Aux sources de l’intrigue
Depuis ses tout débuts,
Spike Lee a cherché à sonder les inquiétudes et les maux de l’Amérique. Avec SHE HATE ME, le cinéaste reste dans la même veine en s’intéressant cette fois aux Américains et leur sens de l’éthique. Les faillites retentissantes de multinationales et la condamnation récente de la femme d’affaires Martha Stewart ont fait la Une de journaux télévisés et des pages financières des quotidiens. C’est ce contexte qui a particulièrement inspiré
Spike Lee pour son dernier film :
« L’intrigue de SHE HATE ME est d’une grande simplicité, le film parle de sexualité, d’avidité, d’argent et de politique. Ces multinationales qui ont fait faillite avaient de vraies crapules à leurs têtes. J’ai eu envie d’inscrire la problématique de la sexualité et de la procréation dans ce contexte. Le film porte également un regard critique sur l’hypocrisie de l’Amérique en matière de sexualité et s’interroge sur le déclin de notre sens de l’éthique qui touche aussi bien les rapports professionnels que personnels. »
John vu par Anthony Mackie
C’est sur le tournage de SUCKER FREE CITY, téléfilm de
Spike Lee pour la chaîne Showtime, que le cinéaste proposa le rôle de Jack à
Anthony Mackie. Le comédien fut entre autres intéressé par la complexité de son personnage :
« Les personnages d’hommes noirs sont le plus souvent simplistes au cinéma. Le film tord le cou à certains stéréotypes en montrant que les êtres humains ne sont pas toujours aussi prévisibles qu’on veut bien le croire. »
Afin de mieux connaître le milieu dont est issu Jack,
Anthony Mackie passa quelque temps sur le campus de la Wharton Business School et sur celui de Harvard. Camper un personnage tel que Jack s’avéra une expérience émotionnelle intéressante. Au début du film, le protagoniste possède tous les signes extérieurs de richesse inimaginables : un travail passionnant à Wall Street, autant d’argent qu’il peut rêver en avoir et une foi inébranlable en sa capacité de réussite. Soudain, il s’en trouve déposséder et se voit contraint de monnayer ses spermatozoïdes, comprenant alors qu’il y a plus important que les biens matériels et qu’il a jusqu’ici fait les mauvais choix.