Tony a ressuscité !
Tony Montana. Difficile de trouver personnage plus culte dans l'univers cinématographique. Ses répliques mythiques, son univers
"so f***ing" violent, ses chemises hawaïennes, ses pépées toujours bien roulées et sa Cadillac hors de prix. Parce qu'avant de voir deux flics flinguer à Miami, il y avait ce baron de la drogue made in Cuba qui faisait régner sa loi à grand coup de mitraillette. Et si
Brian De Palma avait fait shooté son balafré à la fin de son film, Vivendi Universal Games le ressuscite pour son jeu. Et dire que Tony Montana était déjà pour beaucoup un demi-Dieu…
"Dans ce pays, il faut d'abord faire le fric!"
Le jeu s'ouvre sur un superbe montage d'images du film, annonçant les acteurs, bercé par les répliques pleines de poésie de Tony et des autres, le tout badigeonné de rouge et de tirs de mitraillette. Autant dire qu'il ne faut que quelques secondes pour se plonger à corps perdus dans le soft… D'autant que l'on se retrouve à l'intérieur du fameux manoir, à revivre la dernière scène de
Scarface - mais, oh bonheur, où l'on peut se retourner et tirer sur ce moins que rien qui voulait shooter Tony dans le dos. Inutile de préciser qu'il vaut mieux boucher les oreilles les plus chastes, car questions insultes gratinées, Tony met les petits plats dans les grands – d'autant que vous gagnez des
corones à insulter les p'tits copains de Sosa quand vous les démembrez à coup de bazooka.
Finalement, le principe du jeu est très simple : vous devez regagner votre empire perdu, en vendant de la drogue, extorquant les commerçants, en mettant les flics dans votre poche, en achetant des clubs, des bars, des boites... Car
"quand tu as le pognon, tu as le pouvoir, et quand tu as le pouvoir, tu as toutes les bonnes femmes..." Et l'on pourrait rajouter : lorsque tu as tout ça, tu as ta vengeance auprès de Sosa. Et oui, on retrouve les personnages cultes de l'univers
Scarface, la playlist de musique des 70's personnalisable à loisir, les milliers de couleurs, les voitures so kitsch, le manoir, le club, et bien sûr, la verve incomparable de Tony. Jusque là, tout va plutôt bien sous le soleil de Miami…
"Je vais lui faire une proposition qu'il ne pourra pas refuser…"
Evidemment, il est difficile de ne pas comparer l'univers de Tony Montana à l'autre grand mafioso du cinéma… Don Corleone et son soft sorti déjà il y a quelques mois. Et oui, le principe est le même, l'art, la manière et le verbe aussi : ici, Tony reconquiert son empire pour redevenir le boss, dans
Le Parrain, le joueur doit mettre la ville à ses pieds pour devenir… le boss. Même si,
Scarface – the world is yours remplit sa fonction de défouloir à plein tube. Alors, bien sûr, Tony Montana ne sortira pas sans égratignures de la comparaison. Pourtant, hormis cette malheureuse impression de doublon,
Scarface – the world is yours réussit plutôt bien son pari, avec son gameplay à la GTA, ses graphismes et ses couleurs plutôt agréables et sa réalisation très soignée.
Il est bien entendu difficile de s'attaquer à un mythe. Alors, si le pari n'est pas forcément rempli à cent pour cent, soulignons tout de même l'audace des créateurs de faire revivre Tony Montana – et profitons de l'occasion pour prolonger le film, le mythe et la génération
Scarface. Quelque chose me dit que les cicatrices vont à nouveau être à la mode…
Aurélie Maulard