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Notes de Prod. : Premonitions

    en DVD le 10 Avril 2008

Notes de Production

Un temps pour aimer et un temps pour mourir ?

En recevant la première mouture de Prémonitions, découvrit d’emblée “tous les ingrédients d’un grand film à rebondissements”. Le PDG de Hyde Park Entertainment n’y vit pas seulement “une occasion rare d’associer drame personnel, suspense et paradoxe temporel, mais aussi d’impliquer le spectateur sans recourir aux procédés classiques du thriller. Les films qui nous tiennent réellement en haleine n’ont nul besoin de violences oud’effusions de sang. Les plus prenants sont ceux qui s’appuient sur un ressort psychologique fort.”

Prémonitions part d’une idée simple : une femme, Linda,apprend qu’elle a perdu dans un accident de voiture l’être qui lui est le plus cher... et découvre quelques heures plus tard qu’il n’en est rien. Était-ce un simple cauchemar, ou l’annonce d’une tragédie imminente ?

L’expérience se répétant, Linda est entraînée dans un véritable maelström temporel. Elle voit les journées s’enchaîner dans le plus grand désordre, les limites du présent et de l’avenir se brouiller, les“morts” succéder aux “résurrections”, et vice versa. Ballottée entre des émotions extrêmes, Linda croit avoir perdu tous ses repères, avant de comprendre que l’occasion lui est offerte de corriger certaines erreurs passées. “Dans sa vie antérieure,chaque jour ressemblait au précédent”, explique le scénariste . “L’incertitude ayant pris le pas sur la routine, Linda découvre du même coup le prix de chaque instant et la nécessité de tout mettre en œuvre pour prévenir la mort de son mari.”

Une nouvelle vision

“Je voulais un réalisateur qui aborde ce sujet sous un angle original et en fasse plus qu’un thriller”, souligne Amritraj. Pour transcender les limites et conventions d’un film de genre, il fallait à la fois un bon directeur d’acteurs et un réalisateur sachant évoluer aux frontières du réel, de l’onirisme et du fantastique. Les producteurs rencontrèrent plus de 35 metteurs ens cène avant de choisir l’Allemand , réalisateur du thriller Soundless : “Ce film onirique et inventif nous a profondément impressionnés. Il correspondait au look et à l’ambiance que nous souhaitions pour Prémonitions. ” Yapo, de son côté, était impatient de s’attaquer à ce projet dont “la structure non linéaire constituait un passionnant challenge technique et artistique”.

: “Prémonitions est un film qui génère l’angoisse, par son sujet, par ses ambiances et par certaines touches qui rendent inquiétantes des situations ordinaires. J’ai aimé ce script dès les premières pages.

Personnages et casting

L’histoire, labyrinthique, fonctionnerait d’autant mieux que le spectateur s’identifierait sans réserve au personnage et aux expériences de Linda Hanson. Ce qui supposait une comédienne dotée d’un fort pouvoir d’empathie et d’un large registre émotionnel. “ est l’actrice la plus convaincante que je connaisse”, déclare Yapo. “Je pense qu’elle était la seule à pouvoir incarner ce personnage et nous y faire croire à ce point.”

“Sandra a toujours été mon premier choix”, ajoute Amritraj. “C’est une comédienne surdouée qui a joué des rôles très différents. Ce film, qui tient à la fois du thriller et du drame, lui appartient de la première à la dernière scène. Sandra y livre une interprétation subtile et intense, avec cette qualité qui lui est propre ; être à la fois une femme ordinaire et d’une remarquable beauté.”

“Linda a vécu durant quelques années le Rêve américain : une maison, deux gosses, un mari aimant... Puis sont arrivés les ennuis : les traites à payer, la pesanteur du train-train, le sentiment d’une distance croissante avec son compagnon. C’est là que l’histoire commence, et que s’enchaînent des événements troublants qui vont lui donner une chance de remonter le temps et de tout remettre en ordre. Saura-t-elle la saisir ?”

