Allen Coulter et Nick Osborne se sont intéressés au casting très en amont du tournage. «On a rencontré
Robert Pattinson lorsque Summit s’est montré intéressé par le projet, note Coulter, on a déjeuné avec lui il y a environ un an, le courant est très bien passé entre nous, et on a souhaité lui confier le rôle. Du coup, c’est comme cela que les choses ont commencé.» Pour un metteur en scène, le choix des comédiens est une étape cruciale, et Coulter a l’habitude de s’investir totalement dans le casting.
«Je ne pourrais pas imaginer travailler sur un projet où je ne participe pas à fond au casting, signale le réalisateur, on a surtout travaillé avec Nick Osborne, et également avec
Joanna Colbert et Rich Mento, et puis Summit est intervenu à son tour, même si ce n’était que pour deux ou trois rôles. Au final, Nick et moi avons été enchantés du casting. C’est d’ailleurs un ensemble de comédiens d’horizons très différents, dont certains ont l’habitude des grosses productions et d’autres viennent du cinéma indépendant.» «On a ainsi des gens comme
Pierce Brosnan, extrêmement célèbre, ou
Chris Cooper qui est issu d’un autre type de cinéma, mais ils sont tous deux d’excellents comédiens, ajoute Coulter, si on ajoute à la liste
Lena Olin et
Rob Pattinson, c’est vraiment un casting éclectique !»
Robert Pattinson dans le rôle de Tyler Hawkins
«Avec Nick, on se disait que Robert pouvait parfaitement incarner un jeune homme animé de sentiments complexes : la colère, la culpabilité, la frustration liée à ses rapports avec son père et son sentiment d’impuissance à changer la situation, indique Coulter, c’est un garçon paumé et en pleine crise d’identité.» Pour l’acteur, le personnage est un jeune homme qui doit encore mûrir, ce qui, à bien des égards, le renvoie à sa propre situation personnelle.
«Si j’ai voulu tourner dans ce film, c’est en grande partie parce que Tyler est arrivé à ce moment de sa vie où il doit se résoudre à quitter l’adolescence et cesser de se couper du reste du monde, déclare Pattinson, il peut enfin se faire un peu confiance et se fier à ses sentiments. Il est en train de devenir adulte, et je crois que c’est aussi ce que je vis. Ou en tous les cas, c’est ce que je vivais au moment du tournage.» Tyler est un personnage légèrement dépressif qui réprime ses émotions. «Il nourrit des rancœurs tenaces depuis très longtemps, qui ne sont même plus latentes, mais simplement anciennes, explique le comédien, lui et Charles se disputent sur les mêmes sujets depuis des années, et tout leur entourage a le sentiment que ce sont des griefs extrêmement anciens. Même Tyler en a plus qu’assez de ces bagarres.»
Pour
Pierce Brosnan «Pattinson est un jeune homme qui s’est retrouvé sous les feux des projecteurs du jour au lendemain, et il s’en est remarquablement bien sorti. C’est un garçon très généreux. Il est humble et courageux d’avoir accepté de tourner dans un film comme celui-ci, quand on sait qu’il a dû jouer dans la saga Twilight. J’espère qu’il pourra alterner entre des superproductions et des œuvres plus intimistes.» «Il est très beau, et il se fie à son intuition et à ses instincts, poursuit Brosnan, il est débutant, ce qui est formidable car il est malléable, tout en sachant ce qu’il veut. Je suis conscient qu’il a largement contribué à ce que le film se fasse, et je lui en sais gré. J’ai l’impression que ce garçon est né sous une bonne étoile. En tous les cas, on lui souhaite ce qu’il y a de mieux. On a envie de le voir réussir tout ce qu’il entreprend.»
Emilie De Ravin rappelle que Tyler est un être complexe qui a vécu, tout comme son propre personnage, un événement traumatisant : «Robert a apporté à son personnage tout une gamme d’émotions, si bien que j’en suis venue à me demander comment il faisait, dit-elle, il a fait de Tyler un personnage complètement à part.»
Osborne a apprécié l’investissement total de Pattinson dans le projet : «Twilight venait de sortir, et lorsqu’un acteur devient célèbre, la plupart du temps leur agent vous appelle pour vous dire, “Désolé, il n’est plus disponible”, indique-t-il, mais Robert ne nous a pas lâchés. Il a joué un rôle crucial pour que le film se fasse. Il s’est vraiment donné à fond pour faire exister le projet. Je n’aurais jamais cru qu’il serait aussi bon. Il a fait preuve d’une totale abnégation et n’a eu aucune exigence. Mais c’est aussi un garçon qui réfléchit beaucoup. Il est très curieux. Il s’est emparé du personnage et se l’est complètement approprié.»
