"J’ai toujours trouvé des cadeaux devant mon sapin le matin du 25 décembre. Même à l’âge où je savais qu’il n’existait pas vraiment de magie derrière tout ça, mes cadeaux étaient là. Même quand mes parents savaient que je n’y croyais plus, mes cadeaux étaient là. C’était que la vérité se situait quelque part entre mes croyances d’enfant et mes certitudes d’adulte.
C’est peut être ce qui a motivé mon désir d’écrire un conte où les personnages de Noël sont de chair et de sang et vivent dans le monde actuel. J’ai donc essayé d’imaginer le VRAI Père Noël, les VRAIS elfes tels qu’ils pourraient exister aujourd’hui. Ceux auxquels j’aurais cru jusqu’au bout si on me les avait décrit ainsi...
Et si le Père Noël existait vraiment? Aurait-il une vie sentimentale? Quel rapport entretiendrait-il avec la fête religieuse de Noël? Un tel personnage pourrait-il exister malgré les tentatives actuelles de rendre les enfants trop tôt responsables et aguerris? Ne serait-ce pas un poids trop lourd à porter, pour une seule personne, de devoir se charger d’un rêve universel, tous les ans?
Ce questionnement est le point de départ de Santa Closed. Un soir de réveillon, le Père Noël décide de ne pas aller livrer les cadeaux. Les elfes vont devoir remédier au problème en faisant appel à des personnages incarnant le microcosme fantastique qui entoure la légende de Noël.
Très rapidement, il m’est apparu que le thème central du film serait la fuite de sa propre identité. Tout comme le héros, la plupart des personnages de ce film vont chercher à échapper, le temps d’un soir, à ce qui fait le fondement de leur existence même. Et vont échouer.
Dans un souci d’allier réalisme et fantastique, la caméra doit fusionner avec la nature des personnages tandis que la scénographie, elle, suggérera le merveilleux.
L’univers visuel global du film sera centré sur l’opposition qui existe entre les illustrations de la première séquence (livre de noël raconté par un père à sa fille) et la réalité qui nous sera montrée par la suite. La première séquence sera filmée de manière très douce, avec des plans fluides mettant l’accent sur l’admiration de l’enfant, grâce à une lumière onirique, et un décor de chambre de petite fille assez typique. Ces éléments permettront au spectateur non seulement de prendre part au rêve de cette enfant, mais surtout de se familiariser avec les personnages du conte raconté par le père.
La réalité derrière le rêve surgira ensuite. Un univers rude et pittoresque apparaîtra sous nos yeux, cru, agressif. Des gros plans, une caméra à l’épaule, un montage très cut m’aideront à donner cette sensation. A l’approche de la résolution, cette mise en scène se verra tempérée par un retour au style de la première séquence : une caméra moins nerveuse dans un rythme plus doux viendra observer la décision ultime des personnages."
Douglas Attal