donner leur avis sur le film et sur ma personne.
Voici donc quelques textes qui mʼont beaucoup touché et mʼont aidé à mieux me considérer après avoir été si longtemps un homme de lʼombre qui éclaire les autres. »

Pierre-william Glenn


Gilles Jacob

« Cher Pierre-William,
Je viens de regarder votre film, profitant d’un moment de calme.
Il m’a ému et je l’ai aimé.
Vous pouvez vous vanter de m’avoir intéressé à la moto ce qui était rigoureusement impensable. 0 chance sur 100.
Je pense que cela vient de l’extrême délicatesse et la grande sensibilité avec lesquelles vous avez montré ces fanatiques.
En fait votre film ne raconte pas seulement la passion de la moto, il s’agit là bien plutôt d’un état d’esprit.
Il ne s’agit pas seulement de sport ni de vitesse, il s’agit d’une espérance et d’une attitude dans la vie.
Comment sortir de la banalité du quotidien.
Et c’est ce qui est beau, ce qui me plait et qui dépasse de loin le simple documentaire sur un milieu donné.
Dès qu’on a compris cela – assez vite – le film prend son essor et sa vraie dimension.
Je n’insiste pas sur votre virtuosité technique qui est grande, votre sens du montage, votre utilisation de la musique des bolides, la beauté de la lumière aux petites heures, votre attention aux autres qui fait que tous ces personnages nous touchent. A commencer par les enfants, tous ces enfants...
J’ai évidemment été très sensible aux plongées dans le cinéma, surtout américain, que vous faites surgir à des moments qui ajoutent à la poésie toujours à fleur de peau dans le film.
Et même la fin, où j’ai eu un peu peur, car elle est casse-gueule, faute de moyens suffisants et de crédibilité, je trouve que vous la faites passer quand même, entraînée par le reste du film.
Je suis content pour vous que vous ayez su conquérir un réfractaire et vous envoie ma fidèle amitié »

Bertrand Tavernier

« Je n’ai jamais oublié ma première rencontre avec Pierre William Glenn. Il était venu me demander de parrainer son mémoire de fin d’études, Psychanalyse et freudisme dans la série b américaine. Un excellent travail qui dénotait une connaissance approfondie, vivante, un amour du cinéma.
Amour du cinéma qui n’a jamais faibli. Qui nourrissait sa vie, ses conversations, son travail sans que cela devienne des références fétichistes qu’il fallait reproduire ou copier. Il y puisait, nous y puisions une énergie qui nous permettait d’affronter, de résoudre bien des problèmes. Avec cet amour, il franchissait des montagnes, il dynamisait toute l’équipe.
Tout au long des films que nous avons faits ensemble de L'Horloger De Saint-paul en passant par Coup De Torchon et Une Semaine De Vacances (une de ses plus belles photos avec Le Juge), nous discutions passionnément durant et surtout après le tournage des effets de la liste noire sur la carrière de John Berry ou Losey. Des derniers Aldrich, de Truffaut et de Freda, de l’utilisation des longues focales chez Peckimpah. Nous nous empoignions quant aux mérites respectifs de l’auteur de Coups De Feu Dans La Sierra et de Robert Altman.
Une autre des passions de Willy (en plus des mathématiques, du karaté, de la lecture et de la politique), c’était la moto. Et aussi la voiture. J’ai éprouvé de grands moments de frousse, à ses côtés, quand il vrombissait dans les virages tortueux des cols ardechoix durant le Le Juge Et L'Assassin.
Il est intéressant de noter la fascination des cinéastes pour les moyens de locomotion. Pour tout ce qui nous transporte d’un point à un autre. Du cheval filmé par Walsh ou Kurosawa au train cher à Hitchcock, Tourneur, Fleischer en passant par l’avion (Wellman, King), la voiture (Friedkin) et la moto.
Moto qui avait déjà inspiré un beau documentaire à Willy Glenn, le Cheval de Fer.
Fascination donc pour tout ce qui bouge. Pour la vitesse. Pour son ivresse, son utilité, ses dangers
Comme si aller le plus vite possible d’un point à un autre, c’était l’essence même du cinéma. Aller d’un plan à l’autre, d’une scène à l’autre, d’une idée à l’autre en véhiculant avec soi des milliers, des millions de voyageurs. Sans déraper, sans chuter, sans s’égarer. Comme si la notion de temps, de trajet, de destination était au cœur de la mise en scène. Au cœur du cinéma.
Je pensais à tout cela après avoir vu le film de Pierre William Glenn. Qui parle de tout cela. Avec pudeur et délicatesse. Et cela me faisait chaud au cœur.
Il n’avait pas changé. »

