Nul ne s’y entend mieux que
Patricia Field, chef costumière attitrée de «
Sex and the City», pour créer une garde-robe glamour authentiquement newyorkaise. Mais, cette fois, il s’agissait aussi de confronter nos quatre héroïnes à un milieu et des styles vestimentaires totalement nouveaux.
Patricia Field : «Le script débordait d’idées, et je me suis beaucoup amusée à cette «délocalisation» dans un pays digne des Mille et Une Nuits.» La costumière installa son atelier dans un loft géant de Long Island City.
Sarah Jessica Parker : «Elle fit venir des costumes de toutes les grandes maisons et nouveaux créateurs de la scène internationale. Il y avait un immense local entièrement dédié aux chaussures, un autre aux bijoux, un troisième aux sacs à main. On se serait cru dans un univers parallèle.»
Patricia Field, son équipe et sa fidèle collaboratrice
Molly Rogers commencèrent par se rendre aux Émirats : «Nous avions besoin de nous frotter à cet environnement pour habiller nos figurants, mais, pour ce qui est des filles, j’ai fait jouer mon imagination. Mes parents étant originaires de Grèce et de Turquie, j’ai été imprégnée d’ambiances moyenne orientales, ce qui m’a permis de concevoir encore plus librement les réactions de quatre «fashionistas» à ce monde nouveau.» Field créa un contraste intéressant entre les formes ajustées et couleurs classiques favorites des filles et les tonalités et matériaux qu’elle découvrent et adoptent sur place : ors, blancs lumineux, bleus profonds, soies et satins aériens donnant une impression de grande légèreté.

«Les Émirats sont une société multiculturelle, à tous les échelons, et les cabarets, comme les hôtels sont fréquentés par une clientèle cosmopolite», note encore Field, qui, forte de sa notoriété, obtint d’un grand bijoutier qu’il prête à Samantha une bague en diamants d’une valeur inestimable, luisant de mille feux dans la scène du karaoké. Carrie eut droit à un accessoire moins coûteux, mais aussi voyant : un smoking de chez Dior, qu’elle porte en tant que témoin de Stanford.
Restait à habiller les quatre dames pour le premier flashback de l’histoire de «
Sex and the City», situé dans les années 1980.
Patricia Field : «Charlotte n’a pas changé. Elle était déjà très portée sur la tradition – ce qu’on qualifie aujourd’hui de classique : jupe et blouse ajustée, avec un sweater coordonné autour du cou. Dans les deux premières saisons, Miranda était fichue comme l’as de pique. Il m’a semblé juste de faire porter à cette avocate débutante une veste à épaulettes et… une paire de baskets. Un vrai gag visuel. L’extravagante Samantha se fiche depuis toujours de l’opinion des gens. Je l’ai habillée comme un hard rocker pour la scène où nous la découvrons en simple barmaid au CBGB. Carrie, quant à elle, passe du style FLASHDANCE au look Madonna des 80’s. Pour le premier, je me suis généreusement inspirée de ce qu’est Sarah Jessica dans la vie : une fille qui se pointe au travail en jeans, sweatshirt et basket, mais n’en est pas moins consciente de son style.»
Michael Patrick King : «Nous avons travaillé dur sur ce film mais ce fut aussi une vraie aventure et de longues et merveilleuses vacances. En un mot, une évasion hors du réel… comme celle que je souhaite faire maintenant vivre au public.»