Notes de l'équipeRay : une vie d'homme
Taylor Hackford :
«Ray Charles a parcouru un fabuleux itinéraire. J'ai cherché dans ce film à représenter la complexité de ce génie, avec ses qualités et ses défauts. Ray possédait un immense courage et un talent exceptionnel, mais sa vie fut hantée par des drames horribles. Nous avons tenté de dépeindre l'évolution d'un artiste au long d'une période culturellement très riche et novatrice. J'espère prouver que Ray Charles est bien plus qu'un musicien du passé. Il influença une puissante révolution culturelle qui se poursuit aujourd'hui encore.»
Quelques mois avant sa disparition, Ray Charles déclarait à propos de ce film :
«Taylor s'est solidement documenté et il a bien couvert ma vie. J'aimerais que les gens comprennent les épreuves que j'ai endurées dans ma jeunesse et toutes les choses qui me sont arrivées au fil des ans. J'ai vécu des choses merveilleuses, mais aussi des expériences dramatiques. Je voudrais que les gens comprennent qu'on peut s'en relever lorsqu'on y met assez de force et de détermination. En d'autres termes : gardez le cap, n'abandonnez pas, même après avoir encaissé des coups.»
RAY : une quête de 15 ans
Taylor Hackford :
«J'ai ressenti l'extraordinaire intensité que dégageait Ray Charles et j'ai suivi dès lors sa carrière pas à pas. Chemin faisant, j'ai assisté à une série de bouleversements culturels. Ray avait clairement adopté une démarche pionnière qui avait de profondes répercussions sur l'ensemble de la société américaine. La liste est longue des artistes qu'il influença, d'Elvis à BB KING, de Stevie Wonder aux Stones et aux stars actuelles : Alicia Keys, Norah Jones, Justin Timberlake... Il occupe une place de choix dans notre panthéon culturel.»
«Pour comprendre vraiment Ray Charles, il ne suffit pas d'entendre sa musique, car la réalité de cet homme est encore bien plus vaste. La première fois que j'ai entendu parler de sa vie, j'avais peine à y croire. J'ignorais tout de son enfance, de l'origine de sa cécité, de son voyage solitaire en Greyhound jusqu'à Seattle, de ses affrontements avec la discrimination raciale, la douleur et de la drogue comme de la façon dont il les sublima pour devenir cet artiste incomparable, cet incroyable businessman, cette icône américaine. Je me suis alors dit que la vie de cet homme devait être racontée.»
Stuart Benjamin :
«Il nous a paru important, ainsi qu'à Ray, de ne pas masquer ses failles, de ne pas raconter seulement une moitié de l'histoire. Ray Charles n'était pas sans défauts, mais le fait qu'il les ait surmontés après en avoir mesuré les dangers, contribue à l'impact de cette histoire. »
James L. White :
«J'ai compris au fil de ces interviews que j'étais en train d'écrire une suite d'histoires d'amour. Le film évoque l'amour de Ray pour son frère disparu, pour sa mère, qui fut sa première inspiratrice, pour Della et, surtout, cette passion de la musique, qui le soutint durant ses épreuves avant d'inspirer des millions de gens.»
Le script, sitôt achevé, fut traduit en braille et remis à l'artiste, «qui n'en corrigea que deux détails purement factuels sans lien avec les aspects les plus contestables de sa personnalité», explique Hackford. «Ce fut un bonheur constant de travailler avec lui. Il exigea de nous autant qu'il avait toujours exigé de lui-même. Que pouvions-nous espérer de plus?»
Jamie Foxx devient Ray
Taylor Hackford :
«Ray, ainsi que je l'ai dit, n'était pas un homme commode, et il était intransigeant en matière de musique. Jamie ,ainsi que leur famille.»
Pour Taylor Hackford, Kerry Washington était l'interprète idéale de celle qui, des années durant, apporta à Ray son soutien et lui communiqua sa force intérieure.
Taylor Hackford :
«Kerry, derrière son apparente candeur, exprime la douceur et la sensibilité de Della mais aussi cette fermeté qui en fit la seule véritable interlocutrice de Ray.»
