Notes de Prod. : Roman De Gare

    en DVD le 23 Janvier 2008

Conversations avec Claude Lelouch

Claude Lelouch, vous avez choisi de réaliser Roman de Gare en vous cachant derrière un pseudonyme?
Pablo Picasso disait «Dans chaque enfant, il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant». J’avais peut-être ainsi envie de faire ma dernière grosse bêtise. Mais je pense que c’est en découvrant le film sur un écran qu’on peut vraiment comprendre à quel point la décision de le préparer et le réaliser anonymement a constitué un des moteurs essentiels de sa genèse. Tant la dissimulation constitue un élément déterminant de son sujet. Et constituait surtout un des ressorts de l’inspiration. Elle fait partie du film.

C’est la seule raison ?
C’est vrai qu’après l’échec de mon dernier film j’ai ressenti ce besoin inconscient de me dissimuler à un moment où je traversais une de mes crises les plus sournoises. L’idée de travailler de façon discrète, sans commentaires, sans pression, sans jugement préalable des autres a commencé à germer dans ma tête, un peu comme ce désir d’être provisoirement un autre que j’avais déjà ressenti à l’époque de Itineraire D’un Enfant Gate. D’ailleurs dans Roman de gare, on voit aussi des personnages en cavales, des voyages, des bateaux, des trahisons, des preuves de fi délité mais plus que jamais surtout un homme qui veut devenir un autre, quelqu’un qui veut disparaître.

La voix de Gilbert Bécaud a remplacé celle de Jacques Brel…
Dans cet univers d’errance, la présence musicale de Bécaud m’a toujours indiqué la direction à suivre. Elle souligne les droits et les devoirs de ceux qui créent. Ce besoin d’être reconnu pour ce que l’on donne, pas pour ce que l’on est.

Roman de gare est aussi un film de genre
Souvent la maturité incite les artistes à revenir de façon plus ou moins inconsciente vers ce qui les a marqués plus jeunes. J’espère que vous verrez dans Roman de gare du drame, du mélodrame, de la comédie, du suspense, du road movie, du western, bref des genres et des cinémas que j’ai toujours aimé par-dessus tout.

Est-ce une des raisons pour laquelle ce film est un de vos plus lumineux, un des plus sereins depuis longtemps, relativement à l’écart des zones d’ombres des Parisiens et du Courage D’aimer ?
Il m’est difficile de répondre aujourd’hui à chaud à cette remarque. D’autant que dans les Parisiens, je faisais dire à Ticky Holgado que les artistes sont les chouchous du Bon Dieu. Roman de gare prolonge un peu cette réplique qui s’adresse à ceux qui aujourd’hui veulent pouvoir exprimer des choses personnelles, les transmettre au plus grand nombre, sans passer par des intermédiaires, à la fois livrer une création, exprimer une ambition. Et en demeurer fier.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 60 981 entrées
  • Cumul IDF : 131 646 entrées

  • 1ère semaine France : 151 204 entrées
  • Cumul France : 347 541 entrées