Notes de Prod. : Salamandra, une enfance de Patagonie

Salamandra, une enfance de Patagonie : Du vécu à la réalisation

On dirait un cauchemar délirant. Pourtant c’est bien réel. C’est mon enfance. J’ai essayé de reconstituer fidèlement cet univers : ne pas faire du cinéma sur le cinéma, mais filmer des souvenirs. Dans ma mémoire, les images ne sont pas symétriques, clean et cinématographiques, mais brutales et insaisissables. Avec Hélène Louvart, chef opérateur, nous nous sommes consacrés essentiellement à décadrer, à salir, à détruire. Brouiller les traces de l’écriture, de l’éclairage et de la mise en scène, donner l’impression d’être plongé sans préavis dans un monde chaotique, retrouver le regard surpris d’un enfant qui court avant de savoir où il va.

Salamandra, une enfance de Patagonie : Un contexte particulier

Un monde sans Dieu, sans état et sans père.

Ma génération est celle d’après l’apocalypse des croyances. Mes parents ont tenté de construire leur vie avec les débris d’une idéologie déjà trahie et d’un projet hippie qui s’était autodétruit. Ma classe sociale est indéfinissable, pauvre mais intellectuelle, à la fois cosmopolite et rurale. Mon village se trouve dans une vallée encaissée de la Patagonie. C’est littéralement un puits où tombent, depuis toujours, ceux qui veulent disparaître.