Que ne ferait-on pas pour son meilleur copain ? Le scénario de
Quand Chuck Rencontre Larry a derrière lui une longue histoire. Le réalisateur/producteur
Tom Shadyac et son associé
Michael Bostick, développèrent l’argument original et le scénario il y a une dizaine d’années avec le légendaire scénariste de comédies
Barry Fanaro. Leur société, Shady Acres Entertainment, supervisa plusieurs moutures et rencontra divers acteurs comiques sans arriver à trouver le duo idéal.
Le script parvint finalement à
Adam Sandler et son associé des Productions Happy Madison,
Jack Giarraputo, et trouva sa forme définitive grâce au brillant tandem
Alexander Payne/Jim Taylor (
Sideways).
Sandler réagit favorablement au personnage de Chuck, cavaleur impénitent obligé de devenir adulte en aidant son meilleur copain Larry à se tirer d’une situation délicate. Savourant l’humour du scénario, Sandler souhaita avoir pour partenaire
Kevin James, et décida en outre de produire le film.
James, de son côté, s’identifia sans peine à Larry «ce veuf profondément attaché au bien-être de ses enfants», et apprécia les grands thèmes de
Quand Chuck Rencontre Larry: «l’amitié, la solidarité et l’abnégation sans limites.»
Universal Pictures ayant donné son feu vert, les producteurs sollicitèrent le concours de
Dennis Dugan, un familier de Sandler et Giarraputo, qui a déjà réalisé pour eux
Happy Gilmore,
Big Daddy et
The Benchwarmers.
«C’est le quatrième film que nous faisons ensemble en dix ans», explique Dugan. «Autant dire que nous nous connaissons bien. Lorsque vous travaillez avec Adam, vous découvrez vite que ce n’est pas un acteur qui se fait plaisir en produisant, mais un vrai créateur, qui écrit, produit, développe, travaille au montage, à la musique, etc.»
L’équipe comprend aussi de nombreux collaborateurs plus ou moins réguliers de Sandler, dont le chef opérateur
Dean Semler, la chef costumière
Ellen Lutter, le chef décorateur
Perry Andelin Blake, le chef monteur
Jeff Gourson, qui étaient déjà au générique des deux précédentes productions Happy Madison :
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Le casting : l’élite des comiques de Brooklyn
C’est une
Jessica Biel encore auréolée de son succès dans
L'Illusionniste qu’
Adam Sandler, ses producteurs et
Dennis Dugan choisirent pour incarner Alex, la belle avocate des deux sapeurs-pompiers.
«J’ai été séduite par l’intelligence de cette femme, habile défenseur des droits des gays, qui se bat pour assurer à chacun les mêmes opportunités», explique la comédienne. «Fan d’Adam, j’avais jusqu’ici du mal à percer dans la comédie du fait que les gens m’identifient généralement à d’autres registres.»
Le casting de
Jessica Biel ne posait aucun problème au réalisateur : «Elle est totalement cool, pro, gentille, bien préparée et d’une beauté renversante. Elle n’a eu aucun mal à passer de l’univers dramatique de
L'Illusionniste à l’humour déjanté
Quand Chuck Rencontre Larry.»
Les vaillants sapeurs-pompiers de la Caserne 223 sont interprétés par des familiers de Sandler.
Dan Aykroyd, qui le connaît depuis «Saturday Night Live» l’a eu pour partenaire dans
Coneheads (premier film de Sandler) et, récemment,
Amour Et Amnesie, interprète le capitaine Tucker : «Cet homme vit une situation très embarrassante», explique le légendaire interprète de
Sos Fantomes et
Blues Brothers. «Il a toujours soutenu son équipe, mais voit bien que ces deux gars ont pris une décision risquée qui pourrait avoir des conséquences graves, y compris pour lui-même.»
Les coéquipiers du «couple» sont interprétés par le comique
Gary Valentine (frère dans la vie de
Kevin James),
Jonathan Loughran,
Michael Buscemi (frère de Steve),
Nicholas Turturro,
Jd Donaruma et
Peter Dante.
L’imposant
Ving Rhames tient le rôle de Fred Duncan, un nouveau venu qui dissimule un lourd secret : «J’ai été heureux de participer à un film qui ne se contente pas de faire rire, mais a aussi un côté poignant et un vrai message à faire passer sur l’homme, la société, les stéréotypes et la tolérance.»
Steve Buscemi joue l’inspecteur Clint Fitzer, fonctionnaire tatillon qui ne croit guère au «mariage» des deux robustes sapeurs-pompiers, et se fait une joie de les démasquer.
Plusieurs anciens de SNL et divers amis et stars de la comédie font de brèves apparitions dans le film, tels
Rachel Dratch, Robert Smiger, David Spade, Rob Schneider,
Dave Matthews et
Lance Bass. Les producteurs ont également engagé quantité de vrais sapeurs-pompiers : «On en avait besoin, notamment pour conduire les véhicules qui ne sont guère aisés à manœuvrer, et nous avons jugé utile de nous entourer de pros.»
Dugan, qui fut lui-même comédien, encouragea ses acteurs à improviser. Sandler et James ne s’en privèrent pas, ajoutant de nombreuses plaisanteries de leur cru au texte de Fanaro, Payne et Taylor. «Lorsque vous avez sous la main les meilleurs acteurs, vous seriez vraiment bêtes de vous priver d’une part de leur talent. Ces types sont réellement drôles, et si une réplique fait mouche, qui se soucie de l’auteur ?»
