Notes de tournage...Le 21 Février 2007 - Yolande Moreau prend les traits de Séraphine de Senlis
L’actrice Yolande Moreau, césarisée en 2004 pour sa première réalisation Quand La Mer Monte, incarnera la célèbre peintre Séraphine de Senlis dans le prochain long-métrage de Martin Provost ( Le Ventre De Juliette) simplement intitulé Séraphine.
Séraphine Louis dite de Senlis est née à Arsy en 1864. Alors qu’elle travaille comme femme de ménage à Senlis, Séraphine est découverte vers 1900 par le collectionneur Wilhelm Uhde qui soutient son œuvre. Séraphine de Senlis s’inspirait des images religieuses pour peindre ses tableaux, souvent à la bougie. Mais en 1905, elle sombre dans la folie et passe les dernières années de sa vie dans un hôpital psychiatrique où elle continue cependant à peindre. Séraphine meurt en 1942 dans la plus grande misère à l'hôpital de Clermont-de-l'Oise.
C’est l’acteur allemand Ulrich Tukur, vu dans Amen et Le Couperet de Costa-Gavras, Solaris de Steven Soderbergh et actuellement à l’affiche dans La Vie Des Autres, qui incarnera le découvreur Wilhelm Uhde. Le début du tournage est prévu pour le mois de mai prochain. Entretien avec le réalisateur, Martin ProvostQuelle est l'origine de votre rencontre avec Séraphine Louis ?
Un jour, une amie productrice à France Culture me dit de manière un peu énigmatique : “Martin, tu devrais t'intéresser à Séraphine Louis…” Ne connaissant pas le personnage, je ne comprenais pas bien où elle voulait en venir, mais elle a ajouté : “Cherche, tu comprendras pourquoi.” Sur internet, j'ai trouvé très peu d’informations, à peine quelques détails biographiques, des tableaux déroutants. Assez pour éveiller ma curiosité. J’ai commencé à entrer dans l'univers très particulier de Séraphine. Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis, “sans rivale”…1864
Naissance de Séraphine le 2 septembre, à Arsy-sur-Oise. Son père est un petit horloger, sa
mère est fille de ferme.
Enfant, Séraphine se partage entre l'école (on la dit bonne élève) et les champs (elle est bergère).
1877
À 13 ans, Séraphine est placée comme bonne à Paris. Un hommage de l'hôpital de Clermont...En 2007, comme chaque année depuis 1999, la municipalité a honoré la mémoire des quelque 3 500 malades mentaux morts de faim et d'épuisement durant la guerre à l'hôpital de Clermont-de-l'Oise. A cette occasion, l'association culturelle des Amis du Centre Hospitalier Interdépartemental de Clermont-de-l'Oise, soucieuse de rendre hommage à Séraphine, a choisi de déposer une plaque à l'emplacement de la fosse commune où elle repose. On peut y lire, conformément à un voeu que Séraphine avait exprimé dans une lettre: “Ici repose Séraphine Louis Maillard (sans rivale) 02-09-1864 – 18-12-1942, en attendant la résurrection bienheureuse.” En évoquant séraphine, ils ont dit...Wilhelm Uhde
“L’oeuvre dont nous parlons est unique en son genre et défie toute comparaison. Sa genèse est incontrôlable.
Elle échappe aux lois qui d’ordinaire régissent la peinture, bien qu’elle en satisfasse les plus extrêmes
exigences. Séraphine, avec les éléments les plus modestes, quelques fleurs, des feuilles, des arbres, de l’eau
Wilhelm Uhde, le Chef de file de la communauté allemande à Paris. Ami de Braque et de Picasso. Grand collectionneur et historien d'art… Plus collectionneur que marchand, Wilhelm Uhde est indissociable des avant-gardes artistiques du Paris des années 1900, et surtout connu pour ceux auxquels ils consacra une grande part de son énergie et de sa fortune : les naïfs, terme auquel il préférait l'expression de “primitifs modernes” et qu’il nomma aussi “peintres du Coeur sacré” lors de la première exposition qu'il leur consacra à Paris, en 1929. Bertrand Lorquin, conservateur du Musée Maillol“ Il était d’usage durant la Renaissance de désigner l’artiste par le nom de la ville ou du village d’où il était issu. Ainsi nous connaissons Antonello da Messina, Léonard de Vinci comme s’ils étaient des noms propres. Séraphine a rejoint cette tradition à l’aube du XXème siècle en devenant Séraphine de Senlis ou Séraphine tout court. Humble femme de ménage, elle est dévorée par l’envie de peindre, cette fameuse nécessité intérieure dont parlait Kandinsky à propos de tout artiste gagné par le vrai désir de création. |
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