Bertrand Tavernier mʼa tout appris sur Delmer Daves, et Budd Boettichier au Nickelodéon, au début des années soixante. Notre amitié sʼest renforcée au fil des films et des voyages à Lyon, à lʼInstitut Lumière fondé par un autre proche Bernard Chardere.


« Il faudrait remettre en perspective organisée les quatre premiers longs-métrages réalisés par Pierre-Willam Glenn : Le Cheval de Fer, Les Enragés, Terminus, 23 heures 58. Déjà il y est question de motos et de compétition (pour le Cheval de Fer)... Déjà il y est question d'amour inconditionnel du cinématographe.

C'est à travers le cinéma, justement, et l'admiration affichée pour les westerns d'Antony Mann que j'ai, pour la première fois, rencontré Willie Glenn. Nous étions en 1967. Nous avions eu Henri Agel pour mentor perspicace et attentionné. L'idée d'un court sujet sur la boxe nous a davantage rapprochés (Alain Riou faisait partie du voyage). La fréquentation professionnelle de quelques plateaux (entre autres celui de Monsieur Klein, de Joseph Losey, ou Willie, exceptionnellement, cadrait pour le britannique Gerry Fisher) a cimenté une affection réciproque.

Si nous n'avons pas la mémoire trop courte (ou celle qui "flanche"), on se souviendra de ce que François Truffaut, Alain Corneau, Claude Miller, Bertrand Tavernier et moi-même devons à Pierre William, chef-opérateur. La Nuit Américaine et L'Argent De Poche, c'était lui... La Menace, Le Choix Des Armes et le tournage à deux caméras simultanées de Série Noire, c'était lui aussi... Tous les premiers films de Claude Miller, et le travail préparatoire sur Garde à Vue, c'était encore lui... L'Horloger De Saint-paul, Que La Fête Commence, et le splendide CinémaScope du Juge Et L'Assassin, c'était toujours lui... Le Paris nocturne, tout à la fois lumineux, féerique et menaçant, de Tir Groupé et Ronde De Nuit, c'est à lui que je le dois.
Pour Tir groupé - 83 lieux de décors naturels en 30 petits jours de shooting - Claude Sautet, alarmiste, m'avait mis en garde : "Mon coco... c'est totalement infaisable !! ". Bien évidemment, non... puisque Willie a gagné le pari. Que puis-je ajouter ? Alain Sarde, producteur, me refuse un plan de grue sur les Champs-Elysées...
Pas d'argent ! Willie, débrouillard et jamais battu, grimpe en déséquilibre dans une benne brinquebalante de chez EDF... et me gratifie dudit plan ! Pour nous tous, ses débiteurs, les exemples de l'imagination technique et de la vitalité acrobatique de Willie Glenn se déclinent à profusion.

Portait de Groupe avec Enfants et avec Motocyclettes, qu'il propose aujourd'hui, témoigne, à mon sens, d'une ambition, d'une rigueur, d'une honnêteté intactes et exemplaires. Car enfin, tout est là, cueilli au plus juste et au plus près... il suffit de regarder : la sincérité "vraie" des adultes... les remarques et les rires spontanés des enfants... la filiation avouée autant qu'assumée avec les maîtres d'hier (n'est-ce pas Jeremy Fox et John Mohune ?!)... et les visages crépusculaires, à jamais présents, de quelques sublimes disparus (Burt Lancaster, Stewart Granger, John Garfield, Jean Gabin).