Kerry Washington :
«En rencontrant Della Robinson, j'ai découvert une femme exceptionnellement tolérante. «Je déteste le brocoli et je ne supporte pas qu'on cherche à m'en faire manger», m'a-t-elle déclaré de façon imagée. «C'est pourquoi je n'ai jamais dissuadé quiconque de boire ou de se droguer, car chacun doit être libre de ses choix.» Cette femme énergique et foncièrement indépendante a dû faire des choix difficiles. Elle a sans doute aimé Ray de toutes ses forces avant de s'apercevoir que sa dignité et l'amour qu'elle devait à sa famille en étaient entamés.»
Regina King :
«Bizarrement, on a très peu écrit sur elle, alors qu'elle possédait l'une des voix les plus originales de l'histoire de la musique. Je pense même que Margie a été la muse de Ray. L'écoute de son timbre grave, quasi mystique, lui inspira l'envie d'y associer son propre blues pour créer quelque chose de neuf.
«C'est leur passion commune pour la musique qui les rapprocha et les souda, mais Ray et Margie menaient alors tous deux une vie passablement dissolue, et leur relation s'étiola lorsque Margie se mit à boire. Je n'en suis pas moins convaincue de l'importance du rôle qu'elle a joué dans la vie de Ray.»
Managers et musiciens
Taylor Hackford :
«Clifton est un véritable coup de casting. Son interprétation nous permet de saisir ce que fut la vie de ces deux débutants dans un business très dur. Jeff Brown peut témoigner de l'incompréhension dont le jeune Ray fut victime de la part des nombreuses personnes qui mésestimèrent son talent, son intelligence et son ambition.»
Manager «à l'ancienne», Brown fut remplacé, dans des circonstances controversées, par Joe Adams, dont le style était plus relax et sophistiqué.
Harry Lennix a eu la chance de rencontrer Adams et d'apprendre par lui les conditions de vie d'un artiste afro-américain dans les années quarante-cinquante :
«Joe est un homme cultivé et un touche-à-tout. Il a servi dans l'escadrille all-black des Tuskegee Airmen, il fut acteur dans les années cinquante aux côtés d'Harry Belafonte et Sidney Poitier, et fut aussi le premier DJ noir à se faire entendre à travers toute l'Amérique. C'est un homme fascinant.»
Curtis Armstrong :
«Ahmet était intraitable en affaires, mais il possédait aussi un réel sens musical. Ray et lui ont entretenu une belle relation. Ertegun fut son mentor, il décela son potentiel et, mieux encore, lui donna toute latitude pour l'explorer. Il n'avait pas peur de parler de «génie» à son sujet. Même après le départ de Ray Charles pour ABC, les deux hommes restèrent de bons amis, liés par un indéfectible mélange d'affection et de respect.»
Jerry Wexler, qui rallia Atlantic en 1953, est l'un des plus grands noms de l'industrie musicale. Outre Ray Charles, il a travaillé avec Aretha Franklin, Wilson Picket, LaVern Baker, Dr. John, Dusty Springfield, Bob Dylan... C'est Richard Schiff (de la série «The West Wing») qui interprète cet homme aussi habile que mélomane.
Curtis Armstrong :
«En ce temps-là, Wexler et Ertegun furent d'authentiques pionniers, liés par un amour sincère de la musique.
Jerry s'en souvient comme de la plus belle période de sa vie.» Sont également dépeints dans le film : le jeune Quincy Jones (interprété par Larenz Tate), le guitariste Gossie McKee (Terrence Dashon Howard), le musicien David «Fathead» Newman (Bokeem Woodbine), le bluesman Lowell Fulson (Chris Thomas King) et l'imprésario Milt Shaw (David Krumholtz). Chronologie1930 23 septembre naissance de Ray Charles Robinson à Albany (Géorgie)
1937 Perd la vue un an après la noyade de son frère
1946 Quitte le Sud et fait ses débuts à Seattle
1949 Premier succès discographique avec «Confession Blues» sous le label Swingtime Records |
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