Synospis long Un soleil d’hiver sur un circuit encaissé dans de hautes parois de terre rouge. Je me souviens... Le bruit de moteurs 2 temps et d'un moteur 4 temps résonnent dans la vallée.
Dangereusement, des motos penchent dans les virages, les genoux des pilotes crissent sur le sol, leurs regards se portent loin dans la courbe. En 2008, une petite moto de course pilotée par un enfant prend les mêmes trajectoires que Phil Read, champion du monde en 1975. Je me souviens et j'ai 2 intuitions :
Je vais rencontrer des jeunes filles pilotes qui vont briser le tabou de l'incompatibilité présumée de la féminité et des sports mécaniques.
Je vais passer une année avec des enfants dans une école d'apprentissage à la moto de course et je vais en apprendre un peu plus sur moi-même.
Pierre GUYONNET, enseignant à l'Ecole de Pilotage, donne la règle du jeu pour l'année à l'ACADEMY.
Un drapeau rouge s’agite. Les coureurs passent la ligne d’arrivée à l’issue d’une longue droite. Un à un sur le paddock, ils relèvent leurs visières, enlèvent leurs casques. Se révèlent des visages d’enfants. Le plus jeune, HUGO, a huit ans. Le plus âgé, ALLAN, a 14 ans.
Des voitures et des camping-cars, partis dans la nuit des quatre coins de France, se
retrouvent sur un parking du Pôle Mécanique d'Alès autour d’une grande tente. Des pères fatigués par la route et leurs fils excités par le week-end qui s’annonce, comme peuvent l’être des enfants de 8 à 14 ans, seront accueillis par Nicolas DUSSAUGE, ancien champion désormais éducateur d’une nouvelle génération de futurs compétiteurs.. Certains enfants découvriront les lieux, ils seront attentifs, presque inquiets, d’autres reviendront pour la troisième fois et se serreront la main d’un air entendu, petits vétérans d’une dizaine d’années...
Tous, père, fils, staff technique, vont être réunis par une passion commune pour la moto de course. Quelques mères sont là aussi. C’est une petite communauté qui se retrouvera une douzaine de fois au cours des six mois à venir autour des enfants. Eux sont là pour répéter inlassablement les mêmes gestes, développer leurs réflexes, aiguiser leur concentration sur des minibike Honda 50cc, modèle réduit de moto de course, dont le compteur va jusqu’à 100km/h, mis à disposition par la Fédération Française de Moto. Ils sont là parce qu’ils veulent devenir champions « comme Valentino ROSSI », qui à 17 ans, remportait son premier grand titre. 17 ans ? À peine quelques années de plus....
Sous la grande tente, premier briefing. Chaque enfant est parrainé par un pilote en activité qu’il rencontrera au Grand Prix de France au Mans, au cours d’une course de démonstration. D’ici là, il va falloir suivre tout un programme d’exercices avec discipline et attention. Les sports mécaniques demandent de la rigueur et les faux-pas se payent immédiatement.
Enfin, ils reçoivent leurs combinaisons, bottes, protections, et casque, ajustés à leurs mesures, siglé des sponsors de la formation. Leurs pères et leurs mères les aident à les enfiler, avec une certaine tendresse. Il est évident dans ce moment, qu’ils transmettent des gestes qu’ils ont eux-mêmes parfois déjà faits, qu’ils sont déjà tombés de multiples fois à moto, et qu’ils savent que la passion qu’ils ont communiqué à leur progéniture n’est pas sans risques... Une fois leur costume enfilé, les enfants prennent de l’assurance, miment les attitudes vues et revues mille fois au cours des retransmissions de GP. Les plus petits peinent à marcher droit. Leurs combinaisons neuves et raides les empêchent de gesticuler.
Leurs bottes sont lourdes. Cahin-caha, ils avancent vers le circuit.
À un âge où l’on joue au loup, où l’on parfait l’apprentissage de la lecture, ils vont faire l’expérience de la vitesse. Le présent film, parlant d’enfants issus de différents milieux sociaux, ayant chacun une relation et un niveau d’expérience particulier à la moto, est le récit de cette initiation.
Sous le chapiteau, l’équipe pédagogique se présente et détaille le programme de
l’année. Le regard des enfants se tourne vers une moto de compétition rouge et noire : la DUCATI, championne du monde des G.P.
Ils en oublient d’écouter leurs instructeurs. L’un d’eux insiste sur un point capital : La moto est un sport homologué qui se pratique sur des circuits sécurisés, avec du matériel de qualité. Les parents sont attentifs. Nous nous éloignons de l’époque où « moto » rimait avec danger et prise de risques inconsidérés.
Pour la somme de 3000 euros, ils vivent leur passion et suivent des cours théoriques et pratiques. La somme est modique... Mais, toutes proportions gardées, l’apprentissage de la moto demeure onéreux pour certains parents qui doivent faire des sacrifices. Personne ne se plaint, les enfants sont conscients de leurs responsabilités et s’inquiètent de ne pas endommager la moto qui leur sera allouée. S’ils chutent, le tarif unique de 50 euros fixé pour la réparation est une bonne manière, aux yeux de la FFM, de responsabiliser l’élève vis-à-vis de son matériel.
Parmi le groupe se détachent des silhouettes, des caractères. Se lisent des ambitions et des rêves. Mais une question se pose : après quoi courent-ils ? La vitesse, la sensation, la victoire ? Les familles GOURIN, MONAMY et DANILO, répondent différemment à la question : Thibaud trouve un équilibre psychologique énorme dans la course motocycliste, le plus jeune : HUGO, 8 ans, « 22 kg, 127 centimètres » comme l’indique sa fiche signalétique, pointure 34 en est à son premier stage. Il connaît le nom des grands pilotes mais ne sait pas où il habite. Les frères DANILO volent sur les plages du Crotoy, au risque de retomber brutalement. SIMON lit une revue où l'on parle de peur et de danger. Est-ce que la leçon de l'année passée sera aussi profitable que l'aventure de John WHITELEY aux côtés de Stewart GRANGER dans "Moonfleet" de Fritz LANG ?
Au-milieu de tous les garçons, une fille. LUCINE, « 29 kg, 135 centimètres, pointure 35 ». La coupe au carré, blonde à lunettes. Sûre d’elle-même et de sa passion. Son objectif : égaler les "garçons" et « devenir championne de moto comme VALENTINO ». Elle reste souvent seule, à l’écart. Ses parents ne veulent pas s’opposer à sa passion. Témoignages après la vue du film« En guise dʼintroduction à ce dossier de presse et quant à ma place dans «Portrait de groupe...», jʼai demandé à quelques proches de me donner leur avis sur le film et sur ma personne.
Voici donc quelques textes qui mʼont beaucoup touché et mʼont aidé à mieux me considérer après avoir été si longtemps un homme de lʼombre qui éclaire les autres. » L'origine du projetIntentions du réalisateur
Du film de Patrick Grandperret, sur la coupe Kawasaki au début des années 70, au « Cheval de Fer » tourné pendant toute la saison de courses du championnat du monde en 1974, de « 23 heures 58 » en 1992 à la réédition du DVD du « Cheval» en 2004 après un filmage de 6 mois pour un bonus « souvenir », la motocyclette a été intimement liée à ma vie professionnelle et... personnelle puisque je pratique ce curieux engin depuis 50 ans et que je ne possède toujours pas de voiture. |
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