Michel Gomes / Sandro : sans méchanceté dans le cœur
“J’étais chez moi lorsque ma soeur, qui travaillait au Jardin Botanique, m’a informé de la prise d’otages. J’ai assisté au drame à la télévision et je ne pouvais pas imaginer que sept ans après je jouerais le rôle de Sandro. Je voulais trop le rôle, j’ai fait plusieurs essais et ateliers, me suis beaucoup investi et j’ai beaucoup prié : j’ai tout fait pour être choisi. Les coachs, Rogério e Ricardo Blat, ont été merveilleux, ils vous faisaient bien ‘rentrer’ dans le personnage et aussi ‘en sortir’, et rentrer ensuite tranquillement à la maison. Bruno m’a beaucoup parlé du personnage et donnait des indications précieuses pendant les tournages, comme, par exemple : ‘tu as manqué de haine dans le regard’. Le plus difficile c’est de préserver l’énergie, l’adrénaline dans la répétition de scènes fortes, lourdes, qui remuent les sentiments. Pendant une scène, je ne juge pas Sandro, ‘je suis Sandro’. Après avoir découvert le personnage, ce n’est pas que j’excuse ce qu’il a fait, mais Sandro n’a pas eu de chance dans la vie. Il n’avait pas de méchanceté dans le cœur, ou alors il aurait fait un vrai carnage dans ce bus. Cela me fait de la peine, mais on ne peut changer ce qui lui est arrivé. Je suis acteur depuis huit ans et je suis sûr que ce rôle sera très marquant dans vie ma et dans ma carrière”.
Cris Vianna / Marisa : Une vie à la recherche de son fils
“Interpréter Marisa a été un cadeau et aussi un défi, à commencer par le par- cours du personnage à trois âges différents : à 18, à 28 et à 35 ans. Tout au long de ces années, elle subit une grande transformation – elle change sa vie déréglée grâce à la religion, mais n’abandonne pas le rêve de retrouver le fils qui lui a été arraché des bras. Un rêve si fort qu’elle ne doute qu’il s’agisse du fils perdu , lorsqu’elle rencontre Sandro. Je n’ai pas eu de contact avec le personnage réel, que je n’ai vu que dans le documentaire: une femme extrêmement triste. Marisa m’est apparue pendant les répétitions, et grâce aux détails incroyables suggérés par Bruno. Mes relations avec les autres acteurs ont été excellentes.”
Marcello Melo Jr. / Alê Monstro : un manque d’amour
“Je fais du théâtre depuis petit et avoir été choisi pour interpréter Alê Monstro a été une grande opportunité. Alê Monstro est un personnage agressif, tourmenté et, d’une certaine façon, c’est lui qui va montrer à Sandro ce qu’est la vie et comment se défendre. Les deux garçons développent une relation très forte. Je pense qu’Alê est le résultat du manque d’amour, principalement d’amour maternel. C’est ainsi qu’il rend aux gens ce qu’il a reçu de la vie – ignorance, coups, manque d’affection. Les répétitions ont été fondamentales pour faire sortir ce personnage. Michel et moi nous connaissions et sommes devenus encore plus amis. Comme tout le Brésil, j’ai assisté à la prise d’otages du bus 174. Je n’ai pas ressenti de haine vis-à-vis de Sandro à l’époque. Pour lui c’était une journée ‘normale’ où les choses ont mal tourné. Et tout ce qui s’est passé montre comment la vie peut être injuste, que tout peut aller de travers ...”
Anna Cotrim / Walquíria : La responsabilité du personnage
“Interpréter Walquíria a été une grande responsabilité. Elle est différente – tandis que la plupart des personnages sont d’origine pauvre, elle est bien née et avait besoin de s’adapter à une autre réalité. Pour cette adaptation, les répétitions et les improvisations avec Ricardo e Rogerio Blat ont été essentielles. J’ai connu Yvonne Bezerra de Mello, et même si Walquíria est inspirée d’elle, on n’a pas cherché à faire une reconstitution fidèle.”
Gabriela Luiz / Soninha : C’est une guerrière
“J’interprétais ‘Juliette’ avec la ‘Cia dos Comuns’ quand j’ai été appelée pour faire un essai. Ça été un travail assez intéressant de passer d’un personnage de Shakespeare à celui de Soninha. Les ateliers et les répétitions avec Ricardo et Rogério Blat ont été essentiels pour la découverte du personnage, ainsi que les suggestions de Bruno. Comme réalisateur, il a une particularité intéressante : il suggère, mais laisse l’acteur proposer, et ainsi il nous laisse de l’espace pour libérer le personnage d’une façon spontanée, naturelle. Ma plus grande préoccupation a été de ne pas tomber dans la vulgarité. Soninha est une fille de la rue qui lorsqu’elle grandit, vend son corps, mais je voulais que cela se passe légèrement et sans la notion de sacrifice. Pour elle, c’était un travail normal. Je voulais qu’elle ait une certaine grâce. Je voulais casser la caricature, faire la chose avec naturel, la rendre humaine. Pour la rendre un peu coquine je me suis inspirée du monde funk. Soninha est très rusée , elle comprend les choses très rapide- ment – dans la rue, chez la mère de Sandro, d’ailleurs, elle est bien plus rusée que lui. Soninha est une guerrière.”
Tay Lopez / Jaziel : Humaniser sans juger
“Ma plus grande préoccupation a été ne pas incarner un pasteur stéréotypé – Tout ce que Bruno ne souhaitait pas. Dans les recherches sur le personnage j’ai lu la Bible, j’ai fréquenté des églises de différents cultes, j’ai observé plusieurs pasteurs. Mais je crois que la clé pour Jaziel m’est apparue pendant une répétition avec
Michel Gomes – qui ne représentait pas Sandro, il était Sandro, dans sa vérité absolue, sans masque. Ce fut le point primordial: je n’ai pas voulu démontrer le personnage, je cherchais à me cacher afin que Jaziel ait pu apparaître. J’ai essayé d’humaniser et de défendre Jaziel, me contentant d’être lui, sans le critiquer ou le juger, ce qui est d’ailleurs une posture du film concernant tous les personnages. Les rapports avec Cris ont été très bons – et je pense que nous avons créé un couple ‘différent’, comme Bruno voulait. Un des aspects les plus intéressants du film c’est de montrer le quotidien de personnages en principe si archétypiques – sans tomber dans la caricature.”