Une aventure hors normes
David Mackenzie raconte comment il est arrivé sur le projet : "Quand j'ai lu le scénario, je me suis dit qu'il y avait matière à réaliser un film très drôle, et l'idée, assez délirante, de tourner dans un grand festival de musique, qui se déroule l'été, m'a beaucoup plu. J'étais conscient qu'il allait être extrêmement difficile de transposer l'agitation et la frénésie d'un tel événement, et d'en restituer l'authenticité, et nous avons donc décidé que le mieux était de tourner l'intégralité du film dans un véritable festival de musique, plutôt que d'essayer de le reconstituer. Du coup, on s'est retrouvé à relever le défi, plutôt hallucinant, de faire coïncider la durée du tournage avec celle du festival : quatre jours et demi !"
Il poursuit : "Ce dispositif inhabituel a formidablement dynamisé le tournage puisque tout ce que nous filmions – ou presque – était réel. En règle générale, j'aime bien me laisser surprendre par l'imprévu, plutôt que d'envisager toutes les hypothèses à l'avance – et d'ailleurs, c'est exactement comme cela que le film a été tourné."
Le réalisateur reprend : "Ce que j'aime beaucoup dans ce film, c'est qu'il vous plonge dans un monde à part. Rapidement, on en oublie l'histoire et on est immergé dans l'univers du festival. Étrangement, le film trouvait au fur et à mesure son langage cinématographique propre. Les journées étaient dures, mais pas beaucoup plus que sur un tournage classique, et on savait qu'on n'était pas là pour longtemps. Le plus difficile, c'était de s'arrêter. On était galvanisés du matin au soir, et c'est ce qui nous permettait de tenir. Et cela correspond exactement à ma définition de la mise en scène : diriger une équipe de vrais passionnés qui prennent du bon temps, laisser libre cours à sa créativité et ne surtout pas se laisser entraver par un dispositif technique censé vous aider, mais qui, en réalité, vous met des bâtons dans les roues."
Les débuts de l'aventure
Si le scénario n'a pas été écrit initialement pour le festival T in The Park, le directeur de la manifestation était des plus favorables au projet et a donc accordé l'autorisation de tournage au réalisateur. La production a ensuite facilement bouclé le financement du film.
David Mackenzie précise : "On a eu la chance d'avoir des partenaires financiers qui ont compris nos ambitions artistiques. On a eu un rendez-vous avec les responsables de BBC Films, et ils nous ont dit qu'on était complètement fous, mais ils ont tout de suite compris ce qu'on voulait faire. On leur a montré des extraits des auditions, et je crois que c'est ce qui les a convaincus qu'on pouvait y arriver". Au cours de la semaine précédant le tournage, une journée a été consacrée à des répétitions filmées, comme s'il s'agissait d'une captation d'un spectacle vivant : elle s'est déroulée dans le plus grand espace des studios Film City Glasgow, qui appartiennent à Sigma.
L'exercice a prouvé que le film pouvait être tourné dans de telles conditions et que l'action pouvait s'inscrire dans un cadre aussi restreint. Surtout, ce test "grandeur nature" a rassuré l'équipe sur sa capacité à relever le défi. "J'étais parfaitement déterminé à tourner le film dans son intégralité en une journée de répétitions, ce que je trouvais extrêmement intéressant", souligne
David Mackenzie. "En fait, on a échoué puisqu'on n'a tourné que trois quarts du scénario, mais cela nous a suffi à prendre conscience qu'on pouvait quand même y arriver."