Tout commence par un coup de cœur : celui de
Luc Besson pour la trame d’un film fantastique découvert au Japon, dans lequel, à la suite d’un tragique accident, l’âme d’une mère passe dans le corps de sa fille adolescente.
Convaincu du potentiel dramatique de cette histoire,
Luc Besson achète les droits de remake du film et confie l’écriture du scénario à une Américaine rencontrée peu de temps auparavant :
Ann Cherkis.
« J’étais chez moi en train d’écrire quand le téléphone a sonné. C’était mon agent, pour me dire que
Luc Besson était à Los Angeles et qu’il voulait me voir. Je suis fan de ses films depuis longtemps : c’était particulièrement excitant pour moi. Il m’a expliqué qu’il avait posé une option sur les droits d’un film japonais qu’il avait adoré, il m’en a raconté l’histoire et m’a offert de l’écrire. J’en suis restée stupéfaite : était-il possible que cela soit aussi simple? Je n’avais qu’à dire oui pour avoir le boulot ! En repartant, j’ai tout de suite appelé mon agent pour lui demander de vérifier que c’était bien vrai ! ».
Particulièrement sensible aux drames psychologiques – elle cite
Kramer Contre Kramer de Robert Benton et
L’usure Du Temps d’Alan Parker parmi ses films de chevet –
Ann Cherkis s’attaque immédiatement au plus gros défi de l’histoire : son aspect surnaturel.
« Mon premier instinct a été de ne pas aller dans cette direction mais de situer l’histoire dans la réalité. Il ne s’agissait pas d’ignorer l’élément fantastique, mais j’aimais l’idée qu’il ne soit jamais expliqué et que l’ensemble ait l’air réel. Je voulais vraiment que le public sorte du film en se disant : « si cela m’arrivait, comment je réagirais ? » ».
Cette volonté d’ancrer le film dans le réel est partagée par son réalisateur,
Vincent Perez, et sa productrice Virgine Besson-Silla, dont elle avait déjà produit le premier long-métrage Peau d’Ange. « Je suis fan du cinéma asiatique, j’y ai retrouvé des thèmes qui me touchent dans cette culture, notamment le cheminement d’un esprit passant dans le
corps d’un autre. Il y a une tradition au Japon qui dit que si un esprit quitte un corps et erre parmi les hommes, c’est pour accomplir une mission qu’il n’a pas finie, j’y suis très sensible. J’ai adapté l’histoire à ma sensibilité, à mon «réalisme» ».