Notes de Prod. : Renaissance

    en DVD le 27 Septembre 2006

L'élaboration d'un projet futuriste

Comment tout à commencé...

Renaissance est le fruit de la rencontre de cinq talents, dont on peut dater l'origine au 10 septembre 1999. C'est le jour où Aton Soumache, producteur, organise une rencontre entre Christian Volckman, réalisateur, Marc Miance, jeune pionnier de la 3D et de la capture de mouvement, et de deux scénaristes, Alexandre De La Patellière et Mathieu Delaporte. Aucun d'eux n'a alors trente ans, tous proviennent d'univers très différents, et pourtant, ce premier rendez-vous a été suivi de certains autres, construisant bientôt des amitiés fortes nourries pas l'obsession commune de mener à bien un projet fou qui ressembla longtemps à un rêve impossible : Renaissance.

Marc Miance, se souvient : «Tout a commencé par un test présenté à Imagina 98. L'année précédente, Olivier Renouard,auprès de qui je travaillais régulièrement, m'avait montré une image 3D fixe en noir et blanc qu'il avait réalisée. Cette image a été un déclic qui a apporté la pierre manquante à ma démarche d'alors : mettre en mouvement un graphisme complètement épuré, et le confronter à une animation extrêmement réaliste, proche d'un film classique en prises de vues réelles. Je savais qu'il y avait là un concept visuel complètement nouveau. Quelques semaines plus tard nous nous sommes mis au travail pour réaliser un test explorant les possibilités offertes par ce concept unique... Sélectionné à Imagina 98, ce test a alors fait figure d'ovni dans le paysage «sage» de l'image de synthèse ! Mais nous n'étions pas les seuls à détoner cette année-là : un incroyable court métrage, Maaz, réalisé par Christian Volckman et produit par Aton Soumache, retenait l'attention de tous et remportait tous les prix, festival après festival...».

Aton Soumache, ajoute : «Une intrigue à la «Philip K. Dick» dans l'univers de «Raymond Chandler», c'est comme ça que nous l'avons résumé à l'époque...».

Et à Christian Volckman de dire : «Je leur ai tout de suite dit que j'étais intéressé par le principe d'un tel film.Nous avons tenu à écrire une histoire qui ferait corps intimement avec le noir et blanc. J'ai fait plein de dessins couplés à toute une série de propositions visuelles pour qu'Alexandre et Matthieu puissent travailler. J'avais en tête une série d'images qui allait servir de fil conducteur : une architecture qui écrase l'homme, un principe de labyrinthe, la thématique du double. Il s'agissait alors de trouver un grand thème, presque mythologique, qui donne tout son sens à l'univers, qui permette au spectateur d'être complètement emporté. Nous voulions dépasser la technologie, l'animation, le noir et blanc. Créer un monde autonome et construit qu'on accepte comme tel, et une histoire qui permette l'identification.»

Des Influences diverses…

Christian Volckman, nous raconte : «Thriller d'anticipation, Renaissance se trouve à la croisée de plusieurs genres. En cela, il est représentatif de notre génération nourrie d'influences très diverses, mêlant les chefs-d'œuvre de l'humanité à la pop-culture.
Notre chance de départ a été que Marc, Matthieu, Alexandre et moi venons d'univers très différents. Cette richesse nous a d'ailleurs permis de beaucoup nous engueuler ! Nous avons parlé tout à l'heure des romanciers américains, on pourrait également citer Frank Miller, et son esthétique monochrome déployée dans sa fameuse série Sin City, les univers de Moebius, Bilal, des films comme Akira, Ghost in the Shell, Tron, Blade Runner, Minority Report, ou Gattaca pour son rétro-futurisme flamboyant.
Mais également, et cela dès le début, des référents cinématographiques plus lointains, avec bien entendu Hitchcock, mais aussi : Le Cabinet du Dr. Caligari, Metropolis, M le Maudit de Fritz Lang qui porte encore les traces de l'expressionnisme. Je voulais que l'univers, dans son ensemble, reflète l'état intérieur des personnages. J'avais le sentiment que la technologie me permettrait de réaliser un film moderne renouant avec les obsessions cinématographiques du muet. L'idée avec le noir et blanc était de revenir aux sources du cinéma, dans son aspect brut, sensitif, primal.»


Un parti pris technique : la motion capture

Très rapidement les principaux protagonistes de Renaissance ont fait le choix de la Motion Capture pour leur film. Cette technique d'animation, souvent utilisée pour les jeux vidéos, et beaucoup plus récemment au cinéma avec Polar Express de Robert Zemeckis, permet d'enregistrer l'intégralité et la souplesse des mouvements de comédiens pour les appliquer ensuite sur un ou des personnages virtuels en trois dimensions.
Cette technique permet une qualité d'animation très poussée et très réaliste, offrant des mouvements criants de vérité. Le procédé est simple : des marqueurs sont placés sur des comédiens dont on filme le jeu sur un plateau entouré de caméras spéciales enregistrant leurs mouvements. Les marqueurs envoient l'information des déplacements sur un ordinateur pour qu'un programme puisse les transmettre à son tour sur des personnages virtuels.

Christian Volckman : «Cette technologie est formidable car elle nous permet d'envisager des choses qui ne seraient pas possibles autrement.
Si j'avais dû tourner Renaissance en prises de vues réelles avec de véritables décors, le film aurait coûté 200 millions d'euros. Ici nous avons une centaine de personnages, 90 lieux, une course-poursuite dans Paris.Cela aurait été impossible à réaliser sans la motion capture et la 3D».


Aton Soumache : «Il est important d'insister sur le fait que l'on récupère le mouvement des comédiens et qu'on le réinjecte dans la 3D. Les personnages ont une interprétation humaine. Cela n'a rien à voir avec la 3D traditionnelle comme Shrek ou Toy Story où les mouvements du corps sont uniquement recréés par des animateurs.
Il me semble qu'avec Renaissance on a rarement vu des personnages aussi réalistes, tout en préservant l'aspect graphique voulu par Christian, qui échappe à toute velléité de photo-réalisme. La grande ambition était d'incarner notre univers par une présence forte des personnages.»
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 59 076 entrées
  • Cumul IDF : 115 308 entrées

  • 1ère semaine France : 141 366 entrées
  • Cumul France : 263 648 entrées