Notes de Prod. : Que justice soit faite

    en DVD le 04 Mai 2011

Notes de production

"Un être humain normalement constitué, à qui il arrive pareille tragédie, cherche à obtenir réparation et fait confiance aux pouvoirs publics, en espérant que justice sera faite," poursuit-il. "Clyde Shelton n'obtient pas justice, et décide alors de prendre les choses en main. Je le comprends. Si quelque chose d'aussi atroce arrivait aux gens que j'aime, je souhaiterais obtenir justice, quel qu'en soit le prix. Il fait ce qu'il croit être juste, ce qu'il croit être honnête." L'Etat est ici représenté par l'adjoint du procureur, Nick Rice, campé par Jamie Foxx. "Nick est, d'une certaine façon, le double de Clyde Shelton," indique Foster. "Il travaille au service du système, mais le système ne fonctionne pas toujours très bien. C'est le genre de dilemme moral auquel il se retrouve confronté."

"L'attachement de Rice au système judiciaire lui fait parfois perdre de vue la finalité de la justice," signale Foxx. "Parfois, le fonctionnement du système l'empêche de s'investir dans ses dossiers comme il le souhaiterait. Nick est un type bien. Il s'en tient strictement aux lois, mais cela ne veut pas forcément dire qu'il prend la bonne décision au bout du compte. Le système judiciaire est imparfait et du coup, il cherche toujours à s'en tirer dans un monde imparfait." "Ce n'est pas un film manichéen," ajoute Foster. "Le destin des protagonistes est lié par la tragédie. Ils ont tous les deux raison et tort à la fois."

Associé de Butler au sein de leur société de production, Evil Twins, Alan Siegel a découvert Que justice soit faite en lisant le précédent scénario de Wimmer, Salt. "C'était un scénario génial," dit-il. "Kurt s'est présenté à l'occasion d'une cérémonie de palmarès, où Gerry a remporté un prix pour 300. Je lui ai dit que Gerry et moi avions adoré son travail, et je lui ai demandé s'il avait écrit d'autres scénarii. Le lendemain, il m'a envoyé Que justice soit faite, et je l'ai lu aussitôt. Le soir même, j'ai appelé Gerry et je lui ai demandé de lire le scénario car je me suis dit qu'Evil Twins tenait peut-être là son premier film."

"Ce film plonge dans les arcanes de notre système judiciaire pour en dévoiler les limites," signale Siegel. "Les deux protagonistes aspirent à un meilleur système, mais ils ne sont pas prêts à y mettre le même prix. Leur détermination les pousse à des extrémités, si bien que le spectateur se pose la question de savoir si la fin justifie vraiment les moyens. Que justice soit faite fait partie de ces rares films qui suscitent le débat après la projection."

Un réalisateur rompu aux tournages sous pression

Les producteurs ont confié la réalisation du film à F. Gary Gray qui a fait ses preuves dans Braquage à l'italienne, Négociateur, Be Cool... "On voulait vraiment travailler avec lui," confie Foster. "Ses films sont toujours passionnants et appartiennent à des genres différents. Mais ils ont en commun d'avoir des personnages complexes. Il nous fallait un metteur en scène qui sache prendre les bonnes décisions et il était vraiment l'homme de la situation."

Après s'être fait connaître avec Friday et Le Prix à payer au milieu des années 90, Gray s'est imposé comme un réalisateur sensible et original. "Il est d'une grande discrétion," rapporte Foster. "Mais il fait des miracles. Quand je visionnais les rushes, j'étais toujours stupéfait par la complexité des personnages et par l'univers formel du film. Il avait tout dans la tête depuis le début. Il maîtrise parfaitement ce qu'il entreprend." Jamie Foxx a tourné sous la direction de grands réalisateurs hollywoodiens, comme Oliver Stone, Sam Mendes et Michael Mann, mais il n'avait jamais travaillé avec Gray. Ce dernier se souvient avoir reçu un appel téléphonique du comédien qui a donné le coup d'envoi à toute l'aventure.

"Il m'a passé un coup de film pour me dire qu'il tenait particulièrement à ce scénario et qu'il pensait que cela me correspondait très bien," note Gray. "Du coup, je l'ai lu, et non seulement j'ai adoré, mais cela faisait longtemps que j'avais envie de travailler avec Jamie. C'était vraiment le projet idéal pour entamer notre collaboration."