: “Sandra n’est pas seulement une femme charmante et une grande artiste... elle parle l’allemand ! Cette belle actrice, si appréciée pour ses talents comiques, a aussi dans le regard le soupçon de mélancolie que nous voulions retrouver chez Linda.”

À l’issue de sa première rencontre avec Yapo, savait qu’elle retrouverait à l’écran tous les éléments qu’elle aimait dans le scénario : “Nous avons trouvé en lui un merveilleux peintre, capable de donner à cette histoire une tournure originale et surprenante.” Jim Hanson est le parfait contrepoint de Linda. C’est un père et un mari modèle, confronté à quantité d’obligations, mais qui conserve jusqu’au bout un solide sens pratique.

“Fan de “Nip/Tuck”, j’étais heureux d’avoir pour ce rôle car il m’apparaît comme l’un des acteurs les plus intéressants de sa tranche d’âge. Il est capable de tenir n’importe quel emploi et est toujours très convaincant.”

McMahon fut immédiatement séduit par l’habileté du script : “J’ai d’abord été fasciné par l’évolution des personnages au fil de ce voyage dans le temps. Je me suis ensuite intéressé à l’aspect psychologique et c’est après plusieurs lectures que j’ai pleinement ressenti l’impact émotionnel dévastateur de ce thriller.
“Je n’avais jamais joué ce type de personnage, plus proche de l’Américain moyen, qui vit sa petite vie alors que sa femme traverse une expérience hors du commun. Le projet avait tant à m’offrir : un personnage et un scénario passionnants, un brillant réalisateur et, bien sûr, Sandra, que j’admire de loin depuis longtemps, et en qui j’ai trouvé une femme rayonnante, pleine d’humour et une merveilleuse actrice - bref, la que nous aimons tous.”

Le rôle d’Annie, la meilleure amie de Linda, est tenu par et celui de sa mère, Joanne, par . Long apprécia la densité du script et ses retournements de situations qui exigent du spectateur une vigilance particulière. “Nous sommes tous intrigués par les phénomènes spirituels auxquels nous n’arrivons pas à trouver une explication rationnelle”, ajoute l’actrice. “Il n’est pas toujours facile de tracer une ligne de démarcation entre ce que nous voyons et ce que nous savons ou croyons savoir, entre ce que nous devons accepter comme réel et ce que nous sommes censés rejeter.”
“Joanne sait que sa fille traverse une période particulièrement difficile, mais elle ignore la nature de ses épreuves”, complète . “Le scénario m’a intéressée par sa complexité et par la finesse de son écriture. On ne sait jamais du premier coup si une scène est au présent ou au futur. C’est très habilement conçu. Un vrai puzzle ! ” Et de conclure : “J’ai admiré tout au long du tournage l’incroyable énergie de Sandra dans ce rôle harassant, sa capacité à se régénérer après des scènes épuisantes sur le plan émotionnel.”

Le tournage

Le tournage aurait dû se dérouler à la Nouvelle-Orléans. Le passage de l’ouragan Katrina obligea les producteurs à le différer de plusieurs mois, mais un appel du gouverneur de Louisiane à Amritraj décida celui-ci à témoigner sa solidarité à une région durement éprouvée : “Nous avons alors établi notre QG à Shreveport, une ville superbe dont les habitants ont fait preuve d’un remarquable esprit de coopération.”

Yapo et ses producteurs étaient décidés à ancrer le film dans la réalité quotidienne.
Le chef décorateur Dennis Washington fut donc chargé de créer l’ambiance d’une petite ville anonyme, typiquement américaine, et légèrement inquiétante.“L’atmosphère joue un rôle-clé dans Prémonitions”, explique Amritraj. “Elle ne devait pas dominer ou écraser les personnages, mais permettre aux spectateurs de partager le vécu de Linda.”

Les changements d’humeur de Linda, ses voyages dans le temps et ses plongées dans l’étrange font l’objet d’un traitement visuel distinct : “Ces scènes sont filmées caméra à la main”, indique Yapo, “alors que le reste du film est cadré et composé de manière classique. Cela accentue la dimension cauchemardesque et vous rend encore plus proche de Linda et de ses tribulations émotionnelles.”