“
Al Pacino porte sur ses épaules Serpico, qui est, peut-être avec
Un Après-midi De Chien et
Le Prince De New-york, le meilleur du cinéaste.
Inspiré, comme ces deux films, de faits réels, le scénario de
Waldo Salt et
Norman Wexler adapte en le condensant, mais fidèlement, le livre de
Peter Maas sur Frank Serpico.
Tourné à une époque où se multi- pliaient les films sur les flics qui se mettent hors la loi pour lutter contre le crime “avec ses propres armes” et sont présentés au public comme des héros,
Serpico apportait une vision moins mélodramatique et plus saine, encore que très pessimiste (le système a finalement raison de Serpico, même s’il réussit à attirer l’attention sur le scandale de la corruption policière), des rapports entre la loi et la criminalité.
Le personnage, loin de se limiter à sa fonction, comme la plupart des policiers à l’écran, présente une épaisseur, une originalité rares, qui ne tiennent pas à ses seules “excentricités” vestimentaires ou le comportement.
Serpico, dépourvu d’intrigue au sens traditionnel, se compose d’une série de séquences d’investigation assez semblables mais dont l’effet est cumulatif plutôt que répétitif grâce à la présence de Pacino et à une mise en scène énergique, à l’instar du personnage, où Lumet utilise mieux que jamais le décor urbain.”