Notes de Prod. : Sherlock Holmes

    en DVD le 03 Juin 2010

Du 221b Baker street au sommet du Tower bridge : le londres de Sherlock Holmes

Soucieux de donner une réalité tangible au Londres de Sherlock Holmes, Guy Ritchie créa à l’écran une ville de grande ampleur, en pleine mutation technologique et architecturale. Guy Ritchie : «Centre de la Révolution Industrielle, Londres débordait d’énergie et d’enthousiasme.

Le Tower Bridge, alors en cours de construction, fut l’un des nombreux chantiers représentatifs des ambitions victoriennes.» Robert Downey Jr. : «Nous sommes ici à l’apogée de l’Empire Britannique. Le pays a le sentiment d’entrer dans la modernité et il se passionne pour les dernières avancées de la technologie.»

La consigne pour l’équipe déco et costumes fut de créer un look à la fois original et authentique, ancré dans la réalité de l’époque. Jenny Beavan (Chef costumière) : «On m’a demandé, par exemple, d’éviter le trop fameux chapeau de chasse, qui ne figurait d’ailleurs pas chez Conan Doyle, mais sur une ancienne illustration.

Notre Holmes s’habille un peu n’importe comment, traite et choisit ses vêtements avec la plus grande désinvolture. Lorsqu’il se donne la peine de mettre une tenue de soirée, la chemise et la cravate jureront à coup sûr.» «Grandiose construction, regardez. C’est la première fois que l’on tente de combiner pont à bascule et pont suspendu. Une merveille d’innovation. »

Lionel Wigram : «Les livres nous apprennent que Holmes se terre parfois dans sa chambre, allongé sur un sofa, pendant des jours et des jours. Pas étonnant que ses vêtements soient légèrement fripés ! Son côté bohème se traduit par une garde-robe romantique, qui évoque davantage l’artiste ou le poète que le businessman ou le grand bourgeois. Souvenez-vous des Rolling Stones dans leur phase victorienne...»

À l’inverse, les tenues de Watson sont d’une élégance et d’une propreté irréprochable, ainsi que d’une austérité toute militaire : «Tweeds Harris épais, bruns ou bleus, chapeau rigide... le tout très masculin, très comme il faut, très Watsonien», souligne Jenny Beavan. Les costumes d’Irène Adler sont d’authentiques toilettes du 19ème adaptées par Beavan aux besoins du rôle : «Les étoffes et les coupes sont d’époque, mais les couleurs – rose vif et bleu éclatant – ont été délibérément accentuées.»
Irène arbore aussi à l’occasion des couleurs moins flamboyantes, comme l’ensemble bleu sombre avec blouse en dentelle noire de la scène du Punch Bowl ou le costume en tweed de Donegal de la scène de sa fuite. Pour les robes, Jenny Beavan utilisa notamment le satin et la soie. Elle créa en outre un ample et ingénieux manteau à enfiler sur une robe à grandes manches susceptible de dissimuler des armes. Pour mettre en valeur la féminité et le cosmopolitisme de cette belle et mystérieuse ennemie de Sherlock, Beavan dessina aussi un kimono de soie mauve et or.


Les bijoux d’Irène et de Mary Morstan sont des pièces authentiques de grande valeur, confiées à la production par Martin Travis, de la boutique Symbolic & Chase, si- tuée dans l’Old Bond Street de Londres. On y distingue notamment un diamant jaune de 47 carats (censément dérobé par Irène à un prince), un pendentif 19ème et un collier de diamants (emprunté par Mary à son employeur.) Rachel Mcadams : «Ces costumes étaient phénoménaux, et conçus avec un tel luxe de détails qu’ils résolvaient quantité de questions que je pouvais me poser sur le personnage. Les bijoux, les parfums, les vêtements d’Irène, tout était parlant, tout témoignait d’un travail incroyablement précis.» La chef décoratrice Sarah Greenwood s’écarta, elle aussi, des représentations habituelles de l’Angleterre victorienne pour adhérer à la vision de Ritchie.

Sarah Greenwood : «Ce film est divertissant, rapide et plein d’énergie. Ces trois caractéristiques ont défini notre «feuille de route». «J’ai créé avec mon équipe des décors qui ont toute l’apparence de l’authenticité. Holmes est déjà assez excentrique pour qu’il soit besoin de l’entourer de décors fantastiques. Il s’agissait surtout d’offrir un condensé visuel de l’époque et d’utiliser le décor comme adjuvant narratif. «L’ampleur et la diversité de ces décors furent notre prin- cipal challenge. Cela va des sombres ruelles des bas quartiers aux fastes du Parlement en passant par les Docks de Chatham, les chambres intimistes de Baker Street, la sinistre crypte...» Pour constituer cet ensemble, la production mixa décors naturels, sites réaménagés et images de synthèse. Certains des intérieurs les plus élaborés furent construits en studio à New York. Pour évoquer le Londres de la fin du 19ème, l’équipe tourna dans divers quartiers de la capitale ainsi qu’à Liverpool et Manchester. De ce patchwork naquit une représentation de grande ampleur, qui fait l’admiration de Jude Law : «Bien que je sois né ici et y ai grandi, j’ai découvert à l’occasion de ce tournage quantité de vieilles rues pavées de toute beauté dont je ne soupçonnais même pas l’existence.» Au fil de l’histoire, Holmes et Watson vont explorer toutes les strates de la société urbaine, des zones portuaires et industrielles aux quartiers chics. Le film commence à l’église St. Bartholomew the Great, où les deux amis empêchent de justesse Blackwood de sacrifier une malheureuse jeune femme.

D’autres sites et bâtiments, tout aussi illustres, figurent dans le film : la Cathédrale St. Paul, le vénérable Reform Club (dont Conan Doyle fut membre), l’Old Navy College de Greenwich, la Somerset House et le Cimetière de Brompton, théâtre de la prétendue résurrection de Blackwood. La séquence de l’abattoir – une des plus élaborées de Sherlock Holmes – fut tournée dans un entrepôt désaffecté de l’East End, où Greenwood et son équipe installèrent une sinistre machinerie et tout un attirail : scies, lames, crocs géants suspendus à des chaines mé- talliques...

Au cours de leur enquête, Holmes et Watson découvrent aussi un étrange laboratoire où l’un des séides de Blackwood, Luke Reordan, conduit des expériences aussi ingénieuses que déroutantes. Le décor est à l’image de ce personnage tourmenté, avec son fouillis de notes rédigées en latin biblique et en hébreu, ses crucifix, ses charmes païens suspendus dans les airs, ses grenouilles et ses rats disséqués répandus sur les paillasses. «Ce chaos a cependant un sens caché, mais il faut un homme de la trempe de Sherlock pour le dévoiler», explique la chef décoratrice, qui ajoute : «Je ne voulais pas que ce labo paraisse sortir d’un roman de Jules Verne, et je me suis attachée à ce que chaque détail fasse vrai.» Une poursuite épique s’engage dans ce lieu, qui se poursuit jusqu’à un bateau en construction, où Holmes et Watson affrontent le redoutable complice de Blackwood Dredger, interprété par le comédien et lutteur professionnel Robert Maillet. L’immense décor de chantier fut érigé aux Chatham Historical Docks. L’équipe y construisit le flanc bâbord 18d’un vaisseau de 80 mètres de long sur 5 mètres de haut avec une section centrale culminant à une dizaine de mères.

La construction prit 5 semaines et l’assemblage 5 de plus, en étroite collaboration avec l’équipe effets spéciaux, en charge des éléments factices destinés à être brisés durant la bagarre. Après avoir bouclé la partie britannique du tournage, l’équipe prit ses quartiers à Brooklyn, dans l’armurerie de Marcy Avenue, espace caverneux où furent construits trois grands décors : le grenier du Punch Bowl, les appartements de Sherlock et une portion du Tower Bridge. Le grenier du Punch Bowl est un lieu confiné où Holmes va recueillir de précieux indices sur le complot de Lord Blackwood.

Sarah Greenwood : «Nous y avons placé quantité de symboles spiritualistes et d’images se rapportant à la secte secrète du Temple des Quatre Ordres sur laquelle s’appuie Blackwood.» Holmes partage l’appartement de Baker Street avec Watson et leur logeuse, Mrs. Hudson, interprétée par Geraldine James.

Sarah Greenwood : «Il s’est installé dans l’ancien salon de Mrs Hudson, dont la décoration est légèrement défraîchie, faute d’avoir été rénovée depuis trente ans. Ça ne ressemble vraiment pas à un salon victorien classique, car Holmes l’a complètement chamboulé et y a entassé un monstrueux bric-à-brac.» La production fit venir d’Angleterre quantité d’articles et accessoires typiquement victoriens dont la collecte demanda un travail considérable. Cet amoncellement d’objets hétéroclites a sa source dans les textes originaux où Conan Doyle décrit les habitudes de Sherlock et le désordre dont celui-ci s’en- toure pour mieux rentrer en lui-même.


Guy Ritchie : «Holmes a ramené certains articles exotiques de ses voyages. D’autres reflètent son intérêt pour l’anatomie humaine, la chasse, la photo... bref, tout ce qui excite sa curiosité.» On y trouve des livres écornés, des journaux, des peintures orientales, des factures impayées, des cartes d’Angleterre, des croquis anatomiques, une peau de tigre, des reliefs de repas, sans oublier le chien de Watson, Gladstone, mais aussi des perruques, moustaches et faux nez que le détective transformiste utilise durant ses enquêtes.

Robert Downey Jr. : «Voilà le genre d’environnement dans lequel Holmes se sent à l’aise et qui lui évite de dépérir durant ses longues périodes d’isolement et d’inactivité.» «C’est formidable de travailler avec un acteur comme Robert, qui s’attache au décor et va utiliser nos accessoires de façon totalement imprévue», observe la décoratrice de plateau Katie Spencer. «De plus, Robert tenait à ce que chaque objet ait une raison d’être et qu’aucun d’eux ne soit simplement décoratif.»

Greenwood, Spencer et leurs collaborateurs placèrent discrètement dans le décor quantité d’éléments que les aficionados de Sherlock Holmes repéreront sûrement : le jus de citron qui lui sert d’encre sympathique, un diorama, un «coin phrénologie» (discipline à laquelle s’intéressaient beaucoup les gens cultivés de l’époque), etc.

«Il y a dans le film quantité de touches «Doyliennes», qui ne sont pas seulement d’ordre décoratif, mais qui imprègnent aussi le scénario», confirme Downey. Le bureau de Watson dans Baker Street est bien plus ordonné, et décoré de la façon la plus classique : diplômes sagement alignés sur le mur, peintures académiques, chandelles, ustensiles médicaux...

Le Tower Bridge, site emblématique de la capitale, est flanqué de tours jumelles de quelque 60 mètres de haut dont la forme s’inspire de la trop fameuse Tour de Londres. En 1890, sa construction n’était pas encore achevée. Sa lourde structure d’acier suspendue dans le vide, son tablier exposé à tous les vents constituaient un décor idéal, inquiétant à souhait, pour l’affrontement final. À l’arrière-plan de cet édifice fut disposé un fond vert sur lequel l’équipe effets visuels incrusta ultérieure- ment une vue panoramique de Londres et de la Tamise.

Lionel Wigram : «La technologie actuelle nous a permis de faire de Londres un personnage à part entière, doté d’une forte présence. C’est le Londres du 19ème siècle tel qu’on ne l’avait encore jamais vu à l’écran.» «Guy connaît bien sa ville et n’a pas sur elle le regard ébahi et admiratif du touriste», déclare Mark Strong. «Il a mis dans ce film sa propre vision, très dynamique de Londres. Je pense que c’était une idée géniale d’avoir réuni Guy et Sherlock Holmes

Dernier élément, et non des moindres, la partition de Hans Zimmer confère au drame et à l’action une résonance exceptionnelle : «J’ai eu un immense plaisir à travailler avec Guy pour capter les atmosphères si contrastées de l’univers Holmesien», déclare Zimmer, dont c’est la première collaboration avec Ritchie. «Le film, avec ses textures et ses personnages si divers m’a donné l’occasion de créer un langage musical très varié.» «Hans et moi avions le même objectif : inventer une ap- proche musicale originale», complète Ritchie.

«La musique a pris forme et a acquis sa propre identité au fil de ce travail et a largement contribué à donner à Sherlock Holmes son feeling contemporain.»

Et Joel Silver de conclure : «Nous voulions faire un film qui parle aux fans de Sherlock Homes tout en permettant à une nouvelle génération de découvrir ce personnage si singulier, son monde et ses aventures. L’équipe s’est donnée tout entière à ce projet ; le résultat est spectaculaire.»

Sur le tournage de Sherlock Holmes

Le 2 Octobre 2008 - Sherlock Holmes : le casting

Le tournage du film de Sherlock Holmes va bientôt commencer à Londres. Lors d’une conférence de presse, le casting a été confirmé. Le film sera bel et bien réalisé par Guy Ritchie (Rock'nRolla) pour Warner Bros Pictures et Village Roadshow Pictures.

Sherlock Holmes, un personnage intemporel... Une toute autre aventure

Sherlock Holmes symbolise depuis plusieurs générations l’esprit d’observation et de déduction, la faculté de voir au-delà des apparences, le don de démêler le vrai du faux.
Le génial gentleman détective inventé par Sir Arthur Conan Doyle à la fin du 19ème siècle est l’une des figures les plus éminentes, les plus durables, de la littérature mondiale. Ses romans exercent un attrait universel et sont parmi les textes les plus connus de la langue anglaise.

Susan Downey (Productrice de Sherlock Holmes) nous donne un avant-goût...

«Ce film était l’occasion d’explorer la merveilleuse mythologie Holmesienne avec les moyens techniques actuels. Aujourd’hui, toute une génération ne connaît de Sherlock Holmes que le nom, tandis que les fans de longue date sont restés focalisés sur certains accessoires fétiches (le fameux chapeau), certaines répliques passées à la postérité («Élémentaire, mon cher Watson»). Ils ne retrouveront pas cela dans le film, mais y découvriront des personnages beaucoup plus proches du matériau original, beaucoup plus dynamiques en terme d’action.

Ennemis & adversaires de Sherlock Holmes : les personnages et leurs interprètes

En 1890, Londres est le centre du monde, le foyer d’un vaste changement de civilisation. Robert Downey Jr. : «Cette société s’engage avec enthousiasme sur la voie de la technologie.

Le futur immédiat apparaît riche de possibilités exaltantes.» Mais Londres est également infesté de criminels... ce qui en fait la ville favorite de Sherlock Holmes. Robert Downey Jr. : «Holmes en connaît chaque centimètre carré. C’est sur ce terrain qu’il entend affronter l’ennemi – un ennemi dont il mesure toute la dangerosité.» Aux yeux de Ritchie, Downey était l’acteur le plus apte à offrir une nouvelle interprétation de Sherlock Holmes. Guy Ritchie : «À mon avis, Robert est le Sherlock Holmes parfait.