"Gary a un regard extraordinaire," reprend Foxx. "D'entrée de jeu, le film a une véritable envergure grâce à sa mise en scène, et il y a peu de cinéastes qui parviennent à un tel résultat. Il maîtrise tous les paramètres d'un tournage épique, et fait en sorte que ses collaborateurs lui donnent le meilleur d'eux-mêmes."

Butler salue l'investissement et l'énergie du réalisateur qui lui ont permis de mener le projet à son terme, tout en subissant une énorme pression. "Gary a rejoint l'aventure et a su donner vie aux personnages qui n'existaient que dans le scénario," affirme Butler. "Nous avions un script formidable, mais le film le dépasse largement. Il est visuellement très réussi. On saisit parfaitement les enjeux de l'histoire et les comédiens sont extrêmement bien dirigés."

L'idée d'avoir un personnage qui prend toute une ville en otage depuis sa cellule de prison a enflammé l'imagination du réalisateur. "Comment un type incarcéré peut-il susciter autant de peur ?," dit-il. "J'ai repensé à Al Capone qui dirigeait son organisation depuis sa cellule. J'adore les films de gangsters, tout comme les thrillers."

Il a également été séduit par la perspective de travailler avec deux acteurs de grand talent. "Ce n'est pas un film hollywoodien conventionnel," souligne le metteur en scène. "En général, il y a un gentil et un méchant, et on comprend tout de suite qui ils sont et ce qu'ils vont faire. Notre film est un jeu d'échecs qui ménage des rebondissements imprévisibles."

"Nick Rice, le procureur, est du côté de la loi, mais cela ne l'empêche pas de se comporter comme un con," ajoute Gray. "Clyde est une victime qui a subi un choc terrible. Tout au long du film, on est constamment pris dans des conflits de loyauté et, en fonction des scènes, on ne sait plus très bien qui on a envie de voir s'en sortir."

Gray explique que Foster est un producteur qui n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis. "Il aime bien se faire entendre," observe Gray. "On pourrait croire que ce n'est pas une très bonne idée de réunir deux fortes personnalités comme les nôtres, mais on s'est très bien entendus."

"Sa grande qualité en tant que producteur, c'est qu'il sait quand serrer la vis et quand nous laisser la bride sur le cou," poursuit le réalisateur. "J'ai du respect pour lui. Il a des idées formidables, et il est à la fois imaginatif et attentif aux autres. C'est bien de travailler avec un collaborateur comme lui." Avec Que justice soit faite, Butler a vécu une expérience similaire à celle du tournage de 300. "Ce sera une expérience mémorable pour le spectateur," constate-t-il. "Les acteurs sont formidables et la mise en scène est brillante. Jonathan Sela, le directeur de la photo, a instauré une atmosphère particulière qui rend le film captivant. Mais surtout, l'intrigue bouscule tous nos préjugés. Et on est pris par surprise au moment où on s'y attend le moins."

Foxx explique les raisons pour lesquelles le film plaira au public. "C'est totalement haletant," dit-il. "Dès le début, le spectateur ne sait jamais à quoi s'attendre. Autant dire qu'il est cloué à son fauteuil."

Un Casting qui décoiffe

Dès qu'ils ont commencé à développer le projet de Que justice soit faite, Lucas Foster, Gerard Butler et Alan Siegel avaient le nom de Butler en tête pour incarner le procureur Nick Rice. Mais quelque chose a changé pendant l'écriture du scénario. "Plus j'avançais d'arguments pour décrocher le rôle de Nick, plus je m'attachais à Clyde," relève l'acteur.

"Notre problème, c'est qu'on ne voulait surtout pas que Clyde ait l'air d'un méchant banal," ajoute-t-il. "Mais je me suis dit : 'ça pourrait être moi, ça pourrait être n'importe qui. Et comment on réagirait dans une telle situation ?' Je voulais que le spectateur partage sa souffrance. Son humour nous fait rire et il nous séduit, même si on sait qu'au plus profond de lui, c'est un homme détruit. C'était intéressant d'incarner un personnage qui pouvait à la fois me terrifier et s'avérer être un type ordinaire dont je pouvais me sentir proche."

Clyde est un citoyen soucieux de respecter la loi – un homme banal dont la vie est bouleversée par un crime aveugle. "Tout ce qui lui reste, c'est sa détermination à obtenir justice," déclare l'acteur. "Il place tous ses espoirs en Nick Rice, et dans le système judiciaire, en se disant que les deux criminels seront punis. Mais quand il constate que l'un des deux échappe à la justice, parce que Nick est surtout préoccupé par sa carrière, Clyde est abandonné à son sort. C'est une âme perdue.

