Notes de Prod. : Sagan

    en DVD le 11 Décembre 2008

Françoise Sagan

Si Françoise Sagan est devenue au fil des ans la sympathique grande dame à petits scandales de la scène culturelle française, elle n'a jamais délaissé sa carrière littéraire : elle a publié une cinquantaine de romans ou pièces de théâtre, dont plusieurs ont connu de grands succès.

Françoise Sagan, de son vrai nom Françoise Quoirez, est née le 21 juin 1935 à Cajarc, dans le Lot. Troisième enfant d’une famille d'industriels aisés, elle grandit avec son frère Jacques et sa sœur Suzanne, à Paris, boulevard Malesherbes.

En 1940, les Quoirez se réfugient à Lyon et louent une maison à Saint-Marcellin (Vercors) jusqu’à la fin de la guerre. La famille revient à Paris en 1945. Après un bref passage au Couvent des Oiseaux, d’où elle est renvoyée pour ''manque de spiritualité'', Françoise entre au cours Hattemer : elle y rencontre Florence Malraux.

Fascinée par les Illuminations de Rimbaud, Françoise écrit, à l’été 1953, un roman en six semaines : Bonjour Tristesse - le titre est tiré d'un vers de Paul Eluard. Elle l’envoie à deux éditeurs, mais c’est René Julliard le plus rapide : il lit le manuscrit dans la nuit, et au matin, décide de le publier. Françoise choisit un pseudonyme inspiré de la princesse de Sagan dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust.

Bonjour Tristesse raconte dans un style détaché l'éveil à l'amour d'une adolescente à la fois innocente et perverse. Son roman est lancé au printemps 1954 sur fond d'émancipation féminine : neuf ans après la guerre, un vent de liberté souffle sur le Saint-Germain-des-Prés existentialiste. La presse s'emballe pour le ton de Sagan, encore mineure, que l'on compare à Colette ou Radiguet. Le livre obtient le prestigieux Prix des Critiques avant d'être encensé par François Mauriac. Les ventes explosent pour atteindre plusieurs millions d'exemplaires, dont un million aux Etats-Unis. C'est la gloire pour la jeune Sagan, propulsée icône de la jeunesse affranchie des années 50/60 et bientôt égérie des zazous, des hussards et des existentialistes parisiens. "La gloire, je l'ai rencontrée à 18 ans en 188 pages, c'était comme un coup de grisou", dira-t-elle plus tard.

En 1956 elle publie Un certain sourire qui tire à 500 000 exemplaires.

En 1957, Françoise Sagan échappe de peu à la mort après un très grave accident de voiture. Tirée d’affaire, elle épouse l’année suivante l’éditeur Guy Schoeller, dont elle divorce trois ans plus tard.

En 1958, Otto Preminger adapte Bonjour tristesse au cinéma tandis que Sagan acquiert, grâce à la roulette du casino de Deauville, le manoir du Breuil à Equemauville, près d’Honfleur.

1959 voit la création de sa première pièce, Château en Suède, montée au théâtre de l’Atelier. Françoise Sagan rencontre Paola Saint-Just et publie, toujours chez Julliard, Les merveilleux nuages. Entourée de ses amis Bernard Frank, Florence Malraux et Jacques Chazot, elle mène une vie pleine d’excès et de petits scandales insolents. Éprise de voitures de sport, de jeu, et d’alcool et elle défraie régulièrement la chronique mondaine

En 1962, elle épouse Bob Westhoff. Le 26 juin, c’est la naissance de leur fils Denis.

En 1965 elle écrit La Chamade, roman qui sera adapté au cinéma par Alain Cavalier.

En 1966 On monte Le cheval évanoui au théâtre du Gymnase. En 1968 elle publie Le garde du cœur et l’année suivante, Un peu de soleil dans l’eau froide, chez Flammarion

Séparée de Bob Westhoff en 1972, Françoise continue à publier, notamment Des bleus à l’âme et Réponses, en 1975. Elle réalise également un long métrage : Les fougères bleues.

Entre 1977 et 1983 elle publie Le lit défait, Le chien couchant, La femme fardée, Un orage immobile et Avec mon meilleur souvenir.

En octobre 1985, Françoise Sagan est victime d’un sérieux incident respiratoire lors d'un voyage en Colombie, où elle a accompagné le président François Mitterrand.

En février 1995, elle est condamnée à un an de prison avec sursis, et à une peine d'amende, pour usage et possession de cocaïne.

En février 2002, Françoise Sagan est à nouveau condamnée à un an de prison avec sursis pour une fraude fiscale, en marge de l’affaire Elf.

Le vendredi 24 septembre 2004, Françoise Sagan décède d'une "décompensation cardio-respiratoire" à Honfleur. Elle meurt ruinée, ayant vendu tous ses bijoux et vu les droits de ses derniers livres partir directement aux impôts.