«Quand on travaillait sur le scénario, on en parlait avec Rob au téléphone et on s’inspirait de ses idées, reprend Osborne, on a eu beaucoup d’échanges entre nous, et du coup Rob s’est pas mal impliqué dans l’écriture. Il est présent dans presque toutes les scènes, et il était sur le plateau tous les jours. Il s’est vraiment donné du mal. Il a enchaîné notre film juste après
Twilight - Chapitre 2 : Tentation.»
Emilie De Ravin dans le rôle d’Ally Craig
Osborne explique qu’Ally Craig apporte de la sérénité à Tyler : «Elle est la première personne qu’il rencontre qui ne marche pas à son numéro de charme, dit-il, il est le genre de type qui n’a pas de mal à séduire les jeunes femmes ou à les convaincre de venir chez lui, mais elle lui résiste. Elle arrive à percer sa carapace et à comprendre qui il est vraiment.» «C’est grâce à elle, ajoute-t-il, qu’il réussit à améliorer ses relations avec les autres personnes de son entourage et qu’il pourra sans doute trouver un peu de sérénité.» «Emilie incarne Ally à merveille, note-t-il encore, c’est une jeune fille issue d’un milieu modeste qui a dû surmonter un choc terrible, et qui est pour ainsi dire mariée à son père, tellement ils sont proches l’un de l’autre. Elle n’a jamais vraiment eu l’occasion de rire dans sa vie. Elle a toujours fait profil bas, c’est une bonne étudiante, et elle aura un bon boulot…
Et puis, ce type entre dans sa vie, il est radieux et il lui ouvre une nouvelle perspective sur le monde, et lui permet d’envisager les choses différemment. Emilie a été parfaite dans le rôle.» La production a auditionné de nombreuses comédiennes pour le rôle. «On a dû voir environ 180 jeunes femmes, signale Coulter, c’était très difficile. On voulait quelqu’un qui forme un beau couple avec Rob, mais qui sache aussi lui tenir tête.»
Ally est la fille d’un policier du Queens, et il fallait qu’elle soit crédible dans ce rôle-là. «Elle est étudiante à New York University, ce qui fait qu’elle a déjà franchi un pas immense par rapport à la position sociale de son père, reprend le réalisateur, dans le même temps, sa mère était infirmière, et elle est donc issue d’un milieu populaire. Il fallait que ce soit vraisemblable, et avec Emilie, ça l’était.»
Par ailleurs, la jeune comédienne est extrêmement charmante : «On s’est dit que c’était une bonne chose puisque Tyler ne pouvait pas ne pas la remarquer, mais elle a aussi une certaine dureté, ajoute-t-il, d’ailleurs, quand on a tourné les scènes avec
Chris Cooper, où Ally tient tête à son père, on se rend compte qu’elle ne se laisse pas facilement intimider.»
Pierce Brosnan dans le rôle de Charles Hawkins
Lorsqu’il a remarqué que
Pierce Brosnan était prêt à prendre des risques dans
Matador : même les tueurs ont besoin d’amis, Coulter a eu envie de faire appel à lui. «Je me demandais qui pouvait incarner le père d’un type aussi beau, et je me suis dit que
Pierce Brosnan serait parfait, souligne Coulter, Nick a trouvé l’idée bonne et quand on en a parlé à Summit, cela les a enthousiasmés.» Pour Nick Osborne, il fallait que l’acteur incarnant Charles Hawkins trouve le juste équilibre entre stoïcisme et générosité. «Charles est un homme puissant qui n’arrive pas à montrer ses émotions, qui ne réussit pas à dire à son fils qu’il l’aime et qui est en rogne après lui parce qu’il ne parvient pas à exprimer ce qu’il ressent, indique le producteur, Pierce correspondait au personnage point par point.» de son côté, Pattinson déclare : «Pierce a été formidable. C’est vraiment un type adorable. C’était étrange d’avoir un type aussi célèbre que lui qui joue mon père. Cela a été une expérience hors du commun.»
«Je pense que Tyler ressemble beaucoup à son père, et je ne crois pas que l’amour de son père lui manque, dit-il encore, il voudrait que son père se comporte d’une certaine manière, mais il ne sait pas très bien de quelle manière il s’agit, et du coup il est constamment insatisfait. A mon avis, son père est de plus en plus découragé par son attitude à son égard parce que lui estime qu’il est un bon père.» «Il l’aide pas mal et il supporte la plupart des âneries que lui balance Tyler, mais je ne pense pas que l’amour de son père lui manque particulièrement. Il souhaiterait que tout son entourage se comporte différemment, mais il n’a aucune réponse à donner à quiconque. Il est incapable de dire ce qu’il veut à qui que ce soit, parce qu’il ne sait pas lui-même ce qu’il veut.»