Malheureusement, il est suffisamment doué et pugnace pour faire en sorte que le système qui l'a lâché soit acculé. Tous ceux qui ont été impliqués dans l'affaire qui a tout déclenché sont dans sa ligne de mire, et tout particulièrement Nick."

Pour Gray, Clyde est autant une victime qu'un monstre. "On ne peut pas s'empêcher de se demander ce qu'on aurait fait à sa place," dit-il. "Avec ce rôle, Gerard Butler a dû relever un énorme défi. Clyde est une sorte de monsieur-tout-le-monde, mais il exprime des idées que la plupart d'entre nous n'oseraient jamais exprimer, et encore moins mettre en oeuvre. Gerard a réussi à faire croire à un personnage qui vit dans deux mondes."

Pour s'y préparer, Butler a consulté des criminologues pour se renseigner sur la psychologie des tueurs en série et des criminels obsédés par la vengeance. "J'ai également visionné des documentaires sur des tueurs, et je me suis pas mal documenté sur Internet," explique-t-il. "Cela a été très enrichissant." Le rôle est une corde supplémentaire à l'arc de Butler. "Quand on regarde sa filmographie, on s'aperçoit qu'elle est très éclectique", signale Siegel, qui est aussi l'agent du comédien. "Il est passé de la comédie sentimentale au film musical, sans oublier le drame et le film d'action. Et les personnages qu'il a interprétés sont tous très différents. Après 300, son visage a commencé à être connu du grand public, mais cela a pris du temps parce qu'il a fait des choix extrêmement audacieux."

Le rôle du procureur Nick Rice a été confié à un acteur de même envergure : Jamie Foxx. "Dès le départ, j'ai été séduit par la très grande proximité qui existe entre les deux personnages," rapporte Butler. "Ils me font penser à des guerriers qui s'affrontent en duel. Tout en étant déterminés à s'entretuer, ils ont l'un pour l'autre du respect et de la compréhension. Clyde explique d'ailleurs très bien à Nick qu'ils pourraient tout à fait se trouver dans des situations inverses."

Lucas Foster acquiesce : "Ces deux personnages pourraient parfaitement se trouver l'un à la place de l'autre," note-t-il. "Ils sont tous les deux très complexes. Ils se débattent tous les deux dans des questions éthiques. Et ils se battent tous les deux pour un idéal. Mais leurs méthodes sont radicalement différentes. Au cinéma, j'aime les personnages complexes. Je trouve que les 'héros' sans aucun défaut ne reflètent pas la réalité. Nick a commis des actes sujets à caution.

C'est un personnage en demi-teinte. Ses objectifs sont louables, mais ses méthodes ne le sont pas." Foxx a donné son accord parce qu'il était intéressé à la fois par le scénario et les collaborateurs du film. "Il y a souvent des gens avec qui j'ai envie de travailler," remarque l'acteur. "Je me souviens de ma réaction lorsque j'ai vu 300. Gerard Butler était au sommet de son art, et j'ai immédiatement eu envie de tourner un film avec lui. Et pour couronner le tout, il s'agit d'une intrigue captivante."

Foxx a apporté des idées très personnelles concernant son personnage : "Jamie a largement contribué à la création du film," ajoute Foster. "Il a beaucoup travaillé le scénario. Pour lui, Nick était un type paumé, et surtout pas un personnage qui devait être beau et courageux. Jamie s'est vraiment efforcé de montrer que son personnage

avait des moments de doute et de fragilité. Pendant la plus grande partie du film, Nick est en proie à une force qui lui échappe. Il lui a fallu faire preuve d'un jeu tout en nuances, et c'est exactement ce qu'il a réussi à faire."

Siegel est totalement d'accord. "Ce que Foxx a apporté à son personnage est inestimable," renchérit-il. "Jamie a donné à Clyde une personnalité qui ne figurait pas dans le scénario, et qu'aucun d'entre nous n'avait envisagée. Il l'a interprété comme un type ambitieux et roublard qui s'accommode d'un système judiciaire inefficace, tant qu'il peut grimper dans la hiérarchie. Il estime qu'il se comporte en accord avec des principes déontologiques, mais il prend vite conscience qu'il a commis des erreurs sur un plan moral. Et à un moment crucial du film, il doit remettre ses principes en question."