Françoise Sagan a été inhumée le mardi 28 septembre 2004 dans le petit cimetière du hameau de Seuzac, à quelques kilomètres de sa ville natale de Cajarc.

Bibliographie

Romans

Bonjour tristesse, Julliard 1954
Un certain sourire, Julliard 1956
Dans un mois, dans un an, Julliard 1957
Aimez-vous Brahms… Julliard 1959
Les merveilleux nuages Julliard 1961
La Chamade Julliard 1965
Le Garde du cœur, Julliard 1968
Un peu de soleil dans l’eau froide, Flammarion 1969
Des bleus à l’âme, Flammarion 1972
Un profil perdu, Flammarion 1974
Des yeux de soie (nouvelles), Flammarion 1975
Le lit défait, Flammarion 1977
La Femme fardée, Ramsay-Pauvert 1980
Le Chien couchant, Flammarion 1981
Musiques de scène (nouvelles), Flammarion 1981
Un orage immobile, Julliard-Pauvert 1983
De guerre lasse, Gallimard 1985
Un sang d’aquarelle, Gallimard 1987
La Laisse, Julliard 1989
Les Faux-fuyants, Julliard 1991
Un chagrin de passage, Plon-Julliard 1994
Le Miroir égaré, Plon 1996

Théâtre

Château en Suède, Julliard, 1960
Les Violons parfois, Julliard 1962
La Robe mauve de Valentine, Julliard 1963
Bonheur, impair et passe, Julliard 1964
Le Cheval évanoui, Julliard 1966
Un piano dans l’herbe, Flammarion 1970
Il fait beau jour et nuit, Flammarion 1978

Récits, Biographies, Entretiens…

Landru (scénario), Julliard 1963
Toxique (récit illustré par Bernard Buffet), Julliard 1964
Réponses (entretiens), Jean-Jacques Pauvert 1974
Brigitte Bardot (biographie) Flammarion 1975
Le sang doré des Borgia (scénario et dialogues), Flammarion 1977
Avec mon meilleur souvenir (mémoires), Gallimard 1984
Sand et Musset, lettres d’amour (introduction), Hermann 1985
Sarah Bernhardt, le rire incassable (biographie), Robert Laffont 1987
Répliques (entretiens), Quai Voltaire 1992
… Et toute ma sympathie (portraits), Julliard 1993
Derrière l’épaule (mémoires) Plon 1998

Entretien avec Diane Kurys

Comment est née l’envie de consacrer un film à Françoise Sagan ?

Je n’ai pas connu Françoise Sagan. J’aurais pu, elle croisait beaucoup de monde. Mais curieusement, j’ai toujours eu l’impression qu’elle faisait partie de ma vie. C’est sûrement la même chose pour beaucoup de gens de ma génération. Elle nous a accompagné depuis l’adolescence, à la fois comme un personnage familier et comme un mythe vivant. Pendant des années, elle a défrayé la chronique, on connaissait sa mèche rebelle, son débit saccadé, son aplomb, son originalité et d’une certaine façon, on la croyait immortelle. Quand elle a disparu, en 2004, j’ai eu le sentiment d’être passé à côté d’une rencontre importante, d’autant que nous avions failli travailler ensemble. Je savais qu’elle adorait la correspondance de Sand et Musset, et je lui avais proposé d’écrire le scénario des Enfants du siècle avec moi : cela avait failli se faire. En lisant les articles qui lui étaient consacrés dans la presse au moment de son décès, en découvrant les dizaines de photos d’elle et de ses amis, j’ai vu à quel point sa vie avait été romanesque, intense, riche. Le film était là, dans ces portraits en couleur, dans les photos en noir et blanc de son accident de voiture, dans celle de son mariage avec Guy Schoeller… Je n’avais qu’à tourner les pages. Je me suis mise à lire tout ce qu’on avait écrit sur elle, je me suis replongée dans ses romans, j’ai regardé ses interviews, et l’idée de faire un film sur sa vie ne m’a plus quittée.

Entretien avec Sylvie Testud

Quelle image aviez-vous de Françoise Sagan avant que l’on vous propose de l’interpréter ?

Avec le recul, je me suis rendu compte que j’avais une image d’elle assez fausse. C’est l’écrivain que je retenais, mais associé à une figure d’intellectuelle, à quelqu’un de cérébral et d’assez strict. Sa tenue vestimentaire apprêtée, comme son ton grave, me faisaient imaginer quelqu’un de moins vivant.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 910 entrées
  • 1er jour IDF : 10 593 entrées
  • 1ère semaine IDF : 76 923 entrées

  • 1ère semaine France : 197 375 entrées