Chris Cooper dans le rôle de Neil Craig
Selon Nick Osborne, que dire de plus sur
Chris Cooper, si ce n’est que c’est «un acteur brillantissime» ? «Sa prestation est éblouissante du début à la fin, que ce soit dans la première scène où il pleure sa femme ou dans sa manière de couver Ally.»
Allen Coulter acquiesce : «C’est un acteur génial et on a eu beaucoup de chance qu’il nous dise oui. S’il n’avait pas aimé le scénario, on ne l’aurait même pas rencontré. De même, si sa femme, Marianne, n’avait pas aimé le scénario, on aurait également abandonné la partie. Mais dès qu’il a lu le script, on n’a pas eu besoin de le convaincre.»
«Avant de le contacter, j’ai appelé un ami à moi, Billy Ray, qui l’avait dirigé dans Agent double et qui m’a dit, “C’est un homme merveilleux, et tu auras du mal à trouver plus adorable que lui.” Et cela s’est vérifié. Ce serait difficile de savoir qui a été le plus sympa entre lui et Pierce, car c’est un pur plaisir de travailler avec ces deux comédiens.»
Robert Pattinson explique que le plus surprenant chez Chris, c’est sa force physique : «Cela ne se voit pas tout de suite,» relève-t-il. «Il avait l’air d’être beaucoup plus petit que moi. Et puis dans la scène où il me casse la figure, je me suis rendu compte qu’il aurait réellement pu le faire… C’était un vrai choc !»
Lena Olin dans le rôle de Diane Hirsch
«J’ai été très ému par Lena en visionnant les rushes, observe Osborne, elle pleure encore son fils six ans après son suicide. Et pourtant, à mesure qu’avance le film, on a le sentiment qu’elle reprend goût à la vie. Et du coup, on a encore moins envie qu’elle souffre.»
«J’avais vu Lena dans The Reader et sa générosité, son naturel et son humilité m’ont tellement impressionné que j’ai tout de suite su qu’elle incarnerait une mère formidable pour notre protagoniste», dit-il. «Lena m’a vraiment marqué dans L’Insoutenable légèreté de l’être, et dans tous les rôles qu’elle a joués par la suite, indique
Pierce Brosnan, nous avons peu de scènes ensemble, mais elle s’est quand même révélée être une partenaire magnifique. La scène d’ouverture, qui se passe après les funérailles, m’a époustouflé. Elle dégage une telle émotion ! Elle a une présence incroyable.»
«Au cinéma, il arrive que les familles ne soient pas crédibles, conclut
Emilie De Ravin, mais Lena est tellement vraisemblable dans le rôle de la mère qu’on y croit.»
Ruby Jerins dans le rôle de Caroline Hawkins
«Elle est craquante», s’enthousiasme
Pierce Brosnan. Quant à Nick Osborne, il ajoute : «Elle est sidérante car on a vraiment l’impression qu’elle et Rob sont frère et sœur. Il s’est complètement attaché à elle sur le plateau et il n’en revenait pas à quel point elle pouvait se donner dans son rôle, et à quel point elle était capable d’improviser. C’est grâce à elle que Tyler est un type bien, poursuit-il, il est tellement enfermé dans ses propres névroses, et Caroline est la seule personne à qui Tyler tient sans réserve, et de manière totalement désintéressée.»
«Il y a quelque chose chez Ruby qui fait d’elle une partenaire idéale, note
Robert Pattinson, avec elle, on en oublierait presque qu’on est sur un tournage.»
Tate Ellington dans le rôle de Aidan HallTate Ellington apporte une bonne dose d’humour au film. «Tate ne correspond pas vraiment au personnage tel qu’on l’avait imaginé, explique Coulter, mais Nick m’a soutenu quand je lui ai dit que j’avais un bon pressentiment à son sujet. En discutant avec Tate, je lui ai demandé s’il connaissait quelqu’un de semblable à son personnage. Il m’a répondu :“Oui, et c’est un très bon ami à moi,” et après m’avoir parlé de son copain, je lui ai dit : “C’est tout à fait lui.” Au final, Tate a apporté cette dimension au rôle et s’est avéré un formidable improvisateur. Il a ajouté quelques dialogues ici et là qui étaient à la fois drôles et justes.»