Notes de Prod. : Quatre Minutes

    en DVD le 20 Août 2008

Entretien avec Hannah Herzsprung

Comment vous êtes-vous préparée pour le rôle de Jenny ?

Pour commencer,j’ai pris des cours de piano pendant six mois.Je devais m’exercer tous les jours.Pour pouvoir personnifier la violence de Jenny, j’ai suivi un entraînement intensif de kickboxing. Je voulais connaître la sensation d’être plus forte,d’avoir la puissance nécessaire pour donner des coups.
Le réalisateur voulait que j’incarne mon personnage de façon crédible,y compris sur le plan physique.J’ai aussi visité des prisons,rencontré plusieurs détenues et parlé avec elles.
J’ai un souvenir particulièrement vif d’une rencontre avec une femme infanticide. Je suis allée voir la prison de Luckau, dans laquelle nous avons tourné,avant le début du tournage.Le bâtiment était vide pour cause de travaux de réfection et j’ai ainsi pu y passer une demi-journée, avec trois surveillants. Je me suis installée dans une des cellules et j’ai lu ce que les détenues avaient griffonné sur les murs.
Ce qui m’a laissé une impression durable,c’est le fait de regarder à travers les barreaux. On avait vue sur les immeubles d’en face. Des rideaux colorés,des enfants qui riaient. Absurde.

Quatre minutes est votre premier grand rôle au cinéma. Comment s'est passée votre collaboration avec le réalisateur Chris Kraus ?

Dès le casting,j’avais peur de ne pas être à la hauteur des exigences de Chris.Mais comme j’ai été sélectionnée tout de suite, j’étais au moins sûre qu’il me voulait vraiment. Il m’a confié le rôle. C’était très important. Cette confiance m’a beaucoup aidée à véritablement entrer dans la peau du personnage.Lui et moi avons eu de longues conversations,qui ont débouché sur une complicité sans laquelle je n’aurais jamais réussi à remplir les exigences du rôle.

Dans une scène, vous vous élancez de toutes vos forces contre une baie vitrée,au-dessus des toits de Mannheim. Cette scène a-t-elle été tournée par un cascadeur ?

Non.J’ai effectué cette scène moi-même pour répondre au souhait général,y compris le mien.La préparation a été méticuleuse. On a répété le saut avec des cascadeurs pendant trois jours.En plus,j’avais discuté avec une surveillante de prison,qui m’avait raconté l’histoire d’une détenue de mon âge.
La fille avait été hospitalisée à cause de blessures graves. Au début de sa détention, elle se jetait contre les portes et contre les murs. Elle avait tellement d’agressivité en elle qu’elle ne savait pas quoi en faire. Avant son incarcération, elle passait sa colère sur les autres.
En prison,elle l’a dirigée contre elle-même.Je me suis inspirée de cette histoire afin d’emmagasiner la colère nécessaire pour se précipiter contre une vitre.

Jouer le rôle de Jenny a-t-il été difficile ?

Ce rôle m’a demandé beaucoup de travail et d’énergie. Dans la vie,je suis plutôt d’un caractère conciliant.En cas de conflits,je suis du genre à discuter.J’ai du mal à gérer l’agressivité. Il m’a fallu m'approprier le personnage de Jenny,l’étudier de l’intérieur et de l’extérieur.
Je suis allée à la rencontre d’une personne que je n’aimerais pas être dans la vie,mais que j’ai comprise.

Quelles ont été vos relations avec Monica Bleibtreu ?

Grâce à sa longue expérience, Monica m’a énormément aidée. Elle m’a montré comment redevenir rapidement soi-même après des rôles lourds et sombres. Jouer avec elle a été une immense joie et un grand honneur.Elle n’a jamais cherché à se mettre en avant, au contraire.
Chris nous comparait parfois à deux adolescentes qui rigolent bêtement quand on n’était que toutes les deux.

Entretien avec Chris Kaus, réalisateur

Comment est né le projet de Quatre Minutes?

Il y a huit ans,je suis tombé par hasard,dans un quotidien, sur la photo d’une vieille dame de 80 ans, professeur de piano.
Elle était assise au piano,dans une cellule de prison. On la voyait de profil.En général,les visages de profil me font l’effet d'une silhouette : ils sont totalement inexpressifs, éteints,parce qu’il y manque les yeux.Mais cette femme sur la photo avait une réelle présence,une présence solitaire.

Entretien avec Monica Bleibtreu

Traude Krüger, la pianiste, est une femme à la fois très austère et très vulnérable. Avez-vous été séduite par ce personnage ?

Il m’a plu tout de suite.J’ai éprouvé une grande empathie pour cette femme, victime d’un traumatisme atroce, qui refuse la vie et qui,depuis ses vingt ans,depuis l’assassinat par les nazis de la femme qu’elle aimait, est restée au point mort affectif.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 317 entrées

  • 1ère semaine France : 47 304 entrées