Butler a énormément appris en développant le personnage avec Foxx. "Dans les premières versions du scénario, Nick était un peu plat. Quand Jamie s'est embarqué dans l'aventure, il l'a vraiment fait décoller. Avec lui, Nick est devenu malin, charismatique, intelligent, drôle, doublé d'un bon père de famille. Du coup, le spectateur est totalement acquis à sa cause. Il est résolu à mener son combat jusqu'au bout. Mais sans l'ombre d'un doute, il a un égo surdimensionné." Butler et Foxx ont répété pendant plusieurs semaines avant le tournage afin de mettre au point la relation complexe entre leurs deux personnages. "Quand je me suis retrouvé avec Jamie sur le plateau, on a vécu des moments magiques," souligne Butler. "On se comprenait à demi-mot. Il y a une force inimaginable qui émane des scènes d'affrontement entre les deux hommes et de leur manière de jouer l'un avec l'autre et il s'en dégage aussi une sincérité désarmante."

Les deux hommes ont réussi à établir entre eux une véritable tension dramatique, alors même qu'ils n'ont pas beaucoup de scènes ensemble. "Ils n'ont que cinq ou six scènes en commun, mais ils ont parfaitement répondu à nos attentes," précise Foster. "Ensemble, ils font des étincelles, tout en jouant au chat et à la souris ! » Foxx a rencontré des procureurs et des avocats pour se documenter sur le système judiciaire : il les considère aujourd'hui comme des gladiateurs du prétoire. "Ils ont des points de vue sur la justice radicalement différents," souligne-t-il. "Ils doivent monter au créneau tous les jours quand ils sont au tribunal, et ils doivent être extrêmement aguerris. Ils ne peuvent pas se permettre de se laisser piéger par l'émotion." "La plupart des procureurs que j'ai vus m'ont abondamment parlé du nombre de condamnations qu'ils ont pu obtenir," ajoute l'acteur. "Et mon personnage est, lui aussi, dans cette optique. Il est en train de grimper dans la hiérarchie, et il a le sentiment qu'il peut faire condamner n'importe qui. S'il n'arrive pas à les faire condamner lors du procès, il tente de négocier pour ne surtout pas démériter. Il se dit, 'le système judiciaire fonctionne comme ça, et je suis le Michael Jordan du système.'"

Si Foxx s'est efforcé de camper son personnage de manière réaliste, il reconnaît que c'est Clyde qui marquera les spectateurs. "Ils vont vivre le film à travers lui, à travers ses émotions, à travers son amour pour sa femme et sa fille, et la colère qui s'empare de lui. La justice est censée nous permettre de vivre en paix, mais il arrive qu'elle ne suffise pas."

"On ne peut que ressentir de l'empathie pour Clyde," poursuit le comédien. "Un enchaînement d'événements terribles bouleverse sa vie. Il se dit : 'Comment cela a-til pu m'arriver ? Je suis un type bien, je n'ai jamais fait de mal à personne, je travaille, je vais à l'église, je paie mes impôts – pourquoi cela m'est-il arrivé à moi ?'"

Philadelphie, symbole du système judiciaire américain

Alors que le film, profondément ancré dans la réalité urbaine, était au départ censé se dérouler à Los Angeles, la production a décidé de situer l'action à Philadelphie. Du coup, l'intrigue prend une tout autre résonance. "C'était tout à fait délibéré de notre part," précise Foster. "C'est là qu'est né le droit civil héritier du 'common law' anglais. Les Pères fondateurs des Etats-Unis y ont passé pas mal de temps. Ce film parle de justice, et du coup cela nous semblait logique de tourner là même où la plupart des grandes questions juridiques ont été abordées pour la première fois."

La ville offrait plusieurs avantages, comme l'explique Foster : "L'architecture y est extraordinaire," dit-il. "C'est une grande ville, mais elle n'est pas anonyme. En revanche, on peut s'y sentir un peu perdu." "Pour nous, c'était également important que la ville soit originale et impressionnante sur un plan visuel," ajoute-t-il. "C'est un film 'néo-noir'. Je ne crois pas qu'on ait jamais filmé Philadelphie comme ça." La célèbre mairie de Philadelphie, dont l'architecture est l'un des symboles de la ville depuis plus d'un siècle, joue un rôle central dans le film. "C'est l'un des plus beaux bâtiments des Etats-Unis," note Butler. "Il est magnifique, quel que soit le point de vue qu'on ait sur lui. Nous avons éclairé toute la rue qui mène à la mairie un soir, et j'en ai eu le souffle coupé."