Pour paraphraser l'extrait choisi de Moonfleet, en vérité, mon cher Willie, passer une partie de son existence à tes côtés à constitué un exercice véritablement "profitable" ! Je t'embrasse. »

Pierre Rissient

LOYAUTE + FRANCHISE = PWG (Pierre William Glenn)
Loyauté, le premier mot qui vient à l’esprit pour parler de Willie, P.W.G.
Loyauté envers son métier.
Loyauté envers sa profession.
Loyauté envers ses idées, ses convictions, ses croyances même.
Loyauté envers ses collègues et collaborateurs.
Loyauté envers ses amis, la liste est quasi identique et longue.
Longue de toutes ces années où, sans doute ce n’est pas assez dit, il a à fond, « à fond » ça colle si bien à Willie, contribué à l’œuvre de tant de nouveaux metteurs en scène qui peut-être ne se seraient pas formellement épanouis aussi vite.
Aussi : Franchise de ses propos qui tranchent avec toutes ces langues de bois qui nous assourdissent, nous faisant oublier la vérité d’une belle colère.
Franchise qui est le ton de son travail de chef opérateur, cadreur, metteur en scène et fait la valeur de son travail.
Loyauté et franchise, des valeurs du passé, presque perdues aujourd’hui, et que l’on est heureux de voir célébrées aujourd’hui par le Festival de Cannes à l’occasion de l’autre grand amour de Willie avec le cinéma : la moto.»

Claude Lelouch

« Une fois de plus, ton talent est au rendez-vous et ce film te ressemble comme jamais. »

Près de deux ans de travail et de bonheur avec Claude Lelouch, grand amoureux de la caméra et des acteurs devant lʼéternel.
Jʼai pu faire des films à gros budget grâce à José Giovanni, immense scénariste.
Je lui dois beaucoup.
Il manque, entre autres, Yannick BELLON, Jacques RIVETTE dans les portraits des grands réalisateurs, avec lesquels jʼai eu le bonheur de travailler mais Jacques BRAL personnifie pour moi lʼAuteur Réalisateur Producteurs indépendant.

Henri Béhar

« Lui et moi (et d’autres), on vénère et se dispute Widmark, Fuller, Mitchum, Lancaster et Ava Gardner. Il m’a aussi appris à comprendre et à aimer les Triumph, les ‘‘Bandit’’ et les Norton. Presque avec le même regard (d’enfant) et presque pour les mêmes raisons. »

Sans Henri, le Festival de Cannes ne serait pas ce quʼil est. Un homme de lʼombre comme un Chef Opérateur de talent qui éclaire les autres, dʼune immense modestie et dʼun immense talent. Comme me lʼa enseigné un professeur en mathématiques spéciales, le produit de la prétention par le savoir fait une constante. Ça laisse un infini de savoir à Henri Béhar.
Henri a oublié les Indian dans la liste des motos que jʼaime, mais il aime «Willie Boy» autant que moi, et il est plein de souvenirs...

L'origine du projet

Intentions du réalisateur

Du film de Patrick Grandperret, sur la coupe Kawasaki au début des années 70, au « Cheval de Fer » tourné pendant toute la saison de courses du championnat du monde en 1974, de « 23 heures 58 » en 1992 à la réédition du DVD du « Cheval» en 2004 après un filmage de 6 mois pour un bonus « souvenir », la motocyclette a été intimement liée à ma vie professionnelle et... personnelle puisque je pratique ce curieux engin depuis 50 ans et que je ne possède toujours pas de voiture.

Synospis long

Un soleil d’hiver sur un circuit encaissé dans de hautes parois de terre rouge. Je me souviens... Le bruit de moteurs 2 temps et d'un moteur 4 temps résonnent dans la vallée.

Dangereusement, des motos penchent dans les virages, les genoux des pilotes crissent sur le sol, leurs regards se portent loin dans la courbe. En 2008, une petite moto de course pilotée par un enfant prend les mêmes trajectoires que Phil Read, champion du monde en 1975. Je me souviens et j'ai 2 intuitions :
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 4 entrées
  • 1er jour IDF : 36 entrées
  • 1ère semaine IDF : 114 entrées
  • Cumul IDF : 114 entrées