Notes de Prod. : Sangre

    en DVD le 22 Novembre 2006

Amat Escalante - Interview

Comment est née l'idée du film ?
Ce projet est né en marchant dans les rues de Mexico, en écoutant les gens parler dans les bus et en observant ce qu'ils mangent, ce qu'ils jettent. Les différences sociales et économiques évidentes dans mon pays ont créé un déséquilibre culturel, économique et humain flagrant. Cela engendre un désenchantement et une frustration sur une population désormais incapable de prendre en charge son propre avenir. Ces gens ont perdu toute capacité et tout désir de communiquer rationnellement avec les autres et particulièrement avec leurs proches.

Qu'elle est, selon vous, l'influence des feuilletons télévisés sur les gens les plus simples ?
Les gens, tout au moins à Mexico, regardent les feuilletons télévisés tous les soirs et ils se mettent même à parler et à se comporter comme les personnages de ces séries. Cela explique pourquoi la plupart des dialogues de mon film pourraient être extraits directement de l'un de ces feuilletons, ce qui est à la fois absurde et ridicule. Je suis convaincu que cela envahit les gens à un degré qui échappe à tout contrôle car ces feuilletons sont généralement porteurs d'un message fort sur le plan moral.

Votre personnage principal, Diego, a toujours l'air sur le point d'exploser, mais il semble aussi se retenir en permanence. Pourquoi cette attitude ?
C'est de cette façon que je vois le monde d'aujourd'hui, toujours sur le point d'exploser, alors qu'en fait rien ne semble se passer. Il se contente d'absorber tous les problèmes auxquels il se trouve confronté et, une fois qu'il ne peut plus supporter cette situation, il se comporte avec une grande stupidité sous le coup de la peur. C'est très frustrant. Il n'explose pas, parce qu'il a trop peur de ce que pourrait engendrer une telle réaction.

Pourquoi avez-vous utilisé le Cinémascope pour filmer une histoire aussi intime ?
J'apprécie ce format pour sa façon de remplir l'espace d'un écran de cinéma.
J'ai découvert qu'en utilisant de longues focales en intérieur, ce format me donnait une forte sensation de claustrophobie et en même temps, il m'offrait la possibilité de donner une grande impression de liberté et une vision panoramique dans les extérieurs de la fin du film, au moment où le monde semble s'ouvrir. J'aime la façon dont ce format coupe la tête et le corps et je l'ai utilisé dans cet esprit. Par ailleurs, il correspond parfaitement aux plans du long divan sur lequel sont vautrés en permanence les deux personnages.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 2 923 entrées
  • Cumul IDF : 5 931 entrées

  • 1ère semaine France : 4 502 entrées
  • Cumul France : 9 395 entrées