La chef costumière
Janty Yates (lauréate de l’Oscar pour
Gladiator) entretient une collaboration suivie avec
Ridley Scott : «Il y a entre nous une communion intuitive très gratifiante», dit-elle. «À chaque nouveau film, je découvre un peu plus son génie, sa vision et sa créativité.»
Prenant en compte l’approche réaliste de Scott,
Janty Yates prit le contre-pied d’une vision romantique de
Robin pour mettre d’abord en valeur le combattant anonyme. On découvre ainsi
Robin en simple archer de l’armée de Richard, vêtu de pantalons de cuirs, le poitrail recouvert d’un plastron lamellé, héritage familial orné de l’emblème de la Charte de la Forêt.
Janty Yates : «Lorsqu’il adopte l’habillement de Loxley surgit un tout autre
Robin, resplendissant, portant fièrement cape, cotte de mailles, armoiries et tabard. Le bleu convenant particulièrement bien à Russell, nous l’avons habillé d’une grande tunique de daim teinte en gris et bleu. Ce sera sa tenue civile principale, du fait que les gens se changeaient rarement à l’époque.»
Un ensemble aussi réaliste que cohérent, ainsi que l’explique
Mark Strong : «Chaque détail a été judicieusement choisi, et cette authenticité nous facilita le travail. La cotte de mailles, par exemple, n’a pas seulement une fonction protectrice ; elle vous oblige, par son poids, à adopter une certaine allure… celle des chevaliers d’antan.»
Cate Blanchett fut très impressionnée par le travail de
Janty Yates et les toilettes que celle-ci lui attribua : «C’est la deuxième fois que j’ai le bonheur de travailler avec elle. Janty a un sens aigu du détail juste, une approche d’une grande sobriété, une aptitude à restituer fidèlement l’esprit d’une époque tout en vous donnant l’impression de découvrir ces costumes pour la toute première fois.»
Les créations de
Janty Yates contribuent grandement à «la texture picturale» voulue par Scott. Le travail commença en Italie, où la chef costumière acheta «un million de kilomètres de tissus», de cuirs, de soie, de dans les collines afghanes. Il aime les textures, les étoffes anciennes qui dégagent une vraie atmosphère. Dans ce film, les tissus soulignent par leurs contrastes la coupure radicale entre le peuple et la noblesse.
«Le film se situe à peu près à l’époque de
Kingdom Of Heaven, mais nous avons dû, cette fois, vêtir un plus large lin, etc.
Et de préciser : «Ridley a toujours aimé la soie, qui reflète si bien la lumière. Nous en avons utilisé de grandes quantités, en premier lieu pour les personnages royaux, bien sûr. Mais il aime aussi le lin pour son côté naturel et la soie de Matka, rugueuse et torsadée, qu’on croirait tissée à la main éventail de personnages en utilisant et embellissant les formes de l’époque. Très rudimentaires, celles-ci passeraient mal à l’écran. Il a fallu tricher, souligner les contours de chaque interprète et personnage. Sinon, ils auraient eu l’air de porter sur eux de simples sacs de patates!»