"Les habitants de Philadelphie nous ont réservé un formidable accueil, et j'ai été ravi d'y tourner le film," signale-t-il encore. "Je n'hésiterais pas une seconde à y travailler de nouveau."

Pour les scènes délicates qui se déroulent en prison, la production a investi un site de sinistre réputation. La Prison de Holmesburg a fermé ses portes en 1995, suite à la mort de deux gardiens dans une émeute. Mais la maison d'arrêt est sans doute restée célèbre parce qu'on y a mené des expériences médicales sur les détenus. Construite en 1896, et récemment rouverte pour pallier à la surpopulation carcérale, Holmesburg est aux antipodes d'une prison moderne : les murs de briques menacent de s'effondrer, la structure du bâtiment est archaïque, et les cellules sont en piteux état.

"Holmesburg est presque médiéval," déclare Foster. "On est transportés dans une autre époque. Ce film pourrait se passer à n'importe quelle décennie, si ce n'est pour les voitures qu'on y voit. Cela pourrait être un film des années 40, comme Le Grand sommeil, et Holmesburg dégage vraiment une atmosphère atemporelle."

Le tournage à Holmesburg s'est avéré une expérience marquante pour Butler. "Nous avons tourné dans une prison en activité," précise l'acteur. "Je ne suis pas habitué aux prisons, tout comme Clyde Shelton. Pendant le tournage, nous devions nous interrompre pour que les gardiens puissent emmener les détenus menottés d'un endroit à l'autre. On reprenait le tournage ensuite. Cela a été une expérience fascinante, jusqu'à l'odeur et au froid qu'on y ressentait. Cet endroit raconte une histoire à lui tout seul."

F. Gary Gray a travaillé en étroite collaboration avec le chef décorateur Alex Hajdu pour mettre au point un style visuel spécifique qui s'inspire de la ville et qui traduise la complexité de l'intrigue. "Que justice soit faite imposait un style particulier," souligne le réalisateur. "Nous avons repris certains éléments du film noir et nous les avons modernisés. Nous n'avons pas hésité à utiliser des ombres portées et des éclairages expressionnistes. Je me suis dit que c'était parfait, étant donné le sujet du film."

Comme l'explique Hajdu, Philadelphie a largement inspiré le style du film : "Les couleurs et l'atmosphère de la ville m'ont influencé," dit-il. "L'architecture et la beauté des immeubles se retrouvent dans le style visuel du film. Philadelphie est une ville magnifique, qui a une longue histoire et beaucoup de cachet. Et comme c'est une ville un peu ancienne, elle a un côté européen. Les teintes dominantes sont la brique et la couleur terre, ce qui était idéal pour la palette désaturée que nous avions privilégiée."

Gray s'est montré enchanté par le style visuel du film qui correspondait à ses attentes : "C'est une chose d'imaginer un univers comme celui-là," dit-il. "C'en est une autre d'avoir un collaborateur capable de réaliser votre rêve grâce à ses idées créatives. Alex a été d'une rigueur incroyable. Il a réussi à transposer visuellement ce que je voulais raconter dans ce film."

Le réalisateur salue le travail d’un autre de ses collaborateurs de création : "Notre directeur de la photo, Jonathan Sela, est une vraie star," affirme-t-il. "C'est un type discret, mais génial. Je ne crois pas que j'aurais pu obtenir ce résultat sans lui. Je lui ai dit que je voulais qu'on évoque le style des grands films noirs classiques, et il a parfaitement compris ce que je souhaitais. Il avait des idées formidables." "Chaque film présente ses propres difficultés," conclut Gray. "Je me suis passionné pour ce film dont j'ai adoré le genre et le style. Je ne me suis jamais autant amusé en tournant. Les spectateurs vont être déconcertés et vont aller de surprise en surprise."

Sur le tournage de Que justice soit faite

Le 30 Janvier 2009 - Viola Davis rejoint le casting de Law Abiding Citizen

L’actrice Viola Davis, fraîchement nommée à l’oscar de la meilleure actrice dans la catégorie « second rôle » pour le film Doute, vient de rejoindre Jamie Foxx et Gerard Butler au casting du thriller psychologique Law Abiding Citizen, réalisé par F. Gary Gray.