Notes de Prod. : Rock Academy

    en DVD le 24 Septembre 2004
"J'adore l'écriture de Mike", déclare Black à propos de Mike White, scénariste de ROCK ACADEMY. "Il n'est pas seulement en phase avec mon style d'humour, il sait comment me faire parler à l'écran."
Mike White, qui a vécu pendant trois ans dans le voisinage de Black, ambitionnait de lui mitonner un personnage et un script à sa démesure : "Jack est un superbe comédien, un excellent musicien et un parfait antihéros. Passablement déjanté, il s'entend à merveille avec les gosses, et cela m'a donné envie de l'entourer d'une bande de jeunes."

Jack Black et Dewey Finn, ne sauraient être plus ressemblants… et plus dissemblables. Black est le chanteur, auteur-compositeur et guitariste du groupe, Tenacious D ; Finn, le personnage qu'il incarne dans ROCK ACADEMY, est le chanteur, auteur-compositeur et guitariste du groupe, No Vacancy… jusqu'au jour où il s'en fait virer. Et si le rock joue un rôle non négligeable dans la vie de Black, il est toute la vie de Finn.
Le génie comique de Black, l'habile scénario de White constituaient déjà de solides garanties, mais en engageant comme réalisateur Richard Linklater, les producteurs étaient conscients de se donner un atout supplémentaire. Dès ses premiers films, SLACKER et DAZED AND CONFUSED, Linklater a en effet marqué l'histoire du cinéma indépendant américain. Il a en outre une profonde affinité avec le rock, dont il use régulièrement dans ses films.

Les jeunes...

Une fois le casting adulte réuni, le grand challenge fut de remplir la classe de jeunes de 11 à 12 ans, possédant de réels dons musicaux. Le producteur Scott Rudin, Richard Linklater, la directrice de casting Ilene Starger et le superviseur musical Randall Poster étaient tous animés du même désir d'authenticité.
"Nous avons recruté des jeunes qui savaient effectivement jouer d'un instrument et chanter", explique Ilene Starger, qui auditionna en cinq mois plusieurs milliers d'enfants à New York, Los Angeles, Chicago, Minneapolis, San Francisco et Seattle.
"Nous avons choisi la plupart de nos jeunes comédiens hors du sérail hollywoodien, de sorte qu'ils apportent tous au film une note de fraîcheur attendrissante."

Deux membres de ce groupe, la guitariste Rebecca Brown et le pianiste Robert Tsai, furent découverts dans l'émission radiophonique "From the Top" qui permet à de jeunes musiciens de formation classique de se faire connaître sur les ondes et de parfaire leur éducation musicale.
Joey Gaydos junior, qui interprète Zack, habite Belleville… dans le Michigan. Guitariste depuis l'âge de huit ans, il a monté récemment son premier groupe. C'est par l'entremise du programme estival Dayjams, parrainé par le National Guitar Workshop, que la production le découvrit.
Kevin Clark (le batteur rebelle Freddy) fut recruté lors d'une audition libre à Chicago. Batteur depuis l'âge de… trois ans, il suit depuis plusieurs années une formation professionnelle.

La musique...

Durant le casting, le superviseur musical Randall Poster, qui avait déjà travaillé avec Richard Linklater sur SUBURBIA, entreprit de constituer une formation musicale. Sa première démarche fut de nommer un coordinateur : Jim O'Rourke, instrumentiste et producteur du groupe Sonic Youth.
Randall Poster :
"Nous avons fort heureusement bénéficié de dix semaines pour entraîner nos jeunes. Ils purent donc se familiariser pleinement avec leur instrument et leur rôle."

Jack Black :
"Jim O'Rourke est un excellent musicien et producteur qui a déjà sorti plusieurs albums. Il a fait travailler ces gosses jusqu'à ce qu'ils soient fins prêts, tout en leur rendant le boulot aussi plaisant que possible."
O'Rourke, qui a produit aussi pour les groupes Stereo Lab et Wilco, explique sa démarche : "J'ai commencé par évaluer le potentiel de chacun car j'avais besoin de savoir ce qu'ils ont l'habitude de jouer, de connaître leur style favori, leurs points forts et leurs carences. Après cela, mon travail a consisté à les mettre au même niveau afin qu'ils constituent un groupe homogène."
Le compositeur Craig Wedren témoigne que ces nombreuses répétitions permirent aux jeunes de s'exprimer en toute spontanéité, dans une ambiance joyeuse et amicale : "Cela m'a rappelé mon premier groupe, quand j'avais douze ans. On s'éclatait à la batterie ou à la guitare, on avait un bonheur fou à improviser entre copains. J'ai retrouvé tout cela durant nos séances."

Le tournage...

ROCK ACADEMY a été entièrement réalisé à New York et dans ses environs. Les prises de vues débutèrent au Wagner College de Staten Island, dont la façade néo-gothique "doublait" idéalement celle de l'École Horace Green. Les intérieurs de l'établissement furent ultérieurement réalisés dans une école privée de Long Island. L'équipe se rendit ensuite à Franklin Lakes et Rahway (New Jersey), pour filmer les extérieurs d'un ancien cinéma, converti en salle de spectacle, qui accueille régulièrement de grosses productions théâtrales et musicales.
Les scènes situées dans la cafétéria, les salles de conseil et le bureau de Rosalie Mullins furent tournées durant les vacances d'hiver à la prestigieuse Buckley Country Day School, qui occupe l'ancienne propriété de la famille Shearson, à Roslyn (Long Island).

Après plusieurs semaines d'extérieurs, la production établit ses quartiers aux studios Broadway du Queens pour le tournage des scènes de classe et les séquences situées dans l'appartement partagé par Dewey, Ned et Patty. Le chef décorateur Jeremy Conway et son équipe s'en donnèrent à cœur joie sur ce décor en briques, funky à souhait, envahi de vieux 33 tours et d'instruments de musique, et, du côté de Dewey, d'un amas de barquettes de surgelés, plateaux télé et autres détritus.
Le tournage de la trépidante "Battle of the Bands" finale ramena la joyeuse équipe à Staten Island pour un grand concert au St. George Theatre. Cet ancien opéra et music-hall, bâti en 1928, fut dans les années trente l'un des plus luxueux cinémas art déco des États-Unis. On ne pouvait souhaiter plus bel environnement pour le finale de ROCK ACADEMY.

Pour donner à cette scène toute l'ampleur souhaitée, la production fit appel à deux éclairagistes légendaires, Jules Fisher et Peggy Eisenhauer, lauréats de dizaines de grands prix , qui éclairèrent récemment tous les numéros musicaux du film CHICAGO, et ont contribué avec leur studio, Third Eye, au succès de nombreux ballets, opéras, films, émissions de télévision et concerts de rock.