Sapeur et sans reproche : l’entraînement
Durant la préparation, Sandler, James et leurs partenaires s’initièrent avec les sapeurs-pompiers d’El Camino à quelques facettes de ce métier multiforme : techniques de recherche et sauvetage, de lutte contre l’incendie, de maniement des ustensiles et accessoires... Le conseiller technique du film,
Terry Quinn, pompier new-yorkais qui supervise aussi la série
Rescue Me, se rendit à Los Angeles pour préparer les comédiens et leur faire partager le quotidien des hommes du FDNY. Quinn apprit aux «bleus» comment revêtir leur tenue, mettre leur casque, ajuster leur masque à air comprimé, embarquer et descendre rapidement d’un véhicule, monter à l’échelle, se servir du matériel de survie, et bien d’autres techniques indispensables.
Au cours d’un exercice de simulation, Sandler et
Peter Dante furent même autorisés à pénétrer dans une fournaise artificielle et à utiliser leurs extincteurs sous la conduite de Quinn. «Terry nous a inculqué l’approche new-yorkaise, qui consiste à lutter corps à corps avec les flammes, à combattre le feu de l’intérieur, au lieu de le circonscrire de l’extérieur, comme cela se fait dans certaines petites villes», explique Dante. «C’est là qu’on mesure pleinement la dangerosité de cette profession et l’importance vitale de chaque geste.»
Basé sur la côte Est,
Dan Aykroyd se rendit dans un centre d’entraînement de Greenpoint, sur Long Island. «Ils nous ont fait revêtir la tenue réglementaire avec tout le barda : veste et pantalon de cuir, pioche, crochet, corde, lampe torche, walkie-talkie... Ça pèse bien 35 kilos, et il suffit de ce petit préambule pour mesurer l’endurance et le courage de ces hommes.»
Les décors
Une caserne de rêve
La production découvrit la caserne idéale dans Prospect Heights (Brooklyn). Bâtie en 1912, l’Engine 280/Ladder 132 et sa réplique constituent les décors vedettes du film.
«Nous souhaitions que cette caserne fasse partie intégrante de l’histoire, et avons sillonné Brooklyn pendant plusieurs semaines avant de choisir celle-ci», indique Dugan. «Durant cette période, j’ai photographié quantité de bâtiments et me suis entretenu avec maints représentants de cette confrérie adepte d’un réjouissant humour noir. C’était vraiment tordant de les entendre s’envoyer des vannes – même quand il fallait se lever pour cela à 4 heures du matin.» Le chef décorateur/réalisateur 2ème équipe
Perry Andelin Blake apprécia, comme tout un chacun, l’aspect «vécu», voire vétuste, d’un lieu qui a vu passer des générations de sapeurs pompiers : «Nous tenions à préserver cela et à retrouver cette patine dans notre propre décor.»
À Brooklyn, l’équipe utilisa le premier niveau de cette vénérable caserne pour filmer les plans quasi obligés des pompiers enfilant en hâte leurs tenues et glissant le long des perches jusqu’au garage. C’est devant la façade de cette caserne que furent filmées les nombreuses sorties de véhicules. Ces épisodes donnèrent l’occasion au chef opérateur
Dean Semler de capter l’ambiance du quartier et de réaliser de magnifiques vues panoramiques de la ville.
Les autres intérieurs de la caserne furent construits aux Studios Sony Pictures. Ils comprennent : la cuisine, le réfectoire, une salle d’entraînement, les douches et une salle de repos, le tout fidèlement inspiré de la caserne de Brooklyn. «Nous avons veillé à ce que ce soit authentique et baigne dans une ambiance virile et fraternelle. Ce n’est pas très propre, pas très ordonné, mais cela reflète bien le style de vie de ces hommes. Les vrais pompiers de New York ont été bluffés par ce décor et ont vraiment eu l’impression de se retrouver chez eux», indique Blake.
Les domiciles de Chuck et Larry
Les extérieurs de la maison de Larry et de ses enfants, où Chuck va devoir emménager après avoir quitté à regret sa garçonnière, ont été filmés dans une rue de Brooklyn entièrement occupée par des rangées de maisons de briques construites après la Deuxième guerre. Exactement le genre d’habitat «col bleu» où l’on rencontrerait un vrai pompier new-yorkais. L’intérieur de la maison, créé en studio par Blake, porte encore l’empreinte de la femme de Larry, qui rend doublement inconfortable la situation du malheureux Chuck.
L’appartement de ce dernier est le genre de «piège à nanas» qui convient à un cavaleur impénitent aux goûts légèrement kitsch, affectionnant des couleurs et motifs en vogue dans les années 1980-90.
De la rave à la chapelle
Une vieille église de Los Angeles sert de décor au bal costumé organisé par Alex au bénéfice d’AIDS. Nos deux amis découvrent à cette occasion le style flamboyant des fêtes gays et des codes dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence. La chef costumière
Ellen Lutter donna libre cours à sa fantaisie, enrobant
Kevin James d’une pomme géante, déguisant
Jessica Biel en féline et Sandler en vampire.
La chapelle des Deux Cœurs est un endroit fréquenté par des couples pressés tenant à un mariage discret – exactement ce que souhaite Chuck avant sa «lune de miel» à Niagara Falls. La Chapelle des Roses de Pasadena s’avéra le décor idéal pour cette cérémonie qui marque pour Chuck et Larry le début d’une nouvelle vie... et d’une cascade d’ennuis.