Notes de Prod. : Rebecca

Quelques mots sur Rebecca

Après La Taverne De La Jamaïque (1940), le dernier film que tourne Alfred Hitchcock en Angleterre, c’est encore à Daphné du Maurier qu’il emprunte le sujet du premier film qu’il tournera aux Etats-Unis, Rebecca.
Le succès de ce roman auprès de la critique et du public a effectivement favorisé la production de David O. Selznick, qui explique dans ses carnets que le triomphe de Autant En Emporte Le Vent éclipsa en partie le grand film qu'était Rebecca. Dans ses productions, David O. Selznick aimait distribuer les rôles principaux, et la publicité faite autour du choix de la “Scarlett O'Hara idéale”, l'incita à renouveler l'expérience.
Sa première idée fut Loretta Young, puis Vivien Leigh qui refusa ; d'autres suivirent : Olivia de Havilland, Margaret Sullivan, Ann Baxter. Ce fut finalement Joan Fontaine qui, malgré sa réputation de “femme de bois”, obtint le rôle. Au fur et à mesure du tournage, David O. Selznick perdit confiance en Rebecca; il n'était satisfait ni du scénario, ni du coût de la production qu'il jugeait trop élevé. Pourtant Rebecca gagna non seulement les faveurs de la critique et du public mais aussi l'Oscar du meilleur film de l'année, récompense qui fut, plaisamment, décernée au producteur. Bien que tourné aux Etats-Unis, Rebecca est essentiellement un film britannique : le metteur en scène, l'histoire, les acteurs sont anglais; seule la production de David O. Selznick est américaine.
(...) Hitchcock devait revenir à Daphné du Maurier avec la réalisation des Oiseaux en 1963. Comme dans Rebecca, la maison des protagonistes est isolée, difficile- ment accessible au monde extérieur. Ce sont des lieux que l'on quitte sans le désir d'y revenir, ce qui, souligne Hitchcock, augmente encore le suspense. Contrairement aux Oiseaux, Rebeccaest un film austère et grave, où l'humour tient peu de place, mais il est évident que l'histoire a des éléments qui ont excité au plus haut point l'intérêt et l'imagination du cinéaste.

- Extrait de Hitchcock de Michaël Lasky et Robert A. Harris, éditions Henri Veyrier

Rebecca vu par Claude Chabrol et Eric Rohmer

Les pourparlers avec Hollywood, commencés en 1936, aboutirent en 1939. L'élu fut David O. Selznick qui venait de produire Autant En Emporte Le Vent, comme Hitchcock l'avait prévu. Selznick lui promit la réalisation de Rebecca, le roman de Daphné du Maurier, et cette promesse acheva de le décider. Il s'embarqua, au début de l'été, avec sa femme, sa fille et sa secrétaire, Joan Harrison. Deux mois plus tard, le tournage commençait.

Dialogue Hitchcock/Truffaut

François Truffaut: (...) Il faut dire que vingt-six ans après, quand on le revoit, Rebecca est très moderne, très solide.
Alfred Hitchcock: Cela tient encore debout à travers les années, je me demande comment.
F.T. : Je crois que d'avoir eu à tourner ce film a été très bon pour vous, comme l'aurait été une histoire loin de vous, ce n'était pas un thriller, il n'y avait pas de suspense, c'était une histoire psychologique. Vous avez été contraint d'introduire vous-même le suspense dans un pur conflit de personnages, et il me semble que cela vous a permis d'enrichir vos films suivants, de les nourrir de tout un matériel psychologique qui, dans Rebecca, vous avait été imposé par le roman.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 17 entrées
  • 1ère semaine IDF : 1 512 entrées
  • Cumul IDF : 1 512 entrées