“Une de mes plus proches amies fut incarcérée l'année où j'obtenais mon diplôme à l'université. Je me suis inspirée de sa vie pour le scénario de
Sherrybaby. Nous faisions souvent la fête ensemble au collège et au lycée et je garde d'elle l'image d'une fille qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Son histoire a fini par m'obséder parce que j'étais convaincue que, moi aussi, j'aurais pu suivre ses pas. Deux autres gosses de mon quartier sont morts d'overdose. Ils n'avaient pas 35 ans et l'un deux a même laissé une petite fille derrière lui. Les gens ont trop tendance à penser que les histoires de drogue et de prison ne concernent que le ghetto. C’est faux. Nous sommes les enfants de la génération des années soixante. Nous avons grandi dans un univers imprégné de drogue, de cynisme et de pensées négatives. Certains d'entre-nous ont survécu. D'autres non.
Sherrybaby est dédié à mon amie et à tous ceux qui ont survécu à la tempête.
J'ai choisi Maggie Gyllenhaall pour incarner Sherry parce que je la considère comme l'actrice la plus impressionnante de sa génération. Elle a l'esprit vif, une grande richesse d'émotion et un charisme immense. Elle a cette capacité rare de faire d’un personnage sombre quelqu'un que vous aimeriez pouvoir connaître.
Et par-dessus tout, c'est une artiste intègre. J'ai saisi l'opportunité de pouvoir travailler avec elle, et cette collaboration est la raison pour laquelle je peux, aujourd'hui, être considérée comme une réalisatrice à part entière.
Sherrybaby est un film sur l'espoir, l'espoir d'une mère de retrouver sa fille après le chaos de la drogue et de la prison. Un espoir déchirant, primaire presque, plus fort que la raison. Mais c'est la nature même de l'espoir, cette foi indomptable qui continue à nous faire croire que la vie peut ressembler à ce dont nous avons toujours